O L Y M P I A

 

Tournée Kesaj Tchave, octobre 2014, Belgique – France

                           

jeudi, 23 octobre 2014,  départ de  Kežmarok

 

vendredi, 24 octobre 2014

Maison de la Culture De Culture, Gent, Belgique, http://www.decentrale.be/

Spectacle pour la communaté rom slovaque de Gent, originaire de Košice 

 

(Ivan,Rasťo, Luky, Maroš, Ezel, Julko, Tomáš)

A Gent, en Belgique, notre spectacle était destiné en majeure partie à la communauté des Roms immigrés de Košice, installés depuis des années ici. Une émotion très forte, des retrouvailles avec le pays, sa musique, son passé.  Merci à l´équipe de De Centrale, ainsi qu´à Piet de Meck Yeck, d´avoir su organiser notre passage en un temps record.           

                             

 

beaucoup de gosses, pas forcément très encadrés...                                        

Les Roms de Gent,   originaires de Košice, que nous avons eu l´occasion de rencontrer lors de notre concert, ont gardé la même structure sociale qu´ils avaient lorsqu´ils étaient encore en Slovaquie. Ceux qui étaient intégrés  avant de partir, l´étaient aussi bien dans leur nouvelle patrie, et ceux qui étaient dans la marginalité en Slovaquie, le sont restés même en Belgique.

Lorsque, peu avant minuit, nous rentrions à l´auberge de jeunesse, nous étions accompagnés par une dizaine de jeunes roms slovaques d´ici, qui prenaient le même  chemin que nous. Nous étions à l´arrêt du bus, eux,  ils étaient de l´autre côté du trottoir, en face de nous, et manifestement, c´était à leur tour de se donner en spectacle. Ils y allaient de leur mieux dans la provocation – ils vidaient ostensiblement des canettes de bière, fumaient, crachaient, criaient...  triste spectacle, alors que les plus jeunes n´avaient pas plus de neuf – dix ans. Il n´y avait personne d´autre que nous dans la rue, et nous leur servions de  auditoire  malgré nous. Bref, ils s´imposaient à notre attention d´une manière pas des plus civiles. Avec Helena nous sommes allés les voir pour essayer de leur parler, de les calmer. Au début sans succès, mais petit à petit nous avons réussi à nouer le contact, de toute manière c´est ce qu´ils recherchaient – et finalement il s´est avéré qu´ils sont comme tous les gosses à la dérive, en manque flagrant de reconnaissance et d´attention... On a pris le bus et puis le tramway. Toujours tous ensemble. Les slovaquo-roms belges, lorsqu´ils se sont trouvés de nouveau en spectacle devant les passagers, n´ont pas pu résister, ils ont repris leur cirque. Les nôtres, ils regardaient ces drôles de compatriotes, et ils avaient honte.

Pourquoi  avoir fuit son pays en se plaignant d´avoir été les plus malheureux, maltraités, repoussés, discriminés... Pour que  ici, dans leur nouveau pays d´acceuil, alors que personne ne les maltraite, ils font de nouveau tout  pour qu´on les repousse, discrimine, ...pour qu´ils soient de nouveau malheureux? Quelle image d´eux-mêmes (et de nous) sont-ils en train de projeter aux yeux des Belges, qui ne les connaissaient pas plus que ça jusqu´ à lors?

 

samedi, 25 octobre

Lorsque nous nous sommes hébergés dans le Formule1 à Roubaix, la première chose qu´on a vu, c´étaient les Roms. Ils étaient dans le même hôtel que nous. Ils venaient de Roumanie ou de Bulgarie, un d´eux, la quarantaine, a engagé la conversation avec nous. Des paroles on est vite passés aux chansons, une guitare traînait par là, et c´est parti...  Comme toujours, du Ricardo, les chansons saintes. Les pasteurs. Ils ne sont jamais loin. Ils sont passés devant nous, nous ont invité à leurs offrandes qui devaient avoir lieu quelque part dans le coin... Ils étaient bien habillés, souriants...

Les  Roms sont partout. C´est vrai. Il y a quelques années, rencontrer des Tsiganes dans la vie courante était exceptionnel, maintenant on les voit partout. Aux stations de bus, sur les autoroutes, dans les hôtels, dans la rue... A Gent, nous les avons même vus au travail... Le jeune cuistot qui nous préparait le dîner était  quelque part du côté de la Moravie. La vie en Belgique lui plaisait. Il a du travail, gagne sa vie, personne ne lui dit rien, il est comme les autres... (il ne fait pas le bordel en bus...:)

La migration des Roms est une réalité d´aujourd´hui, elle est à l´image du monde actuel. Et on dit qu´ils ne veulent pas s´adapter. Alors qu´ils sont en avance sur leur temps,  allégrement ils remplissent tous les préceptes de l´économie d´avant-garde – flexibilité, fluctuation, consommation, les caddies pleins...

 

samedi, 25 octobre 2014 - Salle Watremez - Roubaix [59], France

20-ième anniversaire des Ogres de Barback

http://lesogres.com/

       http://lesogres.com/blog/blog-video-joyeux-bordel-etape-2/

La participation au concert des Ogres à Roubaix, était conçue comme une répétition en live du concert de l´Olympia. Heureusement. Car pour simplifier le travail aux techniciens, nous avons utilisé le clavier des Ogres  pour notre prestation. En répète tout était ok, et lorsque nous attaquons notre premier morceau sur scène, devant la salle pleine à craquer,  dés les premières notes on s´appercoit que le clavier était accordé un demi-ton plus bas, en sol-dièse. On s´adapte tout de suite, la troupe ne panique pas trop, juste un peu déconcertés par ce premier accord dissonant à la Schoenberg, et on poursuit comme si rien n´était, un demi-ton plus haut. Tout en jouant et gesticulant, après une fraction de seconde de panique (je me dis que l´on ne va quand-même pas s´arrêter  devant tout ce monde comme des bêtas pour nous réaccorder...), je réalise que pour le premier morceau ça ira, il n´est pas trop compliqué, nous pouvons sans mal le jouer instantanément un demi-ton plus haut, mais par la suite ça va se corser, les enchaînements sont bien plus compliqués et nous aurions du mal à jouer toute notre séquence ainsi. Alors je profite du passage des claquettes des garçons (à capela) pour courir après le technicien de son pour lui dire de monter le clavier. Ce qu´il fait, et après les claquettes nous reprenons, tous enfin ensemble dans la tonalité originale. Moi, entre temps je me suis déjà réaccordé, donc il faut de nouveau que je me réaccorde, tout en jouant et dirigeant la troupe comme si rien n´était. Émotions fortes et sueurs froides garanties. Heureusement que l´on a fait cette répétition générale. Si ça s´était produit à l´Olympia... Donc un passage laborieux, qui ne nous satisfait pas vraiment et donne de quoi réfléchir et travailler pour les qques jours à venir.

http://lesogres.com/blog/blog-video-joyeux-bordel-etape-2/ 

                          

dimanche, 26 octobre

 

Rencontre avec l´association Cultures Robinson au jardin communautaire dans les champs de Longjumeau

http://assoc.intermedes.free.fr/

                                                 

Dimanche, route sur Paris, avec un détour sur une friche de Longjumeau, où nous sommes reçus par les Cultures Robinson, une association qui soutient  les Roms installés dans les camps sauvages de la région et qui les suit au grès des expulsion répétitives dons les forces de l´ordre ont le secret. Super acceuil dans un cadre champêtre qui surprend un peu nos jeunes, qui ne saisissent pas encore tout à fait le contexte.

 

Ils vont comprendre tout de suite lorsque nous débarquons dans le camp illégal de Champlan, où qques familles de Roms roumains subsistent dans le plus total dénuement que peut offrir une lisière de bois du sud de Paris. Rien. L´acceuil est d´autant plus chaleureux, et notre prestation démarre, avec, au fur et à mesure, la participation des petits et des grands, qui, des spectateurs, passent aux acteurs de cette scène rustique improvisée. Comme toujours dans ces cas, une émotion hors normes, une expérience unique, un choc, un traumatisme positif, un souvenir pour la vie... Ce qui me touche le plus, c´est que parmi les hommes adultes, de mon âge, je reconnais la „generation Caucescu“, des hommes qui avant, ont travaillé toute leur vie, ils étaient nombreux à être des ouvriers modèles, étaient parfaitement intégrés,  et ils se retrouvent là, à l´aube de l´époque féodale capitaliste, à survivre comme des bêtes dans la forêt, car c´est encore pire chez eux. Pas étonnant qu´ils regrettent tous Caucescu...

Un temps superbe, et nous, toujours la même rengaine:                                               

E  n  v o  y  e  z        v  o  s        g  o  s  s  e  s      à      l´é  c  o  l  e  !

http://www.dailymotion.com/video/x28phqx_les-kesaj-tchave-au-bidonville-de-champlan-le-26-10-14_school

 

Il est intéressant de constater que dans des situations similaires, nos jeunes ne sont pas rassurés, ils sont déstabilisés, on dirait qu´ ils ont peur.... Pourquoi les Roms ont-ils toujours peur des Roms?

Dans tous les cas de figure, les Roms pensent que les autres Roms sont les pires des pires... C´est valable aussi bien pour ceux de l´autre bout du monde, que pour ceux du camp voisin. Mais en général ces réticences disparaissent vite et on passe à l´essentiel:  „Comment vous-vous en sortez? Combien vous gagnez?“       

...La barrière de la langue est vite franchie, d´autant plus qu´il n´y en a pas, ceux qui veulent se comprendre y parviennent très vite. „La vie ici est très dure. La police n´arrête pas de nous expulser, mais nous ne voulons pas revenir en Roumanie, là -bas on nous traite pire que les chiens...“

Notre intervention équivaut à une bombe atomique. Positive. De par notre expérience nous savons que si nous les rencontrons même après des années, tous, ils vont garder un souvenir émérveillé  de cette journée. Les jeunes, s´ils pouvaient, ils prendraient tout de suite la route avec nous.

Un petit groupe d´adultes nous demande si on peut les ramener sur Montreuil. Parmi eux, un jeune, le „Belgian“, chante super, et tout le long du trajet il passe avec Luky à la guitare en revue toutes les chansons du répertoire tsigane. On prend son numero  de portable. On ne sait jamais... 

A peu-près comme ça, il y a des années, nous avons rencontré Mekles, Issaï, Jenika, et d´autres, qui nous suivent jusqu´ à maintenant, font partie de notre groupe et partagent notre façon de voir les choses... 

 

        F e s t i v a l   I n t e r b i d o n v i l l e   A K A N A    M E                                                              

                                                campement illégal, Ville du Bois Champlan

http://www.dailymotion.com/video/x28phqx_les-kesaj-tchave-au-bidonville-de-champlan-le-26-10-14_school

 

lundi,  27 octobre 2014

journée de repos

jonction du groupe roumain: Mekleš, Issai, Jennica a Cassandra

Hébergement au Centre Daniel Renoult, parc Montreau,  et dans les caravanes de Mekleš et Issai                  

mardi,  28 octobre 2014

Exposition de l´art contemporain rom

 

Changement de cadre. Le mardi en début d´après-midi nous nous arrêtons à la Fnasat, pour visiter l´exposition d´art contemporain rom „HAVE A LOOK INTO MY LIFE !“. Gabi Jimenez, un des exposants nous sert de guide et rend plus compréhensibles les oeuvres exposées et leurs auteurs. Finalement, ce n´est pas si compliqué que ca...

„HAVE A LOOK INTO MY LIFE !“

 

 http://www.gabijimenez.fr/

Gabi Jimenez dit que l´art moderne n´est pas fait pour être acheté et accroché dans sa salle de séjour pour faire beau. L´art moderne a pour ambition d´interpeller le spectateur, il donne à réfléchir...

Les auteurs qui exposent ici ne se connaissent pas. Ils sont tous rom, mais de pays différents. De France, Dannemark, Finlande, Tchéquie, Irlande, Slovaquie...  Et malgré ça, ils ont quelque chose en commun. Dans leurs oeuvres on trouve souvent le concept du regard. Les yeux...

Les Roms sont souvent définis par le regard des autres, leur propre regard n´est que trop absent de la définition du monde rom.

A l´évidence, les artistes qui exposent leurs oeuvres ici voient les choses différemment. Ils ont leur vision du monde, leur vison de soi, leur regard sur les Roms... 

http://www.fnasat.asso.fr/, https://www.facebook.com/events/441309842673895/?ref=22

 

mardi, 28 octobre 2014

Festival  Interbidonvilles  A K A N A    M E

Cirque Aliboro, Montreuil

 

Le soir une prestation au chapiteau Aliboro de Montreuil pour les habitants du terrain des caravanes voisin. Cet endroit a vu nos premiers pas auprès des Roms roumains en région parisienne. Combien de fois nous sommes intervenus ici  dans un froid glacial, au grès des situations diverses (expulsions, rixes..) dans une logique de l´absurde.  Et après des années on revient comme chez soi, avec Meklesh, Jennika, Issai... dans le public toutes les familles que l´on connaît depuis des lustres, donc on se dit que l´on a bien fait d´aller la tête contre le mur dans le temps... tout le monde disait qu´on est fous. Oui, nous sommes des fous.

 

Spectacle pour les habitants du terrain de caravanes de la rue Pierre de Montreuil

 

Lors du spectacle se joignent à nous les „enfants du pays“ – Mekles, Jenika, Issaï. Ils étaient gosses lorsqu´on les a connus il y a de ça presque dix ans, maintenant ce sont de jeunes adultes... Issaï prend quand-même garde à ne pas danser pendant les „chansons saintes“, pour que sa mère ne le voit pas. Les Roms balkaniques paraissent très archaïques à nos yeux. Les dents en or, les jupes longues. Les hommes à part, les femmes à part. Les mariages sont pratiquement tous arrangés par les parents, le jeune marié achète sa fiancée. Les filles sont enfermées dans les caravanes, l´école est pour elles le seul échappatoire. Pas pour longtemps, pour les parents c´est une perte de temps. Ils les envoient à l´école uniquement pour avoir les papiers nécessaires pour les aides sociales.

Heureusement, il y a aussi des exceptions, comme Jenica, qui a réussie à tenir tête à la famille et a réussie à apprendre le métier de coiffeuse, et elle vit sa vie comme elle l´entend. Mais elle ne réfute pas le fait d´être Rom pour ça. De  temps en temps elle vient danser avec Kesaj lorsque nous sommes en France,  ou elle vient nous rejoindre en Slovaquie, comme cet été...  Elle n´apprécie pas la tradition ancestrale des mariages arrangés.  Elle refuse d´être une marchandise que sa famille vendrait à quelqu´un, sans son assentiment. Son avenir, elle se le définit  toute seule.

Mais en même temps nous constatons, que même si les Roms des Balkans ne comptent chez eux sur aucune aide sociale, ni „travaux d´intêret public“ comme chez nous, que malgré des conditions d´une précarité extrême – l´ilégalité, la vie dans la rue, la manche... dans la plupart des cas ils ont réussi à s´en sortir. Chez eux (en Roumanie), ils ont construit des maisons, et ceux qui ont eu la chance d´être accompagné tant soit peu par des associations ou des bénévoles, ont même réussi à envoyer leurs enfants au lycée, et même en fac... La rue et la manche étaient pour eux une étape de transition, et non une étape finale. Tous, dans l´intimité, ils disent comme c´était dur et humiliant que de tendre la main aux passants. A l´époque ils n´avaient pas le choix, pour eux c´était la seule manière de survivre. Mais ils s´en sont sortis, ils ont réussis à se relever, et maintenant ils sont à un autre niveau.

 

mercredi, 29 octobre  2014, Paris

K E S A J    T C H A V E

 

K E S A J    T C H A V E

Première partie du spectacle  des Ogres de Barback à

l´ O L Y M P I A

 

Mercredi, le jour „J“, le passage à l´Olympia. La cohérence de la tournée, qui malgré le fait d´être organisée en dernière minute, est exceptionnelle par une logistique „sans souci“ (grâce au soutien du CCFD), fait que nous pouvons nous concentrer aussi sur l´essentiel – le travail à la préparation du spectacle.

 

  

                    

Olympia: 20h00

 

Plus de la moitié de nos jeunes sont des novices de la scène. Des événements récents, liés aux tournages des films divers, ont fait que le classique  va et vient des désistements  est tombé au moment le moins opportun. La continuité du groupe était mise en question.

 

Les événements récents, liés aux tournages de divers films aux quels nous avons eu la chance de participer, ont par ailleurs sérieusement ébranlé les fondements de notre ensemble et ont entraîné quelques fluctuations qui n´étaient pas des plus bienvenues. L´existence même du groupe était remise en question.

Nos petits jeunots de Veľká Lomnica, qui sont avec nous depuis plus de 7 ans (ils ont 12 – 14 ans, donc ils sont avec nous depuis leurs 5 – 7 ans), ont participé au tournage d´un film documentaire, très réussi, sur l´action d´un curé avec les Roms de la région. La production les a appelée pour jouer lors de la sortie du film à Prague. Les gamins nous ont demandé de leur prêter les instruments de musique, puis les pantalons, ensuite les chemises, bref tout, même les chaussures...  Pas de problème, au contraire, on était contents de participer à leur succès. Ils ont eu même un petit cachet. Le premier de leur vie. Au retour ils nous ont téléphonés pour nous dire que c´est fini, ils ne vont plus jouer gratuit pour nous... Cyril, le danseur kalashnikof, que l´on a hébergé pendant quelques années a eu son procès (il a pris part à une bagarre de rue). On lui a trouvé un avocat. Il a bénéficié d´un sursis de 3 ans au lieu des 5 et 6 ans de taule dont ont écopé ses complices. S´il n´y avait pas eu d´avocat, il aurait été logé à la même enseigne.  Beaucoup d´émotion, ...mais aucune reconnaissance, pas de merci, disparu sans un mot.

Des cas comme ceux-ci, ou similaires, on en voit pratiquement tous les jours. C´est la vie. La vie faite de suspicions, de rancoeurs, de frustrations. L´étérnel  adage de l´“argent tsigane“. On comprend tout ça, on encaisse, on analyse, on se raisonne... mais on a du mal à résister. Malgré les reprises incessantes de toujours les mêmes histoires bêtes et sordides, on n´arrive pas à être immunisés contre cette méchanceté ordinaire et gratuite qui nous tombe dessus sans que l´on sache pourquoi. Heureusement il arrive aussi le tout le contraire, sinon on ne serait pas là... Mais, ce genre de plaisanteries, on les sent toujours passer.... Il en résulte que juste au moment lorsque nous devons jouer  le spectacle le plus important de toute notre carrière, nous n´avons pratiquement personne de l´ancienne équipe, et nous devons affronter la situation avec ce que nous avons sous la main. Pratiquement que des nouveaux. Heureusement que Rastik et la bande de Rakusy assurent, mais le manque de maturité de l´ensemble de la troupe est une réalité que nous ne pouvons pas ignorer. 

Comment rattraper des années de pratique en quelques jours avant de monter sur la plus prestigieuse scène du monde? Oui, pour moi l´Olympia est n. 1! Outre les mises au point incessantes, je pense que le facteur primordial est le mental. Nos jeunes sont presque tous scolarisés dans  notre lycée, ils ont une perception plus intellectuelle et globale de ce que nous allons accomplir, et la présence de l´équipe tv d´Arte, renforce le sentiment d´accomplir quelque chose qui dépasse le cadre d´une tournée banale. Tout le monde est conscient des enjeux exceptionnels que représente le passage à l´Olympia et on sent une réelle cohésion dans l´ensemble de la troupe. Je passe les incertitudes sur la composition du groupe, des points d´interrogations planaient jusqu´au moment du départ, les passeports étaient fait la veille...

Comment réussir ce passage qui sera historique pour notre groupe, et pas que pour lui...?

On bosse. Répétitions tous les jours.  Je reprends le programme, l´adapte au mieux au contexte. Le choix n´est pas très grand, puisque les nouveaux ne possèdent pas, et de loin, tout le répertoire Kesaj, et ce qui m´inquiéte le plus, ils n´ont pas le sens de la scène, qui ne s´acquiert qu´avec des années de pratique. On réussit quand-même à  construire un passage cohérent, pile-poil de 20 mn que nous accorde la programmation de la soirée des Ogres.

Ce n´est pas mal, on utilise toutes les ficelles du métier que nous avons à notre disposition, mais un atout de premier ordre manque - cette fois-ci nous ne comptons pas parmi nous des tout petits. Les enfants sont au niveau du spectacle une valeure sûre, ils peuvent ratrapper le coup à n´importe quel moment, ils représentent un capital émotionnel auprès du public qui peut être fort utile lors des moments un  peu défaillants, comme on en risque de vivre avec une troupe toute fraîchement reconstituée. Un Matej peut vraiment manquer. Et puis c´est quand-même sympa pour ces mômes que de participer à notre aventure. Ils n´ont pas l´air d´être malheureux avec nous. Malheureusement Matej, Kubo, et les autres se sont fait embarquer dans des histoires stupides qui font qu´ils ratent cette occasion unique, et au lieu de partager avec nous ces moments exceptionnels ils se morfondent dans leur triste réalité.

Oui, c´est une bien triste réalité, que toutes ces histoires à dormir debout, pleines  des rancoeurs et malédictions éternelles que nous arrivons en général à surmonter, mais pas cette fois-ci.  Alors on fait sans Lomnica. Ce qui nous affaibli sur le coup, mais nous n´avons pas le choix, il faut trouver une solution. Tous veulent prouver que même en sortant du bidonville on peut y arriver!!!

Alors la solution, c´est la motivation des troupes. Nous insistons  sur l´importance des enjeux, nous expliquons bien le contexte historique de l´Olympia et tous les aboutissant relatifs à notre passage, vis-à-vis de l´opinion publique, des Roms, de la Slovaquie, etc.  Nous mettons  la pression. Arte est là pour poser insatiablement les mêmes questions sur l´identité rom, sur la perception de la réalité des bidonvilles... et tout ca fait que, à ma surprise, une reélle conscience collective se forme et tous comme un, s´investissent et s´attaquent au défi qui est devant nous.

 

Le programme est élaboré, répété, ajusté, amélioré... la confiance en soi ne fait pas défaut. A part moi, qui ressent malgré toutes mes années-lumière de pratique, une tension que l´on pourrait presque qualifier de trac, ou du moins d´apréhension, une saine bonne humeur s´installe dans la troupe, consciente des enjeux futurs et confiante dans le succès de notre entreprise. C´est avec un moral d´enfer que nous attaquons la soirée du 29 octobre. Les Ogres nous offrent la première partie de leur spectacle. 20 minutes. Je suis plutôt confiant, il n´y a pas de raison que ca ne marche pas, on vérifie encore une dernière fois les claviers pour éviter la mésaventure de Roubaix, tout le  monde est prêt, on va casser la baraque!   

 

   

 ...Et c´est ce qui arrive! Nous prenons la possession de la scène à la cosaque, un abordage déchaîné qui ne laisse aucune chance à la moindre hésitation ni faux pas. Il faut dire que la foule compacte, la marrée humaine que représentent les spectateurs sous nos pieds, donne des ailes, on s´envole directement vers la stratosphère...    

                                                      

Tout baigne, les filles sont mortes de rire, les gars en sueur            

 

moi, je gueule comme un malade...

 

Helena chante à pleine voix tout en m´épiant du regard, ce que, habituellement, elle ne fait jamais... Super ambiance, la transe, la joie, le bonheur!

Apparament, le public nous suit et partage avec nous ces moments d´euforie, les 20 minutes passent instantanément, et c´est l´entracte.

Le retour aux loges est triomphal. Même Helena ne trouve rien à redire! L´ambiance est celle des finales de la coupe du monde... Doucement, on se calme, pour reprendre le même schèma au second passage, en fin de programme avec  Ara more avec les Ogres. No problème. All right! On rentre. Même les nuits sont cool, c´est dire à quel point les troupes sont responsables... et complétement épuisés.

 

 

jeudi 30 octobre  2014, Visite de Paris, Tour Eiffel

Jeudi, le jour du deuxième concert, est le dernier jour pour visiter Paris. Heureusement, un temps splendide nous accompagne, et la Tour Eiffel nous acceuille dans toute sa splendeur. Les vendeurs des souvenirs nous assaillent dès la descente du bus, tout le monde fait son marché, on fait plein de  photos et le plein des petites Tours et on se prépare pour la manif.

 

Sous la Tour Eiffel, un des gars qui propose ses services aux touristes en tant que conducteur de vélo-poussette, nous voyant, appostrophe Issai en roumain en disant: “Eh les Tsiganes,  la Tour, ce n´est pas pour vous, allez voir ailleurs..“

 Il ne l´a pas dit méchament, mais le sous-entendu ne faisait aucun doute, à ses yeux il est inconcevable que les Roms puissent faire du tourisme...

Issai le remet tout de suite en place en lui disant : „Toi, tu bosses, nous on se balade, alors ferme-la“. 

 

Sur l´Esplanade, juste avant la ruée des marchands de petites Tours, leur chef, un grand Africain, voyant nos jeunes débarquer, est allé tout de suite les voir en leur disant de déguérpir et ne pas casser le buisnes. Il était sur que nos jeunes étaient une bande de voleurs organisée...

Le cyclo-taxiste roumain  qui affirme sous la Tour Eiffel que le tourisme ce n´est pas pour les Tsiganes, a son idée sur les  Roms. C´est normal, il vient de Roumanie... Mais que l´Africain, vendeur à la sauvette des souvenirs,  venant du fin-fond de l´Afrique, aurait un parti-pris contre les Roms?! Cela paraît bien peu probable... il n´a sans aucun doute aucune idée de ce que sont les Roms... Il sait simplement que ces ados, souvent encore des enfants, viennent lui casser son buisnes, lorsque, tels des  troupeaux de corbeaux, ils viennent détrousser les touristes innocents qui constituent sa clientèle et son gagne-pain. Alors, lorsqu´il les voit approcher, il vient vers eux et leur dit de déguerpir...

A qui la faute? Au Roumain, à l´Africain, au Français...?

 

jeudi 30 octobre 2014, Manifestation sur le Parvis des droits de l´homme                 

Place du Trocadéro / France Inter                

Le meilleur reméde – les études. Alors on déploie la banderole que Pierrot et les siens ont fabriqué la veille et nous l´ont livrée pile-poil, avec un superbe:    

 „KESAJ TCHAVE  - L´ECOLE DE LA RÉUSSITE DES ENFANTS ROMS“    

                                   

 

Comme ca, tout est évident, du moins pour ceux qui savent lire et écrire... On attaque les chants et les danses. Le micro de France Inter est là, tenu par Hervé Pauchon qui nous questionne sur tout et on lui dit tout, sans rien cacher. Que même les prétendus vauriens, voleurs, vandales, tsiganes, romanichels,... peuvent prétendre au bac.       

ET  ILS  VONT   RÉUSSIR  ! ! !            

Que ca se sache!

Un atroupement se forme vite autour de nous, il y  a pas mal de gens, on fait passer le message, on dit au micro: “aujourd´hui le temps de Pauchon c´est fini“ et il est temps de courir à l´

Olympia

 

l'émission du mardi 25 novembre 2014

Les enfants de la fée

                               l'émission du mercredi 26 novembre 2014

                           Y’a pas de fatalité !

 

KESAJ TCHAVE

c’est l’histoire d‘une troupe de chants et de danse folklorique, composée d’enfants tziganes et animée par le musicien Ivan Akimov, habitants d’ un village au pied des Tatras, à l’est de la Slovaquie.

Leurs tournées dans l’Europe entière engendrent un enthousiasme extraordinaire, leur joie débordante et communicative ! A tel point qu’un documentaire va être diffusé sur Arte.

http://www.franceinter.fr/emission-un-temps-de-pauchon-les-enfants-de-la-fee

 

Les enfants Kesaj étaient les 29 et 30 octobre en première partie du concert des Ogres de Barback à l'Olympia.

Sous la direction  d'Ivan Akimov et d'Hélèna Akimova, les jeunes ont enthousiasmés le public par leur spontanéité, leur dynamisme, leur énergie pendant toute la durée du spectacle .

Grâce à la recette du concert  le groupe peut poursuivre ses projets auprès des enfants tziganes de la région de Kezmarok, d'où vient la troupe. En particulier, le développement du lycée tzigane en Slovaquie, qu'ils ont créé grâce aux revenus des tournées. A découvrir ….

http://www.franceinter.fr/emission-un-temps-de-pauchon-y-a-pas-de-fatalite

 

 

Réactions des auditeurs

mardi 25 novembre 2014 à 17:25
Merci de vos émissions, je voulais vous le dire depuis en fait le début que je vous écoute, ça fait qq années!... Aujourd'hui c'est l'occasion car j'ai trouvé le sujet très instructif, c'est bien de faire connaître ce que font ces gens pour s'intégrer sans se renier. On parle sans cesse de tous les méfaits dont ils sont supposés être coupables, rarement on les met en valeur, jamais on ne cherche à se mettre à leur place, à étudier la situation de leur point de vue. J'ai remarqué qu'ils étaient singulièrement absents se tous les débats les concernant! Votre émission dure à peine 10 mn, c'est dire la place que laisse la société à l'expression populaire sur les medias! J'aimerais que votre émission dure une heure entière, et puisque notre ami Daniel Mermet n'est plus là pour nous dévoiler les dessous de notre sociétés et donner lui aussi la parole aux exclus des medias, j'aurais aimé que votre temps de Pauchon occupe ce temps d'antenne. C'est fini pour aujourd'hui mais on se retrouve demain! 
Mireille

 

 

Juste avant, un McDo vite-fait, pour ne pas faillir au menu de tous les jours, à la grande joie des troupes slovaques, Yepce doit  faire avec...

 

 

Jeudi  30 octobre 2014, Paris

K E S A J   T C H A V E

 

 

Et c´est la mise en place pour le deuxieme concert. Pas d´inquiétude, mais il est évident que ce n´est pas la même euforie débridée qu´hier,  la fatigue d´une semaine sur les routes est palpable et visible sur tous les visages. Tout le monde s´économise, se concentre...  puis c´est la ruée sur scène, et c´est pareil que la veille. Une déférlante, aucune trace de fatigue, au contraire, encore plus fou qu´hier. Sourires, rires, fou-rires... Et encore plus pour le deuxième passage apres minuit. La folie. Que demander de plus?

 

 

Les productions des Ogres sont une véritable machinerie de spectacle. Avec tout ce que ca comporte d´outillage, technique, techniciens, cuisiniers, etc. Habituellement, quand il y a beaucoup de monde, on trouve obligatoirement au moins un ou deux teigneux, pas cool... Là, rien. Tout le monde, tous sont, excusez-moi l´expression, „gentils“. Avenants, manifestement sans aucune mauvaise intention derrière la tête.  Au contraire, tout le monde se soucie que tout aille au mieux. Après près de mes quarante ans dans le métier, ca déconcerte...

Chapeau!

 

Les Ogres envoient une sacré sauce sur scène. Du métier. De l´art. De l´humain.Faut le voir pour le croire. Leur simplicité me stupéfait. Pareil pour la haute qualité de leur production artistique. De l´exploit. Tout en restant simple et cool.

Bravo!

 

 

Le groupe musical français les Ogres de Barback est sur scène depuis 20 ans (nous venons de fêter ça J). C´est une histoire de famille, deux frères et deux soeurs (et autour d´eux, un staf d´au moins 30 personnes). Ça fait un sacré bout de temps qu´ils sont ensemble, ils ont un sacré succès (troisième groupe français au niveau de la programmation), et ils sont toujours aimables, amicaux, pas prétentieux pour un sous... Selon toute évidence tout va bien entre eux, ils ne s´engueulent pas, ne se chamaillent pas pour le fric... Là aussi, on voit qu´ils sont heureux d´être ensemble, et ce malgré les 8 mois de tournée intensive qu´ils viennent de se taper. C´est rare. Et précieux. Dans le show-biz, et tout compte fait c´est valable pour toutes les branches d´activités professionnelles, ce n´est pas courant de rencontrer un tel exemple d´entente humaine, simple, claire, normale. Il n´y a pas de lézards... Ici, personne ne joue au chef, personne n´a besoin de se la jouer... ils jouent juste de la musique. Et de la bonne...

Et ils aident les autres. Les enfants en Afrique, les musiciens en Asie... Ils nous ont aidé. Ils sont venu chez nous à plusieurs reprises pour participer à nos Festivals Interbidonvilles Akana me. Ils n´ont pas demandé de cachet, ils sont venus sur leur propres fonds. Ils se sont tapé un match de foot au bidonville de Rakusy. Après le premier but le ballon est passé à travers les filets inexistants, et a disparu dans la foule. On n´arrivait pas à le récupérer. Il s´est évaporé dans la foule. On n´en avait qu´un, et nous étions malheureux de devoir arrêter un si beau match: Rakusy contre le reste du monde! Heureusement que Lubko (le caïd de la colonie) est intervenu et le ballon est réapparu, Rakusy ont gagné devant le monde entier 9:2. Ca aurait été domage de rater ca!

Est-il possible d´être bon, amical, humble, non prétencieux aussi à Rakusy? A Lomnica? Dans les bidonvilles? Entre les Roms? Ne pas se disputer, maudire, ne pas jouer au plus fin, au chef... juste jouer de la musique? ....Est-ce concevable? Que faut-il pour y arriver?

       

                                     

 

Le couchage au centre d´hébergement Daniel Renoult est parfait. La Classe. C´est aussi le résultat d´un long parcours, parfois de combattant, que nous avons traversé à Montreuil. La Municipalité nous a permi de profiter de ses instalations, nous sommes passés des matelas du gymnase au lits douillets du gite municipal. Nous considérons cela aussi comme une marque de reconnaissance de tout le travail qui a été mené au cours des années ici. Nos sincéres remerciements.    

 

       

vendredi 31 octobre 2014, spectacle avec  Hugo Feron  à Tomblaine

https://fr-fr.facebook.com/hugo.feron

Le dernier jour de la tournée se passe sur la route pour Tomblaine, où nous sommes attendus pour un concert en soirée avec  la participation de Hugo Feron, avec le quel nous avons enregistré un titre sur les paroles écrites par son père, Hervé, qui est aussi maire de la ville. 

 

 Il était le premier à nous acceuillir en spectacle, par l´intermèdiaire d´Annie Huvet, en 2003, et depuis, nous n´avons pas arrêté. S´il n´y aurait pas eu ce départ presque fortuit, il n´y aurait pas eu tout le reste. C´est dire, avec quelle  émotion nous venons ici, sachant que l´on peut revenir quand on veux...  

 

Le spectacle se passe très bien, on s´en fiche de la fatigue, le plaisir est là, on le prend et on en donne. 

 

       

 

 

Les soutes du bus sont pleines de vêtements que Monique nous a livrés à une sortie d´autoroute vers Reims. On trace, juste qques arrêts indispensables, et en fin de journée, samedi, nous arrivons à Kežmarok. Ambiance super, comme à l´Olympia. Riches d´émotions et d´expériences. Prêts à recommencer, à partager...   

 

Arte vient de diffuser le reportage de  Yann Le Gléau et Sébastien Mesquida de What´s Up Production.

Yann et Seb ont fait un boulot formidable, ils ont réussi d´emblé à parfaitement intégrer notre groupe et à comprendre de quoi il était question, d´en référer, correctement, honnêtement, sans la moindre trace de voyeurisme ni d´exotisme. Au contraire, leur témoignage est plein de respect, d´empathie, d´amitié.

 

Le montage était coriace, faire le bon choix dans tout le matériel filmé n´était certainement pas évident, il y a plein de passages qui ne sont pas passés, et pourtant ils étaient très sympa, Pareil pour l´Olympia, le tournage était scrupuleusement circonscrit, aucun dépassement n´était envisageable. Et carrément, des épisodes entiers de l´aventure du voyage ont du être supprimés. C´est la loi du genre et du minutage...

Pour nous c´est toujours un dilemme de savoir jusqu´à où nous pouvons aller dans notre incursion dans l´intimité de ceux qui nous entourent. Est-ce qu´on doit tout montrer, tout dire? En même temps nous avons besoin, tous, de parler, de vider notre sac, de partager les plaisirs et aussi les souffrances... et avant tout, nous voulons pointer des problèmes réels, qu´il ne faut surtout pas cacher. Les protagonistes principaux du document nous sont familiers depuis leur tendre enfance, nous sommes dans un rapport de confiance construit de longue date. Nous considérons que leur histoire c´est aussi la nôtre, nous avons une histoire un commun, et si nous avons décidé de la porter au vu et au su du public, c´était d´un commun accord, en sachant où nous allions. Yann et Seb ne nous ont pas trahis là-dessus, leur travail allait dans le sens de notre engagement, à aucun moment ils n´ont cherché autre chose que de nous donner la parole, comme nous l´entendions.

La visibilité qu´apporte Arte est formidable. Au delà des aspects personnels liés à cet événement, il y a l´aspect du rapport à la communauté rom qui est au centre de cette aventure. Les Roms par les Roms. Nous avons pris le choix de référer de notre histoire, pour  s´ouvrir, ne pas rester enfermé. A notre sens, l´isolation, l´enfermement, le repli sur soi est un des problèmes majeurs de toutes les communautés en marge, les Roms n´en sont pas exception. S´il y a une chose que Kesaj Tchave essaie humblement, modestement, de démontrer, c´est qu´il est tout à fait possible de s´ouvrir au monde, de l´accepter en étant accepté, de s´y épanouir, tout en ne reniant ni ne perdant rien de ce qui constitue l´identité rom, tsigane. D´ailleur celle-ci est par définition en constant devenir, en voyage... nomade, jamais la même et toujours et partout  pareille... du moins tant que l´on a affaire à des gosses, des tchavés, qui eux, sont vraiment partout pareils... ensuite, les adultes, eux ca leur arrive de faire du cinéma... nous, on n´a fait que du documentaire ...:))

 

...et, tous nos remerciements  à  Arte de nous avoir ouvert ses portes

 

https://www.flickr.com/photos/romaingibierphotographe/sets/72157649048593481/

https://www.flickr.com/photos/romaingibierphotographe/sets/72157649064645462/

MERCI

 

30 octobre 2014, Paris, Les Ogres de Barback ont 20 ans

Les 20 ans des Ogres de Barback à l'Olympia, je m'en souviendrais! Un concert exceptionnel, unique en son genre, inclassable, pour tous les goûts, pour toutes les générations, dans des ambiances tout le temps changeantes, captivant du début à la fin. Je ne sais pas quelle impression retenir précisément, entre les chansons pour enfants et par des enfants, des chansons françaises de grands parents, des chansons tristes, tendres, calmes, puis la chorale de cuivre Eyonlé du Bénin, la rue Kétanou, et surtout la troupe de danse rrom de Slovaquie, Kesaj Chavé au final ! C'était juste époustouflant, drôle, agréable aux oreilles et aux yeux, plein de passion, de révolte, d'énergie, de jeunesse et de tendresse.
Avant, je revenais à pied de la manifestation des burkinabé-e-s fêtant la chute de leur dictateur détesté, très concentré sur cette victoire, et je suis arrivé à l'Olympia, où j'ai été pris dans une chaleur tropicale tout à fait parisienne.
Les ados de Kesaj Chavé étaient surexcité-e-s, ils et elles ont finis par exploser la chose de leur folie spectaculaire! Il y a eu le n'importe quoi le plus génial que j'ai jamais vu et entendu! sans aucun rapport avec les belles danses des rroms qu'ils et elles auraient pu nous montrer, juste un concentré de couleurs, de gesticulations impudentes et de bonheur ! à réveiller Guy Debord de sa tombe !
Après, à peine guéri d'un rhume, à la fin de plus d'un mois sans repos, j'étais épuisé... je me disais que je n'arriverais pas  à me lever pour aller au Père Lachaise le lendemain, à l'inauguration de la stèle de la mairie de Paris en souvenir des victimes du génocide des Tutsi du Rwanda. Je savais que les Ogres s'intéressaient au Rwanda, à la vérité et à la justice après le génocide, mais je n'y pensais pas, je me disais juste que si j'avais retrouvé de l'énergie grâce au concert, alors je devais l'utiliser pour me lever lendemain. Tant et si bien que ma fatigue disparut.


 

Régis Marzin 

 

Sujet:

Invitation presse Regis - Ogres de Barback Olympia - 30 octobre

Date :

Sat, 20 Sep 2014 00:16:22 +0200

De :

Régis Marzin 

                          

     

 

Prešovský Večerník, mercredi, 26 novembre 2014

Ce dimanche, à dix heures, se produira dans la Concathédrale de St. Nicolas Ivan Akimov avec son ensemble, en tant que ´invité durant les Fêtes de la célébration de St. Nicolas. A la fin il présentera un court programme spirituel. Dans leur interprétation nous entendrons aussi l´hymne de la concathédrale, le Saint Nicolas. Il est à souligner que cette oeuvre a à ce jour dix sept traductions, parmi les plus récentes en langue des Philipines et en japonais. La soeur Stellamaris et l´association Magis peuvent se réjouir de les voir se produire devant leur stand  cet après-midi.

Ivan Akimov, avec son ensemble, viennent de rentrer récemment de Paris, où ils se sont produits dans la prestigieuse salle de l´Olympia, ce qui est le rêve de nombreux artistes. „Le point culminant de notre séjour était la production à l´Olympia, et ce, deux fois à la suite. Les concert était très, très réussi.  Je pense qu´à la différence des autres tournées, et nous en avons à notre actif plus de soixante, cette fois-ci  le mental a joué un rôle primordial. Pratiquement tous les participants sont  en même temps des étudiants de notre lycée. Nous avons ensemble passé en détail tous les aspects de la production dans une salle aussi prestigieuse que celle de l´Olympia. C´est très important pour les Roms, pour la Slovaquie, pour les bidonvilles des quels viennent tous nos membres. La présence de  TV Arte ne faisait que renforcer ce sentiment de responsabilité, puisque le reportage sur la tournée sera diffusé non seulement dans toute l´Europe, mais grâce à TV5 International aussi sur tous les cinq continents. Durant notre séjour nous avons aussi organisé une manifestation sur l´Esplanade des Droits de l´Homme, au Trocadéro. Nous voulions interpeller l´opinion public sur le fait que même les Roms en provenance des milieux très précaires peuvent prendre leur destin en main et s´engager sur la voie des études... „Que ce n´est pas forcément évident prouve aussi le fait que lorsque les vendeurs africains de souvenirs ont vu débarquer nos jeunes sous la Tour Eiffel, ils croyaient que nous étions une bande de voleurs organisée, et ils voulaient nous chasser...“ décrit Ivan Akimov une de leurs nombreuses aventures parisiennes.

Par ces mots, on peut se faire une idée  de qui est Ivan Akimov. Un artiste qui a décidé de montrer aux Roms, que l´on peut vivre aussi diféramment. „Oui, ceci est aussi une de nos aventures de  la Tour Eiffel. Ça ne sert à rien de pleurer. C´est comme ça, des bandes similaires existent, bien que pas exclusivement roms... Nos jeunes ne peuvent rien faire d´autre, que de regarder la vérité en face. Si nous voulons changer quelque chose, il faut commencer par soi, bien travailler à l´école, ne pas traîner, ne pas chercher sans arrêt des excuses. Bosser dur. Ça aussi, c´était le sens de notre voyage à Paris et à l´Olympia. Avec ça nous avons encore réussi à visiter l´Exposition de l´Art contemporain rom à la Fnasat, faire deux interventions sur les terrains, dans les campements ilégaux autour de Paris et un concert à Gent, en Belgique.“ Ajoute Ivan Akimov

Le groupe Kesaj Tchave a toujours un programme bien chargé. La semaine dernière ils se sont produits à Prague, avec l´Orchestre symphonique tchèque. „Nous sommes heureux de pouvoir nous produire à Presov, pour la Saint Nicolas, d´autres projets nous attendent l´année prochaine. Mais le projet principal c´est l´école et le bac,  tout le reste passe après,“ dit Ivan Akimov. 

 

Cette tournée a été réalisée en partenariat avec le Ccfd, et aussi grâce au soutien de nombreux amis, de longue date, ou tout nouveaux-venus dans l´aventure Kesaj. 

A vous tous, un grand  m e r c i                                                    

                                 

 

 

http://info.arte.tv/fr/roms-en-slovaquie