été 2011

 

Decazeville – rencontre avec les jeunes de 2KZ, 29 juin 2011

Decazeville – ateliers avec 2KZ, 30 juin 2011

Decazeville – intervention au film Liberté de Gattlif, 1 juillet 2011

Decazeville – Fête des Langues, débat et spectacle, 2 juillet 2011

Romans sur Isère – Festival CIOFF, défilé et ouverture, 3 juillet 2011

Saint Donat – intervention à l’hôpital, spectacle en soirée, 4 juillet 2011

Romans sur Isère – Parc Mossant, 6 juillet 2011

Romans sur Isère – ateliers avec Martinique et Empi, 7 juillet 2011

Barbiéres – spectacle et discothéque au camping, 8 juillet 2011

Cruas – spectacle en soirée, 9 juillet 2011

Crépy en Valois – Festival du Chant libre, Abaye du Lieu Restauré, 10 juillet 2011

Montreuil – mini residence et spectacle avec Ecodrom, Murs à Pêches, 11 juillet 2011

Paris débat et spectacle à la présentation des Etudes Tsiganes, Le Vent se léve, 12.7.2011

Rolampont – Caravanes et Jardins, spectacle, 14 juillet 2011

Donzy le National – Caravanes et Jardins, 15 juillet 2011

Cluny – rencontre avec les jeunes européens à l’Ecole Supérieure des Ingénieurs, 16.7.2011

Béchy – Caravanes et Jardins, colonie de vacances, ateliers, spectacles, 18, 19  juillet 2011

Poussay – spectacle FFR, 20 juillet 2011

Tomblaine – intervention au Centre aéré, 22 juillet 2011

Saint Denis – jonction terrains St. Denis, 24 juillet 2011

Ile de Groix – résidence, animation Safran, place de l’Eglise, 26 juillet 2011

Ile de Groix – spectacle au Parcabout, 27 juillet 2011

Ploemeur – Jeudis de Ploemeur, 28 juillet 2011

Maintenon – Festival International de Folklore, défilé et spectacle, 30 juillet 2011

Villiers le Morhier – Concert à l’Eglise, 31 juillet 2011

Maintenon – Spectacle final du Festival, 31 juillet 2011

 
 
 

 

 

 

    

Eté 2011

Le départ en tournée d´été 2011 a été à l´opposé direct de tous les départs que nous avons effectués jusqu´à lors. Il y a eu, bien sûr, les traditionnelles incertitudes quand à la composition finale du groupe, mais sans excès, l´adolescence se manifestant chez la majorité des troupes par l´irrésistible attractivité mutuelle, fait qu´une Perla ou Janka ne rateraient pour rien au monde l´occasion  de partir avec Palko ou Vladko, et vice versa, les petits sont toujours prêts, et chez les grands, pas de problèmes majeurs. Il faut juste désinscrire ceux qui pointent au chômage pour la durée du séjour, pour qu´ils ne perdent pas leurs allocations en rentrant. Malgré la bonne volonté du chef de l´agence, l´administratif finit par prendre le dessus, ils sont consciencieusement rayés et c´est à nous au final de leur verser le manque à gagner occasionné par la tournée. On s´en serait bien passés, hélas, l´ANPE, au lieu de soutenir l´effort d´insertion par une petite innocente activité bénéfique pour la collectivité, finit par nous pénaliser en prenant des airs de nous aider...  Enfin, c´est comme ça. Le grand changement, le tremblement de terre, l´incroyable mais vrai, c´est que pour une fois n´est pas coutume, nous ne manquons pas de finances! D´habitude nous partons avec moins de 10 euros en poche pour tout le groupe, et là, grâce notamment au concours de la Fnasat et du CCFD, nos comptes ne sont pas à sec, ce qui change du tout au tout. Sans aller dans la dépense ni le gaspillage, cette relative aisance nous permet de faire face aux imprévus du genre désistements d´étape à la dernière minute en se tournant tout simplement vers un F1 ou Mac´Do, sans avoir à affronter les incroyables épuisantes galères dues au manque de finances flagrant et chronique. Nous avons fait appel à ce genre de solution deux ou trois fois durant les 5 semaines de la tournée, et cela a fait qu´au lieu de se retrouver avec cet éternel casse-tête, comment s´en sortir avec 40 mômes sans un rond en poche, notre séjour prenait pour nous des allures de gentille colo de vacances sans problèmes majeurs. Bien qu´il y ait eu des incertitudes jusqu´ à notre départ - nous n´avions d´assuré que le début de la tournée et la fin, et toujours un trou béant de pratiquement 20 jours en plein milieu à remplir, mais finalement avec le projet Caravanes et Jardins de la Fnasat et de la FNFR nous avons fini par trouver assez de dates. Les quelques brèches qui restaient étaient colmatées par Tomblaine et l´Ile de Groix, plus la fameuse formule F1 et le MacDo deux ou trois fois.

 

 

 

Le bus

La première étape passait par Decazeville, chez Jean-François et Domi, qui nous ont de nouveau invités à leur Fête des Langues, consacrée cette année au romani. Nous y avons côtoyé Marcel Courthiade lors d´un débat public, mais surtout nous avons donné un grand spectacle sur la place Decaze archi bondée, faisant intervenir avec nous sur scène quelques rappeurs de K2Z, une assoc de quartier locale. Du bon boulot, avec plaisir et chaleur qui émanaient de tous nos partenaires. 

Publié le 01/07/2011 à 08:25

 

Decazeville. Kesaj Tchavé en résidence avec 2 KZ

fête des langues

·          

·      

C'est la gaieté, la joie, l'entrain, le bonheur de vivre, l'amitié qui règne au sein du groupe de musiciens, de chanteurs, de danseurs de Kesaj Tchavé./Photo DDM

Cette année, le Mescladis du Bassin a un cœur rom… En effet, les organisateurs, Mescladis et 2 KZ, placent la culture rom au cœur de la fête des langues, ce week-end, sur la place Decazes.

Kesaj Tchavé (Slovaquie) a posé ses valises à Decazeville, mercredi, après 2 000 km de route, pour une résidence de trois jours avec les jeunes de 2 KZ. Dans l'enceinte du gîte municipal de Bouillac, le groupe travaille, depuis, avec les jeunes de l'association pour mettre en musique les morceaux écrits par ces derniers. Kesaj Tchavé, c'est la fée des enfants en langue romani, mais c'est avant tout une histoire humaine qui tient du miracle. Ce collectif de fabuleux musiciens, chanteurs, danseurs, rassemblant une trentaine de jeunes Rom vivant dans des conditions de précarité extrême dans des bidonvilles de Slovaquie, offre un authentique cocktail de musique tsigane à l'état brut. Spontanéité, plaisir irrépressible de jouer et de donner, prouesses dans les changements de rythme, voix déchirantes, font de chacun de leurs concerts un moment unique et le public en ressort transformé par l'émotion. Déjà présents ici en 2008, tous ceux qui les avaient vus avaient envie qu'ils reviennent. Au cœur de leur concert, samedi soir, les jeunes paroliers, rappeurs, hip-hopeurs decazevillois, membres de 2 KZ, offriront le fruit de leur rencontre entre jeunes, certes, différents, mais partageant le même continent et la même envie de faire ensemble, avec la participation de Laurent Mayanobe et Jean-François Mariot (poème electro) et Frédéric Regnouard (guitare manouche).

En avant-première de la fête des langues, ce vendredi, au cinéma La Strada, venez nombreux assister à la projection de « Liberté », le dernier film de Toni Gatlif, et au débat en présence de Toni Gatlif sur le film et le sort des populations rom dans la France de Vichy et dans l'Europe sous domination nazie.

La Dépêche du Midi

 

Afficher l'image d'origine

Pareil au festival suivant, à Romans-sur-Isère, qui était déjà une étape Cioff. Juste un détail venait à troubler cette quiétude paradisiaque. Aussi incroyable que cela puisse paraître, notre transporteur, un des chauffeurs du bus, et pas des moindres, le plus ancien, le patron, avait manifestement des problèmes d´abstinence, voire de sevrage. Nous savions que dans le passé il avait été en cure, mais jamais il n´y eut le moindre problème. Jusqu´au deux dernières tournées, où sur le chemin du retour il n´était plus en mesure de tenir le volant. Ce n´étaient pas des états alcooliques à proprement parler, il n´était pas ivre, il ne manquerait plus que ça, mais il a du boire un verre ou deux, et ça passait pas. Avec le recul ça paraît tout simple, mais au moment même ce n´était pas évident. C´était quelqu´un d´âgé, de respectable, on ne voulait pas le blesser, on pensait que ça allait passer. Et c´est ce qui arrivait à chaque fois que nous rentrions au pays, il redevenait normal, sympa, plus aucun souvenir de ces déboires. Mais là, nous étions en début de tournée, et déjà les symptômes sérieux apparaissaient. Il n´était plus question qu´il prenne le volant, c´est l´autre chauffeur, le jeune, qui assurait le tout. Mais très rapidement il devenait évident qu´il faudrait trouver une solution, continuer ainsi était impossible, lors d´une sortie plein air au bord d´un étang il a failli se noyer et même des touristes de passage venaient vers nous pour nous signaler que ce gars n´est pas bien et qu´il faudrait appeler les pompiers...  Que faire? Le renvoyer au pays? Mais c´est lui le patron du bus! Je devenais tellement en pétard que je n´étais même pas capable de l´interpeller calmement craignant que toute discussion tourne au pugilat de ma part. Je cherchais alors une solution de remplacement, mais prendre un transporteur français serait hors prix pour nous et en faire venir un autre de Slovaquie, pareil. J´avoue que j´avais envie de lui arracher la tête, j´étais furieux qu´un gars aussi âgé, sérieux, qu´on paye, et pas des clopinettes, puisse mettre en péril toute la troupe. Très vite, je ne pouvais plus le considérer comme un partenaire et j´ai contacté nos amis de Yepce qui avaient parmi leurs connaissances un chauffeur de bus. Coup de bol, il était plus ou moins dispo, on s´est mis d´accord pour qu´il se prépare à intervenir dès que nécessaire. Nous quittons le festival de Romans et au dernier spectacle, à Cruas, à quelques 700 km de Paris, non seulement le chauffeur a de nouveau lâché, mais son fichu bus est aussi, comme son patron, tombé en panne. Un alternateur était cassé, la batterie ne chargeait plus. Le dépanneur qu´on a réussi à dénicher nous a assuré qu´il était impensable de prendre la route, on risquait de s´arrêter à tout moment sur l´autoroute sans pouvoir repartir. On était vendredi soir, le spectacle commençait dans 20 minutes, le lendemain on devait être au nord de Paris, donc rouler toute la nuit, et il fallait pousser le bus pour qu´il démarre et on ne savait quand il allait s´arrêter. Et en plus le patron n´était pas capable d´aligner deux mots cohérents, on avait peur qu´il tombe derrière son bus. Bon. On envoie un super spectacle quand même. Les organisateurs, au courant de nos déboires proposent un gymnase pour passer la nuit si nous n´arrivons pas à décoller. Je téléphone à Annie, la présidente du festival que nous venons de quitter en lui demandant de mettre en réserve un des ses autocars  au cas où nous tomberions en panne sur l´autoroute, pour qu´il nous conduise au moins jusqu´à une gare SNCF. Mais, miracle, nous parvenons quand-même à rouler toute la nuit et au petit matin nous arrivons à Crépy-en-Valois, un tout petit patelin ou nous devons nous produire. Bien sûr, pas le moindre garage de poids lourds dans les environs, et notre chauffeur toujours dans le coltard! On appelle en urgence Sylvain pour qu´il vienne nous rejoindre dès que possible. Heureusement que le reste, la troupe, les spectacles, tout roule sans problèmes. Nous sommes logés carrément dans un château, nous en profitons pour faire les touristes le lendemain. Notre chauffeur a repris un peu les esprits, mais la décision est prise, c´est fini avec lui. Je n´en parle même pas avec lui, craignant que toute discussion provoque de ma part un excès de violence.

Résultat de recherche d'images pour

On parvient à rejoindre Montreuil, la Parole Errante nous accueille à bras ouverts. On se débrouille pour les matelas, etc., on retrouve les amis du terrain des caravanes. Tout est ok (je ne compte pas un coup de gueule de Dušan qui tout à coup se met à nous invectiver qu´on bouffe de l´argent tsigane et qu´il ne veut plus jouer. Ok, il n´a qu´à rentrer. Ça le calme et il reste). Sylvain doit arriver le lendemain. Sur le vieux bus le second alternateur vient de lâcher aussi. Il est indispensable de le réparer. Je suis furieux. Au lieu que ce soit le transporteur  qui prenne tout en main, trouve une solution de rechange, etc, c´est moi qui doit m´en sortir tout seul, avec toute la troupe, et encore trouver une solution pour ce fichu bus et son chauffeur, toujours incapable de gérer quoi que ce soit. On a beau être humaniste, il y a des limites à tout...  En même temps, nous sommes bien conscients qu´il s´agit d´un malade, et on ne peut pas le laisser comme ça. Mais que faire? Je ne suis pas mécano, et j´ai d´autres chats à fouetter. On doit repartir le lendemain dans l´Est de la France pour la suite de la tournée... La seule chose qui me vienne à l´esprit est de se rapprocher de Saint Denis. Il y a là bas Micha et tous les Roms roumains, le rafistolage, ça les connaît, il doit bien y avoir des spécialistes des cas impossibles. Sur place, je récupère sur le terrain de la rue Du Pont Cassandra et Spartakus, deux petits jeunes qui vont se joindre à nous, ainsi que ceux de Montreuil. Les Roumains nous conseillent des Africains, des marabouts de la manivelle qui font des miracles mécaniques à même le trottoir, comme dernier espoir. Ils sont ok pour diagnostiquer, mais préviennent tout de suite qu´ils n´ont aucun moyen pour se procurer des pièces de rechange. Au bout de quelques heures ils nous confirment que c´est irréparable et qu´il faudra trouver un autre alternateur. Nous devons partir avec toute la troupe dans le Jura, je téléphone à la femme du chauffeur en lui expliquant ce qui arrive. Elle s´y attendait, elle sentait bien que ça n´allait pas. Elle pleure, on laisse les deux gars avec leur bus et on prend la route avec Sylvain. On en profite encore pour faire, vite fait, un Akana me pour les Roumians du terrain des Murs à Pèches sous l´égide de l´Ecodrom avec Jeanne et Colette.  Superbe accueil, sarmelé, coca, manelé. A la fin tout le monde danse, et même si ça a l´air d´être un peu simpliste, c´était quand même le but du jeu. 

 

Heureusement que Sylvain est là. Son bus ne paie pas de mine, c´est un vieux machin  de 30 ans, fait plutôt pour la brousse, pas trop confortable, mais Sylvain est tellement sympa, et surtout, c´est totalement inespéré qu´il puisse être dispo et venir prendre le relais que nous le considérons comme un miracle ambulant. En plus c´est une espèce de professeur Tournesol, un Géo-Trouve-tout des bus, et par internet, de mon portable, il réussit à trouver la pièce de rechange pour l´autre bus. Il suffit juste de joindre Miro pour qu´il y aille le lendemain avec les chauffeurs... Quelle galère!   Mais au moins on a réussi à les faire rapatrier et surtout à éviter à ce qu´ils nous mettent dans un fossé. Dès son retour au pays le chauffeur file direct en cure...

 

 

Caravanes et Jardins

Tout contents de notre nouveau chauffeur et autocar, nous roulons vers notre prochaine destination, la musique à fond, Sylvain tout sourire au volant avec son petit chapeau qui fait de lui un Tzigane plus vrai que nature, lorsque nous nous faisons arrêter au premier péage par des CRS. Personne ne bouge. Je suis obligé de dire aux mômes de se remuer un peu pour qu´on ait pas l´air trop louche. Contrôle de routine. Juste le véhicule et le conducteur. Pas les passagers. D´ailleurs, nous sommes tous en règle, on a rien à craindre, mais certains atavismes ont du mal à passer, on reste pétrifiés durant tout le contrôle. Et ça s´éternise. Manifestement, les pandores veulent trouver quelque chose. Et ils trouvent. Dans la précipitation pour nous rejoindre au plus vite, Sylvain n´a pas mis à jour son certificat médical d´aptitude à la conduite des poids lourds. Il ne peut pas continuer. J´essaie de placer gauchement dans la conversation avec les gendarmes que nous sommes en partenariat direct avec la Fédération des Foyers Ruraux, qu´on va intervenir directement auprès de leurs mômes, que c´est un projet social... Rien à faire. On nous fait la fleur de ne pas nous laisser plantés là, sur l´autoroute, on a le droit de rejoindre l´hôtel le plus proche et après une amende de 200 euros, on n´a qu´à chercher un autre chauffeur. C´est ce qu´on fait. On téléphone à gauche et à droite. Sylvain réussit à joindre plusieurs de ses potes qui sont ok pour venir dès le lendemain prendre le relais. Mais avant, il ira à la première heure du matin passer à la Préfecture et essayer d´obtenir ce qu´il faut. Nous atterrissons dans un F1 aux environs de Metz (merci CCFD) et on espère des lendemains sinon radieux, au moins moins catastrophiques que les déboires de ces deux derniers jours.

Ça va, au petit matin Sylvain réussit à passer une visite médicale et obtient le malheureux papier qui nous a pourri la vie hier (par ailleurs, il apprend que les CRS n´avaient pas à le verbaliser, etc., mais bon...), il change de look en se coupant les tifs, met une chemise blanche, cravate, et enlève son petit chapeau pour ne plus provoquer l´attention de la maréchaussée (c´est aussi simple que ça...),  et on peut rejoindre notre première étape rurale, Rolampond, qui avec Donzy, Béchy, Cluny et Poussay, constituent les différentes étapes du projet Caravanes et Jardins de la Fnasat et de la Ffr. Ce projet était déjà avalisé par le Ministère de la Culture et somnolait gentiment dans les tiroirs. Alors, en voyant qu´il nous manquait justement une demi-douzaine d´étapes dans notre tournée, mais surtout au constat que nous sommes tout à fait dans l´intitulé et les objectifs du projet (nous sommes déjà maintes fois intervenu en milieu rural et toujours avec beaucoup de succès), je fais un peu de forcing auprès de  la Fnasat pour que notre action s´inscrive dans le cadre de ce projet. Mais point n´est besoin d´insister, ils connaissent bien notre démarche et nous pouvons intégrer ce projet qui vise à une connaissance et à une ouverture mutuelle entre le monde rural et celui des Roms. Toutes les étapes sont différentes, et en même temps pareilles par la qualité de l´accueil (nous logeons chez l´habitant) et des échanges. A Rolampond nous nous produisons un 14 juillet. On a même pas le temps de descendre les instruments et les costumes du bus, que déjà les gosses du village et les nôtres sont cul et chemise. Un 14 juillet super réussi, sans aucun débordement alcoolo, comme je le craignais quand même un peu. A Donzy-le-National il y a carrément foule. Le petit patelin a au moins quintuplé sa population. Pareil, des moments inoubliables chez nos hôtes. A Béchy nous intégrons une colo de vacances sous les tentes et sous la pluie. On réussit l´exploit de monter nous mêmes nos guitounes malgré les averses. Le lendemain un spectacle – concours de danse avec la participation de la soixantaine de jeunes sur place. L´air de rien, c´est lors de ces moments que l´on constate le niveau pratiquement pros de nos jeunes, capables de s´investir sur scène aussi bien qu´en dehors. Nous avons improvisés des ateliers de danses avec tous les mômes du camp et leurs moniteurs, en faisant du „situationnel“, en réagissant au car de tours aux situations les plus diverses... Ce qui fait, que honnêtement, je pense que ce genre d´expériences d´échanges et de découverte est vraiment une réussite, et de par l´engagement direct des jeunes après d´autres jeunes  et aussi des parents (hébergement), on peut parler d´expériences marquantes, même déterminantes, allant dans le sens de la découverte de l´autre, de sa culture, de son univers, servi par des „messagers“ on peut plus pertinents – les jeunes Tziganes en personne. Dans le domaine de la découverte de la culture rom, voyageurs, gypsy, sinté, kalé, et en veux-tu-en-voilà (colloques, symposiums, etc.), c´est quand même pas plus mal de faire intervenir directement les premiers concernés... En tout cas, et c´est mon éternel adage, une telle expérience de cohabitation directe vaut mieux que tous les discours ou formations académiques (de plus en plus à la mode), et tant que c´est possible (tant que le groupe existe), ce genre de projet devrait être soutenu, réitéré et pérennisé.

 

Cassandra et Spartacus

Pour nous l´objectif initial est comme toujours beaucoup plus simple, pragmatique et terre à terre, du fait du point de départ de nos troupes. Si on ne peut pas changer le monde, essayons de  changer au moins de temps en temps le contenu des gamelles. Déjà essayer de les remplir. Donc, comme à chaque tournée, l´objectif principal qui prévaut est d´abord de pallier aux carences alimentaires et vestimentaires dont souffrent surtout les plus petits. Ça fait deux semaines que nous sommes sur les routes. Deux semaines que tout le monde mange à sa faim. Ça se voit. Les petits retrouvent leur super pêche, qu´ils partagent volontiers avec leurs nouveaux copains des différentes étapes. En même temps tout cela est, bien sûr, assez éprouvant. On se serait bien passé de l´épisode du bus. Cela aurait pu tourner au cauchemar... Les étapes rurales sont très sympas, mais au bout de 10 jours d´hébergement chez l´habitant, ça fait du bien de retrouver ne serait-ce qu´un jour l´intimité d´un F1. Nous avons avec nous aussi quelques anciens de Montreuil, qui font maintenant vraiment partie de la troupe. Deux petits nouveaux de Saint Denis nous ont aussi rejoints. Cassandra et Spartacus. Ils ont été dessaisis de leurs parents et en attendant une famille d´accueil ils sont pris en charge par une assoc et ils vont passer l´été avec nous. On s´est vu juste une fois avant, lors d´un de nos spectacles. Ils ne pratiquent pas ni la danse ni le chant, ne comprennent pas au début tout ce que l´on leur dit en romani, mais peu importe. De toute façon, ils n´ont rien à perdre. Ce sont les parias des parias. Cette approche dédaigneuse vis-à-vis d´eux est très perceptible au contact des autres enfants du même camp qu´eux qui nous rejoignent à l´Ile de Groix. Ils ne leur font pas de cadeaux. Mais on veille au grain et il n´y a pas de débordements. Tout au long du séjour il n´y a rien de négatif à signaler comme comportement de leur part, et pourtant ils ont été dépeints comme les pires des pires par leurs petits copains d´infortune qui ont la chance d´avoir quand même des parents, donc un statut social plus élevé. Comme quoi, on a toujours besoin d´un plus malheureux que soi. Il faut dire aussi que la prise en charge naturelle par tout le groupe Kesaj, constitué que par des cas extrêmes a des effets magiques et il n´y a pas mieux comme thérapie collective.

 

 L´Ile de Groix

Après l´étape rurale il nous reste toujours 3 jours de vides, alors en dernier recours je passe un coup de fil à Tomblaine, où Hervé Féron, bien qu´absent, réussit à faire le nécessaire pour que nous puissions passer 3 jours au gîte du canoë-kayak que nous connaissons si bien pour l´avoir maintes fois pratiqué. Sans commentaires. Super! Reste la dernière phase de la tournée. Une nuitée à Paris ou nous récupérons les 8 jeunes de St. Denis avec Vérona (la femme de Micha) qui les accompagne. Direction Lorient et embarquement pour Groix. Cette résidence tient du miracle. On l´a évoqué, sans plus, au cours d´une soirée sympa, gentiment arrosée, lors de ma visite sur l´Ile il y a 6 mois. Jamais je n´aurais cru que cela puisse se concrétiser. Et 6 mois après nous débarquons à 50, profitant de l´espace d´hébergement du Festival du Film Insulaire que la municipalité a mise à notre disposition. Aussi simple que ça. En pleine saison! Pas de montage de dossiers, de projets, de paperasses.  Rien que de la bonne volonté, servie sur place par des gens que nous connaissons à peine ou pas du tout. Yepce a été de la partie en complétant les réserves avec la Banque Alimentaire et en assurant la logistique sur place. Le CCFD nous accompagne au niveau de la participation du 93. 

 

 

L´embarquement s´est fait sur deux bateaux pour des raisons financières. Un ferry classique et un bateau à voiles d´un autre âge, La Reine des Flots, d´un charme fou. Dire que c´était incroyable, c´est peu dire. Sur place des locaux hyper spacieux pour accueillir la cinquantaine de personnes que nous sommes, jeunes et accompagnateurs y compris. Cette étape outre qu´elle nous offre le gîte et le couvert, arrive aussi à point nommé pour nous permettre de récupérer. Cela fait un mois que nous sommes sur les routes, avec un rythme soutenu de spectacles, dynamiques à notre façon, pouvoir se poser un peu nous fait le plus grand bien. Nous sommes en autogestion alimentaire. Tout le monde participe à tout. Cuisine, courses, ménage. Les petits et les grands. On profite aussi des plages avoisinantes. La température fraîche de l´océan n´a pas de quoi effrayer les gamins, habitués aux ruisseaux glacés de nos montagnes. On se produit un peu sur la place du bourg et on donne un spectacle au Parcabout, un parc d´attractions constitué d´immenses filets de pêcheurs tendus dans les arbres. Un rêve pour les mômes. Le spectacle est super sympa, on a l´impression que toute l´île est là. En quittant Groix nous filons droit à  Ploemeur pour un autre spectacle. Grandiose. Des gens debout sur les tables pour mieux nous voir durant les deux heures du spectacle.  Reste encore Maintenon au château du même nom. Nous retrouvons l´ambiance des festivals Cioff avec des troupes du monde entier où on sympathise avec les Argentins, Africains, Polonais, Indiens... Je me laisse emporter dans mon discours de présentation par un tonitruant „Vive la France“ à la façon mon général. C´est un peu naïf et gauche peut-être, hors contexte peut être désinterprété de différentes manières suivant la couleur du temps,... mais justement, dans notre contexte, qui est celui du sillonnement des routes de la France profonde, de rencontres avec des gens formidables, qui sont simples et exceptionnels et n´ont rien à voir avec cette image déplorable d´autoflagélation servie à outrance par les médias,  je réitère et j´assume: Vive la France!

www.ile-de-groix.info/blog/spip.php?article4808

 

Après Maintenon nous rentrons directement en Slovaquie. D´habitude nous prenons la route de nuit tout de suite après le dernier spectacle. Mais avec le nouvel équipage français, ne connaissant pas toutes les combines des disques des bus pour rouler un max de temps, nous préférons rester une nuit pour récupérer et prendre la route le matin. Effectivement, la route vers la Slovaquie était une découverte pour Sylvain, ainsi que pour son coéquipier et au lieu des 24 heures habituelles nous mettons 3 fois plus de temps pour rentrer, car en plus nous nous sommes retrouvés bloqués à cause de ces fameux disques de conduite des bus à la frontière slovaque et nous avons passés la nuit en lisière de la forêt dans le car. Mais peu importe, l´essentiel était de rentrer sains et saufs, ce qui n´était pas gagné à l´avance au moment du départ avec l´équipage initial. A grand regret nous avons quitté nos amis roumains des terrains franciliens. La législation sur la mobilité des mineurs roumains est très sévère pour cause de trafics divers, et on n´arrive pas à faire le nécessaire pour qu´un Mekles par ex., puisse venir chez nous. Et pourtant, comme il dit, il serait même capable d´aller à l´école, rien que pour que ça puisse se réaliser.

 www.auxactescitoyens.fr/2011/09/visite-des-enfants-kesaj-tchave.html

 

Fotogaléria: été 2011, Ile de Groix