Les Dimitrievitch

 

(Photo: prob. prise en Russie)

La fameuse troupe russe DIMITRIEVITCH...

En 1917 (révolutions en Russie) les DIMITRIEVITCH entreprennent de quitter la Russie par Vladivostok. De là ils rejoindront la Chine ou ils travailleront au cirque de Pékin. Par la suite on les vit aussi se produire au Japon, aux Indes, aux Philippines... en 1930 ils arrivent dans le Paris des années folles où ils seront accueillis par l'immigration et surtout par les cadets qui les connaissaient bien. 

Ils ouvriront a Paris deux restaurants " le Petit Poisson d'Or " et " la Mi-Chaudiere " ou Joseph Kessel, Jean Mermoz, Saint-Exupery se rendaient souvent. On les vit aussi travailler dans de nombreux restaurants et donner des galas dans toute l'Europe.

Leur art consistait tout d'abord a danser : les trois freres dansaient a la manière russe, Valia interpretait les danses Espagnoles, puis commenca a chanter. Elle fut considerée par certains comme la deuxième voix russe du siecle apres la " Panina" (Varvara Vasilievna Panina 1872-1911). Aliocha dansait et faisait de sa hauteur (1 m.60) un double saut périlleux ; danseur de claquettes émerite, il signait son nom avec ses talons.

Les Dimitrievitch travaillèrent ainsi avec les Bouglione. Ils étaient alors des artistes complets et pouvaient s'adapter a n'importe quel pays.
En 1940, le préfet de police " Chiap " les fera partir par Bordeaux pour le Bresil, car Valia etait mariee au premier consul du Brésil. Leur mere decedée, ils ne resterent pas longtemps au Brésil ; ils partirent ainsi en Argentine, ou les frères d'Aliocha moururent dans les années 50. 

En 1955 Valia, qui était restée en contact avec des immigrés russes, revint en France et travailla avec Volodia Poliakoff . Aliocha travailla donc tout seul ; ce fut pour lui une periode de grande solitude. Comme il ;etait bon cavalier il fit du rodeo sous le nom d' " Alejandro el russito "

Sa seur Valia, le père Michel Artzimovitch qu'il connaissait depuis son enfance et d'autres russes permirent son retour en France. Il revint à Paris et lui qui avait toujours accompagné ses frères, cessa de danser pour chanter seul. 

Aliocha crea ainsi "le tango des emigrants", completa le dernier couplet de "Gari Gari" (chanson anonyme du XIX siecle) et changea les paroles de nombreuses chansons tziganes et russes pour mieux toucher son auditoire. Il inventa meme une facon " orientale " de chanter : le Tchapur. Aliocha qui n'eut jamais d'enfant vit dans un jeune musicien son fils spirituel : Andre Chestopalov.

Aliocha fut mis en terre orthodoxe au cimetiere de Sainte-Genevieve-des-Bois en janvier 1986.