Les ROMS, les SINTHIS... un des derniers peuples libres, qui est capable de suivre sa voie et respecter ses traditions. Enlevés en des temps anciens par les Turcs et les Perses des Indes en Europe, ils n´ont connus ici en majorité que la persécution et la misère. Vivre en leur proximité veut dire aussi connaître leur langue et leurs coutumes, qui leurs appartiennent. Mais combien il-y-a-t-il de ceux qui osent cela ? Ils font partie des plus anciens peuples habitant cette planète, et la culture de la quelle ils proviennent, était étroitement liée à la vie dans la nature.  Ils n´ont pas engendrés de guerres, n´ont pas bâtis de camps de concentration pour d´autres et n´ont pas détruit leur environnement dans une telle mesure, comme nous savons le faire. Ils ne vivent pas pour des objectifs non-atteignables, mais ils vivent leur vie sur la route, qui peut mener à ces objectifs.

Cinq mille ans de langue écrite (sanscrit) font partie de leur patrimoine génétique, de même que toutes leurs bonnes ou mauvaises habitudes.

Le talent motorique et musical, les habilités manuelles, la sensibilité et l´individualisme sont les preuves d´une culture ancienne. Malgré que leurs traditions et vision du monde ne vont jamais se confondre entièrement avec notre culture, elles peuvent s´approcher et par cela s´enrichir mutuellement. S´rapprocher de la culture rom de notre côté ne veut pas dire savoir uniquement s´incliner sur elle.

Le peuple qui veut éviter les Roms, n´est pas en lui-même libre.

Roman Erben, publiciste et peintre 

         

                      

Dans la quadrature du cercle du quotidien rrom

 

        Les ébauches des solutions du quotidien complexe rrom ont vues plus d´une fois le jour. Lors de leur réelle mise en pratique il manque toujours non seulement l´intérêt du côté des solutionneurs, mais, hélas, aussi les compétences fondamentales de base pour pouvoir s´atteler au dit problème.

       Déjà en maniant le concept de problème qui se définit comme rrom, nous renonçons volontairement à prétendre au droit de se saisir de sa substance. Son aspect extérieur pousse à  croire, qu´on le perçoive avant tout comme une question d´ordre socio-économique, qui a sur la conscience l´état actuel de la misère des Rroms. De même que les experts gouvernementaux, les intellectuels rroms aussi la percoivent sous cette optique. Leur intérêt spéculatif à parasiter sur le paquet d´argent des fonds destinés à la dite problématique confirme la légitimité des conceptions erronées, qui se cachent sous le couvert de nobles décrets gouvernementaux.

       Le fond du problème que nous conjuguons allégrement sous toutes les formes, sauf celle -„avec qui, avec quoi“ – reste aussi aux auteurs des amples documents toujours inconnu. De leur point de vue le Rrom est un individu, qu´il faut aider à se transformer à  l´image de de l´homme du monde civilisé. Par la faute d´une définition erronée nous approfondissons  l ´indifférence mutuelle non seulement à l ´intérieur de la communauté des Rroms, mais aussi dans leur rapport à la société majoritaire.

       Hypocritement, nous prenons position face à l´intolérable quotidien rrom et face à la qualité de la vie des hommes, aux quels la cohabitation avec des concitoyens non-intégrés apporte des traumas. Dans le mensonge vis-à-vis de nous-mêmes, mais aussi envers les autres, que nous sommes en train d´avancer avec succès dans le solutionnement du problème, nous trouvons une excuse formelle, devant la quelle même la rromitude spéculative doit rougir.

       Un exemple par excellence des conceptions absurdes est le produit „assistant de l´enseignant des élèves rroms“, d´autres assistants dans les contacts avec les médecins etc. La technologie de la construction des passerelles provisoires engendrant deux univers d´hommes est une manoeuvre de couverture, comme quoi nous nous efforçons d´aider les Rroms, alors que nous ne faisons que suppléer le travail de l´enseignant et du médecin. En aucun cas il n´y va de la recherche des solutions au problème, qui formulerait les présomptions initiales de la négation fondamentale de la source des handicaps  civilisationels des Rroms. Il ne s´agit que de piètre substitution qui doit étouffer le bruit du fouet qui claque.

       La vérité intemporelle des paroles de Ján Amos Komenský à propos du bonheur des gens concrets est pour nos auteurs gouvernementaux des projets comment vaincre le problème tabula raca. Par leur approche ils participent à sa croissance en inventant toutes sortes de béquilles insensées, qui renforcent le sentiment de dépendance des Rroms de l ´aide des autres.  Nous avons enrichi le vieux paternalisme d´une nouvelle dimension, à savoir que dans la problématique viennent s´exprimer des gens à problèmes et qu´il est possible de tirer profit même de la tragédie des autres.  

 

Karol Seman

professeur  à l´Université du Philosophe Constantin de Nitra

publié dans le quotidien Pravda le 18. juin 2003