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Le travail sur les textes

Les textes publiés dans cette rubrique documentent des situations réelles, que la plupart des étudiants ont vécu récemment. Ils ont trait a des expériences diverses, pour la plupart non banales, dans un environnement nouveau, avec le quel les étudiants étaient confrontés a l´étranger.

Ce sont des „textes  vécus“, sur les quels, les étudiants peuvent, sur la base de leur propres expériences, se prononcer.

Toutes ces expériences sont liées aux Roms, a leur situation sociale, au regard de la société sur les Roms, a l´acceptation ou non-acceptation des Roms par la majorité.

Au niveau individuel et aussi collectif, les étudiants, tout comme les autres jeunes Roms, peuvent s´affirmer, s´autodéterminer. Non seulement par le regard et la pression de leur entourage, mais avant tout par leur propre engagement  définir et déterminer son propre „moi“ et sa place dans la société.

Cela demande de l´autoréfléxion, par raport a soi-meme, son entourage direct, par raport a sa communauté.

Le travail sur les textes a aussi pour objectif l´affutage des moyens d´expression, des habilités linguistiques des étudiants, et le relevé des témoignages et réfléxions des étudiants constituera un matériel précieux , pour l´élaboration de textes de réfléxion rationnels et pertinents, intelligibles et facilement accessibles au plus grand nombre de jeunes lecteurs roms.  

 (les textes sont extraits des reportages publiés dans le raport-photo du concert a l´Olympia)

 

février – mars 2015

Statut social

Le regard des autres

Comment résoudre l´école buissoniére ? Il-y-a-t-il une école buissoniére rom ?

Discrimination positive. Oui, non?

 

Lorsque les éleves, d´une maniére chronique, pour la entiéme fois, s´endorment pour les cours et ne viennent pas a l´école, losque l´on a usé de tous les moyens répréssifs légaux de contrainte sans succés, il ne reste plus qu´a prendre la voiture, aller au bidonville faire le tour des chaumieres, tirer les flemmards du lit et les amener a l´école.

La derniere fois c´est arrivé l´année passée, a 9h et demi nous avons ainsi manu militari révéillé environ 7 endormis profonds a Strane pod Tatrami, et a 10 h ils étaient assis sagement en classe. Toute l´action s´est déroulée dans une ambiance bon-enfant, avec le sourire, on a pris qques photos, mais la menace de les mettre au tableau de classe n´a pas été maintenue, juste la population locale a participé avec plaisir a ce petit théatre improvisé et a constitué un décor hilare plus vrai que nature.

Qques semaines plus tard nous avons réitéré une action simmilaire a Rakusy, des endormis profonds passées les premiéres aurores,  ce n´est pas ca qui manque dans nos osadas.

Ces actions ont eu une bonne répércussion, au moins momentanément l´assiduité s´est améliorée un peu, meme avec le sourire, personne ne voulait etre  un point d´attraction en pyjama.

Lors de la réunion des parents d´éléves, en présence des étudiants, nous avons débatu le probléme. Comment parvenir a révéiller les endormis chroniques ? La réponse classique : «Ce n´est pas nous, ce sont sont les autres, les mauvais parents, qui ne se soucient pas de leurs enfants », ne nous satisfait pas et n´apporte pas de solution. Nous savons aussi, que supprimer les bourses, et les dénonciations aux services sociaux ne sont pas une réponse universelle. Mais la proposition de réitérer de pareilles action de « commando léve-tôt » n´a pas recue un acceuil enthousisate. Les parents ne se prononcaient pas, jusqu´a ce qu´un étudiant, qui en plus ne fait pas partie des endormis, a dit qu´il ne désire pas que l´on intervienne dans sa cvie privée, qu´il a honte. Apparament, les autres, en silence, étaient d´accord avec lui.

On dirait que l´on tient enfin qque chose de concret, un moyen de « pression » efficace. L´image de soi, projeté en direction des autres est un des concept fondamentaux de la perception du monde, il définit les prises de positions et la maniére de se comporter en public et les rapports avec  son entourage. Je m´endors, j´ai honte, mais je ne veux pas y rémédier, je préfére le cacher, ballayer sous le tapis, ou cacher dans le sable, comme l´autruche, qui veut échapper ainsi au danger.

Que faire? Toujours pas de réponse au probléme du saut du lit raté tous les matins, puisque les parents ne sont pas de la partie, pas plus que l´entourage, la famille, les voisins, personne...

Un mois plus tard, lorsque nous devions participer a une action scolaire importante (un spectacle de Kesaj), pareil, il y e a deux qui ne se sont pas révéillées. Deux filles. En leur téléphonnant, on a fait le tour de toute la famille, des amis, des voisins. Tout le monde dormait. Et pourtant, il était déja bien tard. La journée de travail était bien entamée, l´école déja commencée. Pas le moindre sentiment de culpabilité. Tout va bien ?!

Ok, nous sommes a  l´osada, au bidonville. On se sent pas si mal ici, on est en sécurité, chez les siens. Et pourtant, selon toute apparence, tout n´est pas clean. C´est le moins que l´on puisse dire. L´hygiéne, la cohabitation, l´assiduité scolaire... laissent a désirer. On est les premiers a le dire. On en a meme honte. Alors, faire semblant que tout va bien, alors que ce n´est pas vrai ?! Est-ce que la discrimination positive veut dire que nous ne voulons pas voir la réalité telle qu´elle est ? Est-ce que l´on va aider qqun si on nie l´évidence ? Comment faire la part des choses?  Résoudre les (ses) problemes, en s´en accomodant, en les acceptant en tant que tels, comme constituants de l´identité donnée de l´endroit donné ? Est-ce cela, l´identité rom ?

 

 

Mardi, 30 décembre

Regarder la vérité en face

 „Ce sentiment terrible lorsque vous faites vos courses, et tout le monde vous regarde et épie comme si vous étiez un voleur...“

 

Combien de fois nous avons entendus ou lus cette phrase, qui traduit toute la souffrance et l´humiliation que doivent endurer les Roms lorsqu e les gens les prennent automatiquement pour des voleurs, pour les méchants...

Aujourd´hui, aprs la répétition, j´attendais Helena devant le supermarché, tout a coup je voyais courir a tout barzingue autour de moi un petit jeune. Il m´était familier, on dirait un de nos étudiants, mais je n´arrivais pas a le reconnaitre, il avait des ailes... Il avait un sacré tempo, il ne courait certainement pas juste comme ca, pour son plaisir, en plus de ca il serrait dans ses bras un petit sac en toile, qui devait certainement le gener.  Bon, a l´évidence il ne faisait pas du joging,  bien qu´il était certainement en bonne forme physique, en tout cas certainement meilleure que le gars de la sécurité qui lui enjambait le pas, mais pas longtemps, au bout d´un moment il a abandoné, il devait etre moins entrainé...

Je suis curieux de savoir si tout le monde épiait  ce petit gars comme, le regardait comme  un voleur potenciel. Sans doute non. Sinon il n´aurait pas réussi a voler, ni a filer sous le nez de la sécurité.

Que faire?

Regarder plus, épier plus. Regarder sur tous, meme sur ceux qui n´ont jamais volé et ne voleront jamais, bien que tous les épient et n´arretent pas de les regarder, parceque d´autres, qui leur ressemblent, volent, et ne vont pas arreter de voler...

En tout cas il ne sert a rien de se plaindre lorsque quelqu´un regarde quelqu´un (ou me regarde, moi). Mais plutôt ouvrons les yeux, et regardons un peu ce que font les nôtres, est-ce que par hasard, il ne searient pas en train de voler quelque chose. Et intervenir. Parce que sinon les autres vont toujours nous prendre pour des voleurs!

 

Regarder la vérité en face

Approche journalistique et la construction de la presentation du reportage

Témoignage sur soi-meme, honnêteté, vérité

TV Arte

Slovaquie, les enfants de la fée

http://info.arte.tv/fr/roms-en-slovaquie

http://info.arte.tv/de/slowakei-roma

 

„Les Roms sont des voleurs, des fainéants, ils violent et battent leurs enfants qu´ils refusent de scolariser.  Ce sont tous des nomades qui n´ont qu´une seule envie: de nous envahir. Tout cela pour profiter des subventions, que nous, bien trop généreux, nous leurs accordons.“  Voila un petit florilége de ce qu´on appelle les préjugés, que vous, qui nous regardez,  nous, qui nous croyons toujours tres ouverts de l´esprit, pensons, ou avons un jour  pensé de cette population en proie a l´ostracisme, au racisme, quand ce n´est pas a la liquidation pure et simple. Il faut parfois du temps pour ébranler ces convictions.  Le film que nous vous porposons peut avoir cette fonction.  Sebastien Mesquida et Yann Le Gléau de What´s Up production ont eu l´idée de suivre une petite troupe de jeunes musiciens tsiganes, ils sont originaires d´une petite localité de Slovaquie ou on n´ aimeriait pas forcément passer ses vacances. Eh bien ces garcons et ces filles se sont recement produits a l´Olympia de Paris. Pouvoir gravir la scene de cette mythique salle de Paris est un exploit, ca l´est doublement pour ces jeunes qui vivent avec le hendicap de leur naissance. Il en aura fallu du travail, il en aura fallu de la discipline. A l´origine de ce succés il y a sans aucun doute un tempérement de feu, celui d´Ivan. L´homme ne lache rien, surtout pas ses principes.

 

Mercredi  26 novembra

Regarder la vérité en face

De l´Olympia a Prešov. Ivan Akimov va se produire avec les Kesaj dans la Concathédrale de Sait Nicolas.

Ce dimanche, a dix heures, se produira dans la Concathédrale de St. Nicolas Ivan Akimov avec son ensemble, en tant que ´invité durant les fetes de la célébration de St. Nicolas. A la fin il presentera un court programme spirituel. Dans leur interprétation nous entendrons aussi l´hymne de la concathédrale, le Saint Nicolas. Il est a souligner que cette oeuvre a a ce jour dixsept traductions, parmi les plus récentes en langue des Philipines et en japonais. La soeur Stellamaris et l´association Magis peuvent se réjuir de les voir se produire devant leur stand  cet apres-midi.

Ivan Akimov, avec son ensemble, viennent de rentrer récememnt de paris, ou ils se sontproduits dans la prstigieuse salle de l´Olympia, ce qui es tle reve de nombreux artistes. „Le point culminant de notre séjour était la production a l´Olympia, et ce, deux fois a la suite. Les concert était tres, tres réussis, Je pense que a la différence des autres tournées, et nous en avons a notre actif plus de soixante, cette fois-ci le mental a joué un rôle primordial. Pratiquement tous les participants sont  en meme temps des étudiants de notre lycée. Nous avons ensemble passé en détail tous les aspects de la production dans une salle aussi prestigieuse que celle de l´Olympia. C´est ters important pour les Roms, pour la Slovaquie, pour les bidonvilles des quels viennent tous nos membres. La présence de la TV Arte ne faisait que renforcer ce sentiment de responsabilité, puisque le reportage sur la tournée sera diffusé dans toute l´Europe, mais grace a TV5 International aussi sur tous les cinq continents. Durant notre séjour nous avons aussi organisé une manifestation sur l´Esplanade des droits de l´Homme, au Trocadéro,. Nous voulions interpeller l´opinion public sur le fair que meme les roms en provenance des milieux tres précaires peuvent prendre leur destin en main et s´engager sur la voie des études... „Que ce n´est pas forcément évident prouve aussi le fait que lorsque les vendeurs de souvenirs ont vu débarquer nos jeunes sous la Tour Eiffel, ils croyaient que nous étions une bande de voleurs organisée, et ils voulaient nous chasser...“ décrit Ivan Akimov une de leurs nombreuses aventures parisiennes.

Par ces mots, on peut se faire une idée  de qui est Ivan Akimov. Un artiste qui a décidé de montrer aux Roms, que l´on peut vivre aussi diféramment. „Oui, ceci est aussi une de nos aventures de sous la Tour Eiffel. Ca ne sert a rien de pleurer. C´est comme ca, des bandes similaires existent, bien que pas exclusivement roms... Nos jeunes ne peuvent rien faire d´autre, que de regarder la vérité en face. Si nosu voulons changer quelque chose, il faut commencer par soi, bien travailler a l´école, ne pas trainer, ne pas chercher sans arret des excuses. Bosser dur. Ca aussi, c´était le sens de notre voyage a Paris et a l´Olympia. Avec ca nous avons encore réussi a visiter l´Exposition de l´Art contemporain rom a la Fnasat, faire deux interventions sur les terrains, dans les campements ilégaux autour de Paris et un concert a Gent, en Belgique.“ Ajoute Ivan Akimov

Le groupe Kesaj Tchave a toujours un programme bien chargé. La semaine derniere ils se sont produits a Prague, avec l´Orchestre symphonique tcheque. „Nous sommes heureux de pouvoir nous produire a Presov, pour la Saint Nicolas, les autres projets nous attendent l´année prochaine. Mais le projet principal c´est l´école et le bac, et tout le reste passe apres,“ dit Ivan Akimov.   

Prešovský Večerník, streda, 26 november 2014

 

1.11.

Le raport des non-roms aux Roms

Le dernier jour de la tournée se passe sur la route pour Tomblaine, où nous sommes attendus pour un concert en soirée avec  la participation de Hugo Feron, avec le quel nous avons enregistré un titre sur les paroles écrites par son père, Hervé, qui est aussi maire de la ville. Il était le premier à nous acceuillir en spectacle, par l´intermèdiaire d´Annie Huvet, en 2003, et depuis, nous n´avons pas arrêté. S´il n´y aurait pas eu ce départ presque fortuit, il n´y aurait pas eu tout le reste. C´est dire, avec quelle  émotion nous venons ici, sachant que l´on peut revenir quand on veux...  Le spectacle se passe très bien, on s´en fiche de la fatigue, le plaisir est là, on le prend et on en donne. Après le spectacle tout de suite la route de retour au pays, les soutes pleines de cartons de vetements que nous a livrée Monique, de la Croix Rouge de Reims a une bretelle d´autoroute 

 

31.10.

La vision de la „romitude“ chez les gadjés

Qu´est-ce qu´ont les Roms que les autres n´ont pas?

 

                                                                          Merci !

http://regismarzin.blogspot.fr/2014/11/30-octobre-2014-paris-les-ogres-de.html

30 octobre 2014, Paris, Les Ogres de Barback ont 20 ans

Les 20 ans des Ogres de Barback à l'Olympia, je m'en souviendrais! Un concert exceptionnel, unique en son genre, inclassable, pour tous les goûts, pour toutes les générations, dans des ambiances tout le temps changeantes, captivant du début à la fin. Je ne sais pas quelle impression retenir précisément, entre les chansons pour enfants et par des enfants, des chansons françaises de grands parents, des chansons tristes, tendres, calmes, puis la chorale de cuivre Eyonlé du Bénin, la rue Kétanou, et surtout la troupe de danse rrom de Slovaquie, Kesaj Chavé au final ! C'était juste époustouflant, drôle, agréable aux oreilles et aux yeux, plein de passion, de révolte, d'énergie, de jeunesse et de tendresse.

Avant, je revenais à pied de la manifestation des burkinabé-e-s fêtant la chute de leur dictateur détesté, très concentré sur cette victoire, et je suis arrivé à l'Olympia, où j'ai été pris dans une chaleur tropicale tout à fait parisienne.

Les ados de Kesaj Chavé étaient surexcité-e-s, ils et elles ont finis par exploser la chose de leur folie spectaculaire! Il y a eu le n'importe quoi le plus génial que j'ai jamais vu et entendu! sans aucun rapport avec les belles danses des rroms qu'ils et elles auraient pu nous montrer, juste un concentré de couleurs, de gesticulations impudentes et de bonheur ! à réveiller Guy Debord de sa tombe !

Après, à peine guéri d'un rhume, à la fin de plus d'un mois sans repos, j'étais épuisé... je me disais que je n'arriverais pas  à me lever pour aller au Père Lachaise le lendemain, à l'inauguration de la stèle de la mairie de Paris en souvenir des victimes du génocide des Tutsi du Rwanda. Je savais que les Ogres s'intéressaient au Rwanda, à la vérité et à la justice après le génocide, mais je n'y pensais pas, je me disais juste que si j'avais retrouvé de l'énergie grâce au concert, alors je devais l'utiliser pour me lever lendemain. Tant et si bien que ma fatigue disparut.

(Article écrit et publié le 2 novembre.)

Sujet:    Invitation presse Regis - Ogres de Barback Olympia - 30 octobre

Date :    Sat, 20 Sep 2014 00:16:22 +0200

De :        Régis Marzin

 

 

Les rapports intra-communautaires

La méfiance, l´instabilité

L´altruisme au bidonville?

Comment aider le bidonville,

Comment le bidonville peut-il s´aider?

Les productions des Ogres sont une véritable machinerie de spectacle. Avec tout ce que ca comporte d´outillage, technique, techniciens, cuisiniers, etc. Habituellement, quand il y a beaucoup de monde, on trouve obligatoirement au moins un ou deux teigneux, pas cool... Là, rien. Tout le monde, tous sont, excusez-moi l´expression, „gentils“. Avenants, manifestement sans aucune mauvaise intention derrière la tête.  Au contraire, tout le monde se soucie que tout aille au mieux. Après près de mes quarante ans dans le métier, ca déconcerte... Chapeau!

Les Ogres envoient une sacré sauce sur scène. Du métier. De l´art. De l´humain.Faut le voir pour le croire. Leur simplicité me stupéfait. Pareil pour la haute qualité de leur production artistique. De l´exploit. Tout en restant simple et cool.Bravo!

Le groupe musical francais les Ogres de Barback sont sur scene depuis 20 ans (nous venons de feter ca J). C´est une histoire de famille, deux freres et deux soeurs (et autour d´eux, un staf d´au moins 30 personnes). Ca fait un sacré bout de temps qu´ils sont ensemble, ils ont un sacré succes (troisieme groupe francais au niveau de la programmation), et ils sont toujours aimables, amicaux, pas prétentieux pour un sous... Selon toute évidence tout vabien entre eux, ils ne s´engueulent pas, ne se chamaillent pas pour le fric... La aussi, on voit qu´ils sont heureux d´etre ensemble, et ce malgré les 8 mois de tournée intensive qu´ils viennent de se taper. C´est rare. Et précieux. Dans le show-biz, et tout compte fait c´est valable pour toutes les branches d´activités professionnelles, ce n´est pas courant de rencontrer un tel exemple d´entente humaine, simple, claire, normale. Il n´y a pas de lésards... Ici, personne ne joue au chef, personne n´a besoin de se la jouer... ils jouent juste de la musique. Et de la bonne...

 Et ils aident les autres. Les enfants en Afrique, les musiciens en Asie... ils nous ont aidé... Ils sont venu chez nous a plusieurs reprises pour participer a nos Festivals Interbidonvilles Akana me. Ils n´ont pas demandé de cachet, ils sont venus sur leur propres fonds. Ils se sont tapé un match de foot a Rakusy. Apres le premier but le ballon est passé a travers les filets inexistants, et a disparu dans la foule. On n´arrivait pas a le récupérer. Il s´est évaporé dans la foule. On n´en avait qu´un, et nous étions malheureux de devoir arreter un sibeau match: Rakusy contre le reste du monde! Heureusement que Lubko (le caid) est intervenu et le ballon est réapparu, Rakusy ont gagnés devant le monde entier 9:2.

Est-il possible d´etre bon, amical,non prétencieux aussi a Rakusy? A Lomnica? Dans les bidonvilles? Entre les Roms? Ne pas se disputer, maudire, ne pas jouer au plus fin, au chef... juste jouer de la musique? ....Que fait-il pour y arriver?

 

30.10.

Les média set les Roms

L´opinion publique et les Roms

La (non)participation des Roms dans le débat publique

 

KESAJ TCHAVE

c’est l’histoire d‘une troupe de chants et de danse folklorique, composée d’enfants tziganes et animée par le musicien Ivan Akimov, habitants d’ un village au pied des Tatras, à l’est de la Slovaquie.

Leurs tournées dans l’Europe entière engendrent un enthousiasme extraordinaire, leur joie débordante et communicative ! A tel point qu’un documentaire va être diffusé sur Arte.

http://www.franceinter.fr/emission-un-temps-de-pauchon-les-enfants-de-la-fee

 

Les enfants Kesaj étaient les 29 et 30 octobre en première partie du concert des Ogres de Barback à l'Olympia.

Sous la direction  d'Ivan Akimov et d'Hélèna Akimova, les jeunes ont enthousiasmés le public par leur spontanéité, leur dynamisme, leur énergie pendant toute la durée du spectacle .

Grâce à la recette du concert  le groupe peut poursuivre ses projets auprès des enfants tziganes de la région de Kezmarok, d'où vient la troupe. En particulier, le développement du lycée tzigane en Slovaquie, qu'ils ont créé grâce aux revenus des tournées. A découvrir ….

http://www.franceinter.fr/emission-un-temps-de-pauchon-y-a-pas-de-fatalite

 

Réactions des auditeurs

Merci de vos émissions, je voulais vous le dire depuis en fait le début que je vous écoute, ça fait qq années!... Aujourd'hui c'est l'occasion car j'ai trouvé le sujet très instructif, c'est bien de faire connaître ce que font ces gens pour s'intégrer sans se renier. On parle sans cesse de tous les méfaits dont ils sont supposés être coupables, rarement on les met en valeur, jamais on ne cherche à se mettre à leur place, à étudier la situation de leur point de vue. J'ai remarqué qu'ils étaient singulièrement absents se tous les débats les concernant! Votre émission dure à peine 10 mn, c'est dire la place que laisse la société à l'expression populaire sur les medias! J'aimerais que votre émission dure une heure entière, et puisque notre ami Daniel Mermet n'est plus là pour nous dévoiler les dessous de notre sociétés et donner lui aussi la parole aux exclus des medias, j'aurais aimé que votre temps de Pauchon occupe ce temps d'antenne. C'est fini pour aujourd'hui mais on se retrouve demain!

 Mireille

 

Jeudi, 30.10.

L´image des Roms dans l´opinion publique

A qui la faute?

Les solutions?

Sous la Tour Eiffel, un des gars qui propose ses services aux touristes en tant que conducteur de vélo-poussette, nous voyant, appostrophe Issai en roumain en disant: “Eh les Tsiganes,  la Tour, ce n´est pas pour vous, allez voir ailleurs..“

 Il ne l´a pas dit méchament, mais le sous-entendu ne faisait aucun doute, à ses yeux il est inconcevable que les Roms puissent faire du tourisme...

Issai le remet tout de suite en place en lui disant : „Toi, tu bosses, nous on se balade, alors ferme-la“.

Sur l´Esplanade, juste avant la ruée des marchands de petites Tours, leur chef, un grand Africain, voyant nos jeunes débarquer, est allé tout de suite les voir en leur disant de déguérpir et ne pas casser le buisnes. Il était sur que nos jeunes étaient une bande de voleurs organisée...(

Le cyclo-taxiste roumain  qui affirme sous la Tour Eiffel que le tourisme ce n´est pas pour les Tsiganes, a son idée sur les  Roms. C´est normal, il vient de Roumanie... Mais que l´africain, vendeur a la sauvete des souvenirs  venant du fin-fond de l´Afrique, aurait un parti-pris contre les Roms? Cela parait bien peu probable... il n´a sans aucun doute aucune idée de ce que sont les Roms... il sait simplement que ces jeunes, souvent encore des enfants, viennent lui casser son buisnes, lorsque, tels un troupeau de corbeaux, ils viennent détrousser les touristes innocents qui constituent sa clientéle et son gagne-pain. Alors, lorsqu´il les voit approcher, il vient vers eux et leur dit de déguérpir...

A qui la faute? Au Roumain, a l´Africain, au Francais...?

Que faire...? 

La seule réponse: l´ECOLE!!! Oui, ou non?

 

Mercredi 29 octobre

„L´argent tsigane“

La pression de l´entourage

L´instabilité des rapports intra-communautaires

Le mental, l´engagement

Travail sur le terrain

Les événements récents, liés aux tournages de divers films aux quels nous avons eu la chance de participer, ont par ailleurs sérieusement ébranlés les fondements de notre ensemble et ont entrainé quelques fluctuations qui n´étaient pas des plus bienvenues. L´existence meme du groupe était remise en question.

Nos petits jeunots de Veľká Lomnica, qui sont avec nous depuis plus de 7 ans (ils ont 12 – 14 ans, donc ils sont avec nous depuis leurs 5 – 7 ans), ont participé au tournage d´un film, tres réussi, sur l´action d´un curé avec les Roms de la région. La production les a appelée pour jouer lors de la sortie du film a Prague. Les gamins nous ont demandé de leur preter les instruments de musique, puis les pantalons, ensuite les chemises, bref tout, meme les chaussures...  Pas de probleme, au contraire, on était contents de participer a leur succées. Ils ont eu meme un petit cachet. Le premier de leur vie. Au retour ils nous ont téléphonés pour nous dire que c´est fini, ils ne vont plus jouer gratuit pour nous... Cyril, le danseur kalashnikof, que l´on a hebergé pendant qques années a eu son procés. On lui a trouvé un avocat. Il a bénéficié d´un sursis de 3 ans au lieu des 5 et 6 ans de taule dont ont écopé ses complices. S´il n´y avait pas eu d´avocat, il aurait été logé a la meme enseigne.  Beaucoup d´émotion, mais aucune reconnaissance, pas de merci, disparu sans un mot. Des cas comme ceux-la, ou similaires, on en voit pratiquement tous les jours. C´est la vie. La vie faite de suspicions, de rancoeurs, de frustrations. L´étérnel adage de l´“argent tsigane“. On comprend tout ca, on encaisse, on analyse, on se raisonne... mais on a du mal a résister. Malgré les reprises incessantes de toujours les memes histoires betes et sordides, on n´arrive pas a etre immunisés contre cette méchanceté ordinaire et gratuite qui nous tombe dessus sans que l´on sache pour quoi. Heureusement il arrive aussi le tout le contraire, sinon onne serait pas la...mais, ce genre de plaisanteries, on les sent toujours passer.... Il en résulte que juste au moment lorsque nous devons aller au spectacle le plus important de toute notre carriere, nous n´avons pratiquement personne de l´ancienne équipe, et nous devons affronter la situation avec ce que nous avons sous la main. Heureusement que Rastik et la bande de Rakusy assurent, mais le manque de maturité de l´ensemble de la troupe est une réalité que nous ne pouvons pas ignorer. 

Comment rattraper des années de pratique en quelques jours avant de monter sur la plus prestigieuse scène du monde? Oui, pour moi l´Olympia est n. 1! Outre les mises au point incessantes, je pense que le facteur primordial est le mental. Nos jeunes sont presque tous scolarisés dans  notre lycée, ils ont une perception plus intellectuelle et globale de ce que nous allons accomplir, et la présence de l´équipe tv d´Arte, renforce le sentiment d´accomplir qque chose qui dépasse le cadre d´une tournée banale. Tout le monde est conscient des enjeux exceptionnels que représente le passage à l´Olympia et on sent une réelle cohésion dans l´ensemble de la troupe. Je passe les incertitudes sur la composition du groupe, des points d´interrogations planaient jusqu´au moment du départ, les passeports étaient fait la veille... Comment réussir ce passage qui sera historique pour notre groupe, et pas que pour lui...?

On bosse, je reprends le programme, l´adapte au mieux au contexte. Le choix n´est pas très grand, puisque les nouveaux ne possèdent pas, et de loin, tout le répertoire Kesaj, et ce qui m´inquiéte le plus, ils n´ont pas le sens de la scène, qui ne s´acquiert qu´avec des années de pratique. On réussit quand-même à  construire un passage cohérent, pile-poil de 20 mn que nous accorde la programmation de la soirée des Ogres.

Ce n´est pas mal, on utilise toutes les ficelles du métier que nous avons à notre disposition, mais un atout de premier ordre manque - cette fois-ci nous ne comptons pas parmi nous des tout petits. Les enfants sont au niveau du spectacle une valeure sûre, ils peuvent ratrapper le coup à n´importe quel moment, ils représentent un capital émotionnel auprès du public qui peut être fort utile lors des moments un  peu défaillants, comme on en risque de vivre avec une troupe toute fraîchement reconstituée. Un Matej peut vraiment manquer. Et puis c´est quand-même sympa pour ces mômes que de participer à notre aventure. Ils n´ont pas l´air d´être malheureux avec nous. Malheureusement Matej, Kubo, et les autres se sont fait embarquer dans des histoires sordides qui font qu´ils ratent cette occasion unique, et au lieu de la partager avec nous ces moments exceptionnels ils se morfondent dans leur triste réalité. Oui, c´est une bien triste réalité, que toutes ces histoires à dormir debout, pleines  des rancoeurs et malédictions éternelles que nous arrivons en général à surmonter, mais pas cette fois-ci.  Alors on fait sans Lomnica. Ce qui nous affaibli sur le coup, mais nous n´avons pas le choix, il faut trouver une solution. Tous veulent prouver que même en sortant du bidonville on peut y arriver!!!

 Motiver, encourager, enthousiasmer. Nous insistons sur le côté exceptionnel de la situation. Sur le prestige extraordinaire de l Olympia, sur tout ce que notre prestation représente par raport aux Roms, a la Slovaquie, aux colonies... Nous sommes tous a fond. La totale. On met la pression. Arte filme tout notre  pérégrinage, notre pélérinage du bidonville a l´Olympia, Y ann et Sébastien n´arretent pas de poser insatiablement les mêmes questions sur l´identité rom, sur la perception de la réalité des bidonvilles... et tout ca fait que, à ma surprise, une reélle conscience collective se forme  et tous, comme un, nous sommes prets a relever les défis qui se profilent devant nous.

 

Mardi 28.10.

Le monde archaïque– le monde moderne

Assistence - autonomie

Douleureuse liberté

Le soir une prestation au chapiteau Aliboro de Montreuil pour les habitants du terrain des caravanes voisin. Cet endroit a vu nos premiers pas auprès des Roms roumains en région parisienne. Combien de fois nous sommes intervenus ici  dans un froid glacial, au grès des situations diverses (expulsions, rixes..) dans une logique de l´absurde.  Et après des années on revient comme chez soi, avec Meklesh, Jennika, Issai... dans le public toutes les familles que l´on connaît depuis des lustres, donc on se dit que l´on a bien fait d´aller la tête contre le mur dans le temps... tout le monde disait qu´on est fous. Oui, nous sommes des fous.

Lors du spectacle se joignent a nous les „enfants du pays“ – Mekles, Jenika, Issai. Ils étaient gosses lorsqu´on les a connus il y a de ca presque dix ans, maintenant ce sont de jeunes adultes... Issai prend quand-meme garde a ne pas danser pendant les „chansons saontes“, pour que ca mere ne le voit pas. Les Roms balkaniques parraissent tres archaiques a nos yeux. Les dents en or, les jupes longues. Les hommes a part, les femmes a part. Les mariages sont pratiquement tous arrangés par les parents, le jeunne marrié achéte sa fiancée. Les filles sont enfermées dans les caravanes, l´école est pour elle le seule´échapatoire. Pas pour longtemps, pour les parents c´est une perte de temps. Ils les envoient a l´école uniquement pour avoir les paiers nécéssaires pour les allocs.

Heueusement, il y a aussi des exceptions, comme Jenica, qui a réussie a tenir tete a la famille et a réussie a apprendre le métier de coiffeuse, et elle vit sa vie comme elle l´entend. Mais elle ne refute pas le fait d´etre Rom pour ca. De  temps en temps elle vient danser avec Kesaj lorsque nous sommes en France,  ou elle vient nous rejoindre en Slovaquie, comme cet été...  Elle n´apprécie pas la tradition ancestrale des mariages arrangés.  Elle refuse d´etre une marchandise que sa famille vendrait a quelqu´un, sans son assentiment. Son avenir, elle se le définie toute seule.

Mais en meme temps nous constatons, que meme si les Roms des Balkans ne comptent chez eux sur aucune aide sociale, ni „travaux d´interet public“ comme chez nous, que malgré des conditions d´une précarité extréme – l´ilégalité, la vie dans la rue, la manche... dans la plupart des cas ils ont réussi a s´en sortir. Chez eux (en Roumanie), ils ont construit des maisons, et ceux qui ont eu la chance d´etre accompagné tant soit peu par des associations ou des benevoles, ont meme réussi a envoyer leurs enfants au lycée, et meme en fac...

 La rue et la manche étaient pour une étape de transition, et non une étape finale. Tous, dans l´intimité, ils disent comme c´était dur et humiliant que de tendre la main aux passants. A l´époque ils n´avaient pas le choix, pour eux c´était la seule maniere de survie. Mais ils s´en sont sortis, ils ont réussis a se relever, et maintenant ils sont a un autre niveau.

La question vient, que-est-ce qui est mieux, un systéme social totalitaire qui se charge de tout ou un libéralisme exacérbé qui contraint l´homme a se prendre en charge par tous les moyens... ? 

 

Izabela Boti

(danseuse externe de Kesaj Tchave, elle a participé a beaucoup de nos actions et spectacles. Son pere, Misa Boti, est une personnalité reconnue parmi les Roms roumains, il est juge de Romani Kriss, il nous a aidé dans nos contacts avec les roms roumains. Nous les avons inspiré dans la formation de leur groupe de danse)

18 ans, en France depuis 2000.

Signe particulier : prépare son bac et rêve d'ouvrir un cirque.

„Quand on a débarqué sur notre premier terrain, à Saint-Denis, j’avais 5 ans. Il paraît que j’ai agrippé ma mère et que je lui ai dit : "On va vraiment vivre là ?" C’était une sorte de cabane de chantier de 10m2, sans eau ni électricité. Et on a vraiment vécu là pendant des années. Je faisais mes devoirs à la bougie, à l’école les enfants m’appelaient "la Tzigane". Malgré tout, j’ai passé toutes les classes. Un petit miracle. Les jours où c’était trop dur, où je me décourageais, je prenais exemple sur mon père, Micha. Lui, il a toujours le moral. Il est devenu ascensoriste, et on vit tous les trois, avec ma mère, dans une HLM en Seine-Saint-Denis.

Je prépare mon bac comptabilité cette année, mais ça ne m’empêche pas de faire des tas d’autres choses en même temps : du cirque aérien à l’Académie Fratellini, du flamenco, du violon, de la danse traditionnelle tzigane. J’ai même créé une association l’année dernière : on fait au moins un spectacle par mois. Ma double culture, j’en suis fière. Et quand on me demande si je suis rom, je réponds : "Oui, bien sûr". Pourquoi le cacher ? Si ça ne plaît pas, tant pis. Ma plus grande victoire, ce serait d’obtenir la nationalité française. Et mon rêve ? Ouvrir mon propre cirque. Il faut être ambitieux, non ?“

GRAZIA (hebdomadaire de mode, publication du  28 au 3 avril 2014) http://www.grazia.fr/societe/temoignages/galeries/et-oui-je-suis-rom.-et-j-ai-reussi-635756

 

Mardi 28.10.

Exposition d´art contemporain  rom a la médiathéque Matéo Maximoff a la Fnasat

Les différentes visions du monde, rom et non-rom

Autodetermination rom

La force de l´environnement

Changement de cadre. Le mardi en début d´après-midi nous nous arrêtons à la Fnasat, pour visiter l´exposition d´art contemporain rom „HAVE A LOOK INTO MY LIFE !“. Gabi Jimenez, un des exposants nous sert de guide et rend plus compréhensibles les oeuvres exposées et leurs auteurs. Finalement, ce n´est pas si compliqué que ca...

Gabi dit que l´art moderne n´est pas fait pour etre acheté et accroché dans sa salle de séjour pour faire beau. L´art moderne a pour ambition d´interpeller le spectateur, il donne a réfléchir...Les auteurs qui exposent ici ne se conaissent pas. Ils sont tous rom, mais de pays différents. De France, Dannemark, Finlande, Tchéquie, Irlande, Slovaquie... Et malgré ca, ils ont quelque chose en commun. Dans leurs oeuvres on trouve souvent le concept du regard. Les yeux.... Les Roms sont souvent définis par le regard des autres, leur propre regard est que trop souvent absent de la définition du monde rom. A l´évidence, les artistes qui exposent leurs ici voient les choses differament. Ils ont leur vision du monde, leur vison de soi, leur regard sur les Roms...

 

26.10.

Dimanche 26 octobre

Rencontre et piknik avec l´association Cultures Robinson dasn le jardin communautaire de Longjumeau

Intervention au camp sauvage de Champlan

http://assoc.intermedes.free.fr/     

Rapports des  Roms avec d´autres Roms

Les préjugés intra-communautaires

Transnationalité, diversité, union, problemes transnationaux

Passé proche

Société civile

Dimanche, route sur Paris, avec un détour sur une friche de Longjumeau, où nous sommes reçus par les Cultures Robinson, une association qui soutient  les Roms installés dans les camps sauvages de la région et qui les suit au grès des expulsions répétitives dont les forces de l´ordre ont le secret. Super acceuil dans un cadre champêtre qui surprend un peu nos jeunes, qui ne saisissent pas encore tout à fait le contexte...

Ils vont comprendre tout de suite lorsque nous débarquons dans le camp illégal de Champlan, où quelques familles de Roms roumains subsistent dans le plus total dénuement que peut offrir une lisière de bois du sud de Paris. Rien. L´acceuil est d´autant plus chaleureux, et notre prestation démarre, avec, au fur et à mesure, la participation des petits et des grands, qui, des spectateurs, passent aux acteurs de cette scène rustique improvisée. Comme toujours dans ces cas, une émotion hors normes, une expérience unique, un choc, un traumatisme positif, un souvenir pour la vie... Ce qui me touche le plus, c´est que parmi les hommes adultes, de mon âge, je reconnais la „géneration Caucescu“, des hommes qui avant, ont travaillé toute leur vie, ils étaient nombreux à être des ouvriers modèles, étaient parfaitement intégrés,  et ils se retrouvent là, à l´aube de l´époque féodale capitaliste, à survivre comme des bêtes dans la forêt, car c´est encore pire chez eux. Pas étonnant qu´ils regrettent tous Caucescu...

Il est intéressant de constater que dans des situations simmilaires, nos jeunes ne sont pas rassurés, ils sont dans la retenue, ils ont peur.... Pourquoi les Roms ont-ils toujours peur des Roms? Dans tous les cas de figure, les Roms pensent que les autres Roms sont les pires... C´est valable aussi bien pour ceux de l´autre bout du monde, que pour ceux du camp voisin. Mais en général ces réticenses disparaissent vite et on passe a l´essentiel:  „Comment vous-vous en sortez? Combien vous gagnez?“...La bariére de la langue est vite franchie, d´autant plus qu´il n´y en a pas, ceux qui veulent se comprendre y parviennent tres vite. „La vie ici est tres dure. La police n´arrete pas de nous expulser, mais nous ne voulons pas revenir en Roumanie, la-bas on nous traite pire que les chiens...“

Notre intervention équivault a une bombe atomique. Positive. De par notre expérience nous savons que si nous les rencontrons meme apres des années, tous, ils vont garder le souvenir de cette journée. Les jeunes, s´ils pouvaient, ils viendraient tout de suite avec nous. Un petit groupe nous demande si on peut les ramener sur Montreuil. Parmi eux, un, le „Belgian“, chante super, et tout le long du trajet il passe avec Luky a la guitare en revue toutes les chanson du répértoire tsigane. On prend son n. de tel. On ne sait jamais... A peu-pres comme ca, il y a des années, nous avons rencontré Mekles, Issai, jenika, et d´autres, qui nous suivent jusqu´a maintenant, font partie de notre groupe et partagent notre facon de voir les choses...

 

25 octobre

Transnationalité, avantages et désavantages

Différences et similitudes

La langue rom

Lorsque nous nous hébergés dans le Formule1 a Roubaix, la premiere chose qu´on a vu, c´étaient les Roms. Ils étaient dans le meme hôtel que nous. Ils venaient de Roumanie ou de bulgarie, un d´eux, la quarantaine, a engagé la conversation avec nous. Des paroles on est passés aux chansons, une guitare trainait par la, et c´est parti... Comme toujours, du Ricardo, les chansons saintes. Les pasteurs. Ils ne sont jamais loin. Ils sont passés devant nous, nous ont invité a leurs offrandes qui devaient avoir lieu quelque part dans le coin... Ils étaient bien habillés, souriants...

Partout des Roms. C´est vrai. Il y a quelques années, rencontrer des Roms dans la vie courante était exceptionnel, maintenant on les voit partout. Aux stations de bus, sur les autoroutes, dans les hôtels, dans la rue... A Gent, nous les avons meme vus au travail... Le jeune cuistot qui nous préparait le dinner était de quelque part du côté de la Moravie. La vie en Belgique lui plaisait. Il a du travail, gagne sa vie, personne ne lui dit rien, il est comme les autres...

La migration des Roms est une réalité d´aujourd´hui, elle est a l´image du monde actuel. Et on dit qu´ils ne veulent pas s´adapter. Alors qu´ils sont en avance sur leur temps, allégrement ils remplissent tous les préceptes de l´économie d´avant-garde – flexibilité, fluctuation, consomation, les cadies pleins...

Un Rom reconnait un Rom partout. D´apres quoi? Comment ca se fait?

 

vendredi  24.10.2014

Spectacle pour la communauté rom de Gent, originaire de Košice

Immigration

l´image que les Roms projettent d´eux-memes

Le status social des Roms et les retours de leurs comportements et facons de faire

A Gent, en Belgique, notre spectacle était destiné en majeure partie à la communauté des Roms slovaques immigrés de Košice, instalés depuis des années ici. Beaucoup d´émotions,  de nostalgie, des retrouvailles avec le pays, sa musique, son passé.  Partout beaucoup de gosses, pas forcément très encadrés...  Mais un bon spectacle, avec la satisfaction d´avoir donné du bonheur...

Les Roms de Gent,   originaires de Kosice, que nous avons eu l´occasion de rencontrer lors de notre concert, ont gardé la meme structure sociale qu´ils avaient lorsqu´ils étaient encore en Slovaquie. Ceux qui étaient intégrés  avant de partir, l´étaient aussi bien dans leur nouvelle patrie, et ceux qui étaient dans la marginalité, le sont restés meme en Belgique.

Lorsque, peu avant minuit, nous rentrions a l´auberge de jeunesse, nous étions accompagnés par une dizaine de jeunes roms slovaques d´ici, qui prenaient le meme  chemin que nous. Nous étions a l´arret du bus, eux,  ils étaient de l´autre côté du trottoir, en face de nous, et manifestement, c´était a leur tour de se donner en spectacle. Ils y allaient de leur mieux dans la provocation – ils vidaient des canettes de biere, fumaient, crachaient, criaient...  un triste spectacle, alors que les plus jeunes n´avaient pas plus de neuf – dix ans. Il n´y avait personne d´autre que nous dans la rue que nous, et nous leur servions d´auditoire malgres nous. Bref, ils s´imposaient a notre attention d´une maniere pas des plus civiles. Avec Helena nous sommes allés les voir pour essayer de parler, de les calmer. Au début sans succés, mais petit a petit nous avons réussi a nouer le contact, de toute maniere c´est ce qu´ils recherchaient – et finalement il s´est avéré qu´ils sont comme tous les gosses a la dérive, en manque flagrant de reconnaissance et d´attention... On a pris le bus et puis le tramway. Toujours tous ensemble. Les slovaquo-roms belges, lorsqu´ils se sont trouvés de nouveau en spectacle devant les passagers, n´ont pas pu résister, ils ont repris leur cirque. Les nôtres, ils regardaient ces drôles de compatriotes, et ils avaient honte.

Pourquoi  avoir fuit son pays en se plaignant d´avoir été les plus mallheureux, maltraités, repoussés, discriminés... pour que  ici, dans leur nouveau pays d´acceuil, alors que personne ne les maltraite, ils font de nouveau tout  pour qu´on les repousse, discrimine, ...pour qu´ils soient de nouveau malheureux? Quelle image d´eux-memes (de nous) sont-ils en train de projeter aux yeux des Belges, qui ne les conaissaient pas plus que ca jusqu´a lors?

Qui est responsable de cette image dégradée des Roms ? A qui  la faute? Pourquoi est-ce comme ca?... Ces questions, ainsi que d´autres, du meme accabit, étaient a l´ordre du jour avec nos étudiants la nuit meme et le lendemain...

 

23.10

Les rapports intracommunautaires

Les rapports avec le monde extérieur, l´altruisme

Le jour du départ nous avons enfin réussi à faire faire le passeport pour Perska, et persuader son père de la laisser partir avec nous. Elle doit jurer qu´elle va s´améliorer et qu´elle ne va plus traîner dans la colonie... Les autres sont ok, nous sommes exactement 25, comme convenu avec la direction de l´Olympia. Le concert à l´Olympia n´était confirmé qu´un mois et demi avant de partir, ce qui ne laissait pratiquement aucune marge pour monter une tournée normale qui pourrait couvrir les frais logistiques. Nous avons réussi juste à trouver un spectacle sur le chemin de l´aller, à Gent, en Belgique, et un autre au retour, à Tomblaine. Mais nous avons eu des retours de nombreux sympathisants de tout part, qui étaient prêts à nous épauler dans l´organisation de la tournée.  Heureusement, nous avons pu compter sur le partenariat avec le Ccfd, ce qui a permi en fin de compte de réaliser notre projet.    

22.10

„L´argent tsigane“

La pression de l´entourage

Instabilité des rapports intracommunautaires

L´altruisme entre les Roms, est-ce possible?Les communautés roms marginalisés, à l´écart de la société, n´ont pas les mêmes standards que la majorité. La vie n´est pas toujours programmable, ni forcément scrupuleusement rationnelle... C´est valable aussi pour le domaine artistique et le travail avec les jeunes. Quelques jours avant le départ pour un événement de première importance pour le groupe et l´école, notre cadre est  affaibli par la fluctuation et l´instabilité de certains de nos membres, qui n´ont pas su résister à la pression de leur entourage, et se sont laissés entraîner dans les méandres  des mensonges et médisances. Le plus tenace est que la direction du groupe se fait beaucoup d´argent sur le dos des autres et ne partage pas le magot... La jalousie et la rancoeur empoisonnent une grande part de la communauté, et il est très difficile de résister à leur emprise. Comment expliquer que nous donnons du nôtre, qu´ au lieu de prendre, on donne. La pitié ou la compassion,  ici, on ne connaît pas. C´est un luxe que personne ne peut se permettre. Cela aussi, ce sont des thèmes culminants que nous débâtons avec nos jeunes, que nous connaissons depuis leur tendre enfance, et nous pouvons ensemble, maintenant qu´ils sont „grands“,  aborder aussi des sujets sensibles et parfois douloureux... 

21.10.

reportage de la TV TA3

Médias slovaques, présentation de la problématique rom

L´ensemble Kesaj Tchave abolit les préjugés

21.10.2014 13:57:20|Zdroj:TA3

„On dit souvent a propos des Roms, qu´ils n´ont pas la volonté d´aller de l´avant. A Kežmarok, il y a une preuve, qu´ilen est autrement. Si quelqu´un arrive a motiver les jeunes Roms, ils peuvent faire beucoup de choses. L´exemple en est Ivan Akimov, qui dirigie le groupe rom Kesaj Tchave.  Ils ont déja réussi a avoir de nombreux succés, et cela aussi hors des frontieres de la Slovaquie. Le groupe se prépare a un départ imminent en tournée.“

Pour en savoir plus:

http://www.ta3.com/clanok/1049191/romsky-subor-kesaj-tchave-ruca-predsudky.html

 

18.10.

Le travail des médias, l´approche de la problématique rom

Yann le Gléau et Sébastien Mésquida de What´s Up Production, qui sont venu tourner un document pour Arte, se sont tres vite reppéré dans la situation actuelle du lycée, et ils ont décidé de se focaliser sur les personnages de Vladko et Perska, comme personnages-clés du film, qui serviront de guides, de porte-paroles, de l´histoire pour les spectateurs. Tous les deux ont parfaitement rempli leur mission, par leurs témoignages pertinents ils ont réussi a éclairer les spectateurs dans leur approche de la problématique des communautés roms dans l´exclusion. Ils ont perm ide partager leur vécu et leur regard de l´intérieur de la communauté.  Leur témoignage était sincére, intelligeant, malgré leur jeune age,  empreint de sagesse et de retenue. Le document relatait en direct les problémes charactéristiques pour toutes les tournées a l´étranger: Perska n´avait pas de passeport, ses parents ne veulent pas la laisser partir, nous ne savions pas jusqu´a la derniere minute, viendra-t-elle avec nous ou pas? Vladko a fait part devant la caméra des on regard lucide, sans compromis, sur l´environnement dans le quel il évolue. Il a fait preuve d´une grande autoréfléxion et autocritique. Le théme central du voyage – Les Roms, confrontés au monde et a eux-memes, était sérieusement entamée... 

Durant le tournage, les étudiants en étaient des acteurs directs, mais aussi ses réalisateurs. Plusieurs d´entre eux ont activement participé a la création du reportage, ont tenu des différents postes dans le groupe de tournage (informations, technique) et ont pu acquérir une expérience précieuse directement sur le terrain, aux côtés des meilleurs spécialistes du métier.

 

12.10.

Šerpa rely na Popradskom plese

Rómska osveta v netradičnom prostredí

Predpojatosť voči ne-Rómom

Vzťah ne-Rómov ku Rómom

Sila prírody

Viktor Beránek chatár na chate Pod Rysmi, nás pozval zahrať na štart Nosičských pretekov. Počasie a nálada výborné. Obavy z pôsobenia v nezvyčajnom,  netradičnom prostredí pre rómsku kultúru, sa rýchlo rozplynuli. Naopak, prijatie bolo veľmi srdečné a odozva u divákov jednoznačne pozitívna. Vlado Mirga, prezývaný “Ježiš”,  ktorý príležitostne pôsobí ako pomocný robotník v Lesnej správe, osobne poznal miestneho lesníka ktorý zabezpečoval odvoz na Popradské pleso a vybavil odvezenie na džípe. Rómska vynaliezavosť.

Krásny zážitok poznamenaný tragickou udalosťou, hory si v ten deň vyžiadali dve obete.

 

7.10.

Návšteva Idy Kelarovej

Rómske peniaze

Ida Kelarová dáva priestor vo svojom zbore mnohým rómskym deťom a mládeži z Čiech a zo Slovenska. Robí s nimi veľmi dobrú prácu, s tímom profesionálnych odborníkov stavia koncertný program ktorý potom uvádza na významných podujatiach. Vo svojom prístupe uplatňuje podobné princípy empatie ale aj disciplíny ako my, a doposiaľ sa naša spolupráca ukázala ako konštruktívna a vzájomne prospešná.

Jej návšteva bola príležitosťou na debatu so študentami a prebranie pálčivých a vždy prítomných problémov a otázok na tému angažovania sa a sebareflexie vo vzťahu ku sebe a svojmu prostrediu.

Ústrednou a spločnou témou pre všetkých jednotlivcov alebo organizácie ktoré sa angažujú v prospech rómskej komunity je podozrievanie zo strany členov komunity z "brania peňazí" a následné frustrácie ktoré z toho vyplývajú, ktoré neraz vyúsťujú do narušenia aktivít jednotlivých, často aj nádejných jedincov, ktorí podľahnú tlaku okolia a poľavia vo svojom úsilí.

S p. Kelarovou, a s p. Otom Horváthom, vedúcim tanečnej zložky Čhavorengre, sme tieto témy dopodrobna so študentami prebrali a snažili sme sa spoločne vysvetliť ohrozeným jedincom pozadie kultúrnych aktivít ktoré vyvíjame, ich finančnú stránku, ako to chodí vo "svete", a  ako to chodí medzi Rómami. Starší študenti, dlhodobí členovia nášho kolektívu, už majú bohaté skúsenosti v tejto oblasti a mohli sa konštruktívne zapojiť do debaty.