Rudolstadt Festival

 
Le Festival de Rudolstadt est parmi ce qu´il y a de plus ancien et prestigieux en terme de festival de l´ethno-musique, ou world music. 
 
Son histoire date encore d´avant la Chute du Mur, déjà en DDR, République démocratique Allemande, le festival prenait ses marques comme haut lieu de résistance et dissidence.
 
Après les événements de 1989, le Festival continue de plus belle, et au fur et à mesure que les années passent, acquiert une véritable renommée internationale, devenant le lieu incontournable de tout ce qui touche à l´éthno et au world sur le continent européen et même au-delà...
 
Lors de notre passage, en 2016, c´est un lieu consacré, au top de sa gloire. Plus de 100 000 spectateurs (il pourrait y en avoir plus, mais la capacité de la petite ville ne permet pas de dépasser ce chiffre). Plus de 130 groupes du monde entier à l´affiche. 
 
Et dans tout ça, Kesaj Tchave, avec une place plus qu´honorable, puisque participant direct au projet phare du festival - Arche de Noah reloaded.
 
Et le mieux dans tout ça, est que nous avons pas déçus les espoirs des organisateurs, et par les réactions du public et des médias, nous étions consacrés surprise du festival...
 
 
 
 
 
 
 
a la 40-iéme mn, extrait de "Arche Noah reloaded":
 
 
 

 

 

Kolozal

Le festival était colossal. Kolozal, pour être plus précis... C´est le plus grand dans son genre (ethno-world) en Europe, il date encore de l´époque communiste, dans le temps c´était un haut lieu de la dissidence, et il a gardé de sa superbe encore de nos jours. Un côté non conformiste assumé, un peu punk, non conventionnel. C´est en grande partie grâce à son directeur, Bernhard Heinken, qui nous a contacté il y a un an, après avoir vu notre reportage d´Arte. Le premier, d´il y a 3 ans. Il y avait plus de 100 000 visiteurs, et il pourrait y en avoir plus, mais la petite ville ne pouvait en contenir un plus grand nombre.  Avec 130 groupes du monde entier, des grands noms de la scène internationalle, des stars, des inconnus, des pygmés de la jungle tropicale, des... du tout de tous les continents, et nous. Nos prestations sont très appréciées. D´autant plus que, le reportage d´Arte aidant, il a été rediffusé il y a une semaine, en Allemagne aussi, toutes les 5 minutes des gens nous reconnaissent dans la rue et nous félicitent. Et puis, dans un festival de musiques éthniques, nous apportons une éthnicité dynamique, énergique, communicative... les gens aiment. Adorent.

Nous avons joué la première de l´Arche de Noah relloaded à guichets fermés, devant cinq mille personnes, sur la scène principale. Elle était retransmise en direct par les trois plus grandes radios allemandes. Malgré tout le travail en répétitions, le défi  était de taille. A vrai dire, personne ne savait vraiment où on allait,  ce qu´on allait jouer. Mathias peut-être, mais ce n´était pas vraiment certain. Finalement nous intervenions tout au long de la pièce, et heureusement, car sinon cela aurait eté un peu monotonne et longuet. Mathias a tout basé sur les mélopées orientales et sur les rythmes africains, avec des envolées vers le  free jazz lors de ses interventions au cor alpin.  Ca n´en finissait pas... Nos collègues étaient très performants, mais dans l´ensemble n´étaient pas orientés vers une conception scènique de la production  musicale. Tout le contraire de notre approche. Nous nous sommes moulus dans les musiques qui étaient imposées, le naturel tsigane aidant, nos jeunes ont spontanément adoptés les rythmes et les danses burkinabées, et le tout donnait cette impression tant souhaité et chérie, que nous sommes tous nés dans un même chaudron musical et que le multiculturel n´avait aucun secret pour nous. Toutes les années de nos expériences de scènes en tout genre, tout le travail d´improvisation et aussi de discipline, de rigueur, de contact avec le public a pu être mis à profit lors de cette performance. Honnêtement, je ne vois pas comment un autre groupe, moins expérimenté aurait pu relever ce défi, et passer des obstacles dont les autres n´avaient même pas  idée, puisqu´ils ne sont que des musiciens et pas des artistes de scène dans le vrai sens du mot. Mais cela, les organisateurs ne pouvaient pas le savoir, et je suis sidéré de voir les risques qu´ils ont encourus en se lancant dans ce projet. Mais tout c´est très bien passé, et c´était un gros succès, standing ovation, rappels, la gloire.

Le reste du festival s´est très bien déroulé, nous avons encore quelques spectacles solo, que du Kesaj. Cela permet enfin aux autres formations de l´Arche de nous découvrir véritablement, et nos nouveaux collègues, dont ceux, qui nous regardaient de haut encore récemment, ne sont pas peu surpris...  Nous participons encore à une émission radio en direct, donnons des interviews, profitons de cette gloire éphémère mais non moins agréable pour ca, cela fait du bien d´être reconnu de temps en temps, de voir pris en considération tout le travail et les efforts déployés  par tout notre collectif. La rencontre avec Peter Doruzka, un gourou du monde des medias world ethno, nous donne, un mois plus tard, cette définition de notre groupe, qu´il a publié dans un super article du Rock&All magazine, lors d´une interview avec nous : "Le spectacle, bourré d´énergie, avec 35 personnes sur scène, est  grâce à l´absence du moindre semblant de pathétisme, l´opposé exact d´une chorégraphie folklorisante, tout se passe dans un tempo étourdissant à la limite des possibilités humaines." Nous n´en demandions pas plus...