Mondial´Folk

 
 

 

 

Monsieur l’Ambassadeur,

Notre Festival mondial de folklore recevait au mois d’août dernier un ensemble folklorique de votre pays : le groupe "Kesaj Tchavé", constitué de 25 jeunes de 8 à 16 ans, originaires de Kezmarok en Slovaquie orientale, plus précisément de la rue Hradna.

Depuis plus de 20 ans, anous avons accueilli près de 8000 artistes amateurs et professionnels de toutes les régions du globe. Si aujourd’hui je vous fais ce courrier c’est tout simplement pour vous dire que jamais dans notre histoire nous n’avons connu une émotion aussi intense qu’avec ces jeunes Tziganes. Pour vous décrire la semaine magique que nous avons vécue, je reprendrai les termes de l’un des nombreux articles de presse parus suite à leur passage dans

notre festival :


« Quand le coeur devient Tzigane… Le passage de "Kesaj Tchavé" (Slovaquie) au Mondial’Folk restera gravé très très longtemps dans la mémoire du festival. Couleurs flamboyantes, tours de jupons effrénés, énergie explosive, les enfants tziganes de Slovaquie nous ont tous retournés comme des crêpes. Nés dans la rue, Ivan les a recueillis avec son épouse et en a fait la troupe Kesaj Tchavé, la fée des enfants. Une heureuse spontanéité, une joie de vivre incroyable et l'âme tzigane dans chacun de leurs chants : moins de deux minutes en leur compagnie et la gorge se serre, le coeur explose, une émotion intense s'empare de vous. Ces mômes, ils ont le visage rayonnant et leurs voix d'enfants percent la musique de la balalaïka d'une manière déchirante. Leur spectacle : de l'improvisation et surtout, surtout, de la vie. Xavier se souviendra longtemps de sa petite équipe, lui qui les accompagnait à Plozévet. Leurs adieux sur la place Henri-Normant en disaient long sur les moments de bonheur partagés. Les larmes roulaient sur ses joues et sur les joues des enfants. Les yeux des Plozévétiens, en bas de la scène, étaient humides, eux aussi. Il est des rencontres comme ça, furtives, éphémères, tellement précieuses. Une chose est sûre : le coeur des Plozévétiens sera désormais toujours un peu tzigane." 


Et que dire de Ivan Akimov, leur dirigeant certes mais surtout à la fois leur père et leur grand frère… si ce n’est un personnage exceptionnel. C’est une image extraordinaire de la Slovaquie qui nous a été donnée.
Je vous demanderai de féliciter et d’encourager officiellement la démarche et le comportement de ces représentants de votre pays.

J'ai l'honneur, Monsieur l'Ambassadeur, de présenter à Votre Excellence l'expression de ma très haute considération.

 

Pierrot Bosser

Président du Festival Mondial´Folk de Plozévet

2005

 

MONDIAL´FOLK  2005

                                                      18 au 23 aout 2005

20 aout

Plozevet – Soirée tzigane, place Henri Normant, 21h35, 60´

                  tournage clip

21 aout

Plozevet – Défilé des nations, 13h30

Plozevet – Panorama 2005, 16h30

Plozevet  - Triomphe des sonneurs, 18h30

22 aout

Plozevet – Pot de l´amitie, place Henri Normant

Plozevet – Gala „ Matinée mosaiques du monde“, salle Henri le Moal, 16h40, 35´

Plozevet – Gala  „Soirée mosaiques du monde“, salle Henri le Moal, 22h40, 35´

23 aout

Plozevet – Apero – concert, départ de la randonée chantée, place Henri Normant, 10h30

                  Final au café du coin...des larmes plein les yeux...

 

 

Plozévet 2015

Plozévet est le point culminant de notre aventure d´été. Le Festival Mondial´Folk, par la voix de son président, Pierrot Bosser, nous a invité et organisé toute la tournée, avec toutes ses étapes et partenaires.  Autant dire, que c´est une grande responsabilité et un grand engagement de leur part en notre faveur. Il va de soi, que nous voulons être à la hauteur et ne pas décevoir nos amis. Oui, des amis de longue date, puisque nous sommes déjà passé chez eux il y 10 ans, en 2005. Et c´était une expérience extraordinaire, avec des souvenirs hors normes, qui nous ont marqué pour la vie. A l´époque, c´était une des premières grandes sorties du groupe, tout le monde découvrait pour la première fois le grand monde, l´océan, la France, et à Plozévet nous avons fait des rencontres inouïes, inoubliables. A tel point, que lors du départ tout le monde était en pleurs, pas juste quelques gouttes au coin de l´oeil, mais des torrants de larmes, tous, nos gamins, les organisateurs, les grands, les petits, étaient pris par une sorte de chagrin collectif de se quitter, et lors du défilé final à travers la petite ville, n´avaient pas assez de mouchoirs pour sécher toutes ces larmes de crocodiles. Les Roms, et les enfants de surcroît, sont très émotifs. L´émotion surgit, on ne sait d´où, elle se répend, prend tout le monde, et c´est parti, les Bretons n´étaient pas en reste. A l´époque les journaux tiraient: „...nos coeurs vont rester un peu tsiganes maintenant“.

Et c´est vrai, puisque dix après, nous nous sommes retrouvés, pareils, les mêmes, même si d´autres gosses étaient là, puisque plus personne de l´ancienne équipe n´était plus dans le groupe, tous ont des familles, enfants. De nouveau, des appréhensions pour ne pas décevoir, pour être à la hauteur de ces souvenirs remplis d´émotion. Mais aucun souci, tout était pareil, le spectacle, l´émotion, le plaisir d´être ensemble. J´étais aussi heureux de constater que les plus jeunes, Matej, Jakub, qui allaient maintenant sur leurs 15 ans, et de ce fait étaient moins spontanés qu´avant, ils étaient plus intériorisés, plus adultes, eh bien au fil des jours que la tournée avançait, ils redevenaient des jeunes, des gosses qui savouraient à  pleines dents leur temps d´enfance, que manifestement, au pays, ils ont depuis longtemps quitté. Ils n´arrêtaient pas de rigoler, de chanter, de s´éclater, de faire mille et une blagues, de mettre de l´ambiance. Tout le plaisir de la vie, qu´ils savaient parfaitement partager, généreux, souriants comme avant.

Cette métamorphose se voyait aussi sur les physiques. Tout le monde a pris du poids. Une restauration normale, saine et régulière a portée ses fruits, et les carences nutritionnelles dont souffraient certains étaient effacées par des joues bouffies et des pantalons et jupes qui devenaient tout à coup trop serrés, ca craquait de partout. Ça, c´était une preuve par quatre, qu´il y avait du positif, quoi qu´il arrive! Mais, heureusement, aucun désagrément majeur n´allait ternir notre villégiature, la tournée a basculée dans sa deuxième moitié, et comme au début nous n´en voyons pas la fin, nous commencions maintenant à nous apercevoir que nous approchions de la fin, et nous aurons aimé prolonger encore un peu ce plaisir d´être ensemble et le partager avec notre public.

Nous avons été rejoint aussi par Dushko et Joana, des anciens, qui assuraient, de par leur ancienté,  une autorité d´appoint non négligeable et nous secondaient efficacement dans la marche de la troupe de tous les jours. Pareil pour Jenica et Cassandra, deux jeunes roms roumaines du 93, leurs présence était bénéfique tout autant pour nous que pour elles. Nous avons aussi retrouvé à  Plozévet des amis martiniquais du Ballet Pomme de Cannelle, que nous avons côtoyés il y 9 ans, lors du festival aux Saintes. Nous avons passé un mois ensemble à l´époque, logés dans le même bâtiment. Des liens très forts se sont tissés à l´époque.  A tel point, qu´après tout ce temps, ils nous demandaient ce que devenaient David, Viktor... il se souvenaient encore du noms des gamins qui les avaient tant marqués alors. Quelles retrouvailles!

Le Festival Mondial´Folk, marquait le début de la fin de la tournée. Il y avait encore la route du retour, avec une halte à Haguenau, mais on sentait que irrémédiablement tout cela allait prendre fin et c´étaient les derniers moments de communion que nous vivions ensemble. Pierrot Bosser était aux petits soins pour nous, ainsi que toute l´équipe des bénévoles, des amis de la région parisienne nous ont rejoint, Laurent Ott de l´association Intermèdes, et Vincent Sarfat du Château de Buno n´ont pas hésité à faire des km pour nous rejoindre sur la fin du festival. Pareil pour Cécile de Yepce, qui nous a donné un sacré coup de main en rafistolant avec sa machine à  coudre presque tous les costumes qui ont senti passer  les 6 semaines de spectacles, et ne tenaient plus debout...

Notre contact avec le public est exceptionnel, les gens nous connaissent, se souviennent de notre passage il y a 10 ans, tous ont vu le reportage d´Arte, tous n´ont que de bonnes intentions à notre égard. Notre action est soutenue à l´unanimité, on est vraiment comme chez soi... ou mieux, car chez nous ce n´est pas, et de loin, aussi bienveillant. Le départ de Plozévet n´était plus en pleurs comme il y a 10 ans, on a tous grandi, mais l´émotion était là, on savait que l´on quittait des amis chez les quels nous pouvons revenir même après 10 ans.

 

 

Plozevet

Mondial´Folk 2005