2020

31 janvier  2020 - Bal a Aqua City, Poprad
 
4 avril 2020
 
Aujourd´hui à midi, nous devrions arriver à Paris. L´apres-midi était prévue une visite de la Tour Eiffel, ensuite un MacDo et puis dormir dans un Formule 1. Le dimanche un spectacle à la Guinguette de l´Héron Carré à Angers, et lundi nous étions attendus à  Brest, la haut, complètement au bout du monde, pour nous, venant du Centre de l´Europe. Nous allions être reçus par nos amis du Lycée Fénelon, qui nous ont préparé depuis plus d´un an un magnifique programme. Des spectacles dans des super salles, un hébergement de première, des rencontres, des découvertes, et avec ca une visite de l´Océanium et une sortie en mer sur un vrai bateau. Tout cela était prêt déjà depuis longtemps, soigneusement mis en place dans le moindre détail, grâce à un engagement hors pair de nos hôtes, qui durant des mois ont préparé ce séjour et ont travaillé d´arrache pied sur ce projet. Les bulletins étaient imprimés, des articles de presse ont été publiés, des films ont été projetés, des expositions organisées, et avec ca des ventes de crêpes, des collectes... bref, toute une montagne de travail pour réaliser le séjour de notre groupe, afin que nous puissions nous présenter devant le public français et que nous puissions mieux faire connaissance avec nos amis et partenaires du Lycée Fénelon, avec les quels nous ne sommes rencontrés que très brièvement l´année dernière lorsque nous avons manifesté ensemble sous la Tour Eiffel. C´est comme ca que ca aurait du se passer. Et il n´en est rien. Nous savons tous très bien pour quoi. Ce qui était vrai il n´y a qu´un mois, ne l´est plus, nous devons faire face à une nouvelle réalité qui dépasse l´entendement. Rien n´est plus comme avant, on ne sait pas de quoi sera fait le lendemain. Mais quand-même, une chose reste. Si nous arrivons à surmonter toutes ces difficultés, ce ne sera que grâce à la solidarité, au sens de l´entraide, de l´amitié, qui sont les fondements de la condition humaine. Nos amis de Brest nous l´ont prouvé en s´investissant dans ce projet, pour nous, sans pourtant nous connaître plus que ca... Nous leur en sommes infiniment reconnaissants. Même si nous n´avons pas été jusqu´à Brest, pendant les 6 mois qui se sont écoulés, nous avons pu nous préparer, travailler, répéter, surmonter des obstacles, pour être prêts au départ le jour J. Pendant tout ce temps nous avions un but, une motivation, une espérance. C´est déjà beaucoup. Merci pour tout cela.. Un vieux adage dit que le chemin est plus important que le but du chemin... Mais trêve de philosophie. On se lave les mains, on porte les masques ou les foulards, bien sur on continue à bosser les claquettes, bref, on fait tout pour se retrouver un jour! (Helena ajoute aussi qu´il faut continuer à étudier) A bientôt !
 
 
 
13 avril 2020
 
Chère Soazig, chers amis du Fénelon,
 
voici une semaine vide, qui aurait du être pleine à ras-le-bord, qui vient de s´écouler... On aurait du partir à l'autre bout du monde, et on est resté sur place. C´est la première fois que cela nous arrive. Maigre consolation, cela permet de prendre la mesure de ce qui nous arrive d´ordinaire, lorsque nous partons en tournée. Nous le savions, mais le vide des jours confinés, le fait pointer que plus catégoriquement - les tournées sont formidables! Elles compensent le confinement  chronique que subissent les Roms des bidonvilles à  la longueur des années. Pour ces jeunes, c´est toute leur vie qui est en confinement, enfermés sur eux mêmes,  dans leurs communautés, a l´écart de la majorité, de la vie "normale"... Je ne veux surtout pas porter de jugement, ni chercher de coupables, les choses sont bien plus compliquées que cela... 
Toujours est-il, que les deux décennies que nous avons passé à nous échapper temporairement, le temps de faire quelques spectacles et revenir au point de départ, ont offert à chaque fois aux jeunes un "déconfinement" grandeur nature, réel, et qui de plus est, à dimension humaine. Et c´est cela que vous avez voulu nous offrir. Vous avez rejoint la cohorte des sympathiques bénévoles, volontaires, capables de s´investir sans compter pour que des inconnus du  bout du monde puissent, ne serait-ce que quelques jours, prendre part à  notre paradis occidental, réaliser une part d´un rêve qui pour eux dépasse l´entendement. Notre aventure n´est possible que grâce à des gens comme vous, généreux et profondément humains, pas de paroles ni discours inutiles, des actes, des actions concrétes. Cet engagement humanitaire, que vous mettez en oeuvre en toute simplicité, sans la moindre idée d´une récupération quelconque, m´ébahi, je ne comprends pas.... Nous, ici à  l´Est, qui avons voulu construire des paradis avec des lendemains radieux, nous nous retrouvons avec vous, des occidentaux, qui mettez ces paradis en pratique, qui de plus est, pour des parfaits inconnus pour vous, le méritent-ils au moins...? 
En général, lorsque nous repartons chez nous après un intense séjour, nos hôtes nous disent que reste derrière nous un vide, silence, plus de chansons, plus de rires... Cette fois-ci le vide est là, sans même que l'on ne soit venus. Un vide qui reflète une réalité que personne de nous n'aurait pu supposer il n'y a pas si longtemps de cela. Je suis peiné, désolé pour vous. Vous avez fait votre "travail", a la perfection, et vous n'avez pas pu en goûter les fruits. Tous ceux que j'ai rencontré à Brest, se sont énormément investis, ont beaucoup donné, ont été prêts, aptes, a échanger, a recevoir, et hélas, n'ont rien reçu. 
Brest, Fénelon, évoquent pour moi entre autres cette exposition de photos de notre groupe dans le  ‎vestibule du lycée, a 2 500 km de chez nous... Insensé !   Et tout était fait pour que l'on vienne en vrai, s'il n'y avait pas eu cette saleté microscopique. Quelques nanomètres ont eu raison de nos kilomètres...
J' espère que vous pourrez tirer quand même quelque chose de positif de cette expérience. Qu'elle vous a permis de vous rendre compte que vous êtes de sacrés battants, capables de relever des sacrés défis, et de les remporter... prêts à donner, a partager.
Nous vous sommes infiniment reconnaissants pour tout ce que vous avez fait pour nous. Nous vous souhaitons de passer cette période difficile le plus rapidement possible et sans dommages, que la vie puisse reprendre le plus vite, que vous puissiez profiter de la vie et en faire profiter les autres.
Amitiés 
Ivan, Helena et les Kesaj Tchave
 
 

Le samedi, 13 juin 2020, nous avons eu la première répétition majeure après de longs mois de confinement suite à la crise du coronavirus. Pour la première fois de mémoire du groupe il y a eu une si longue pause. Trois mois, trois mois, du mars au juin, sans répétitions, sans spectacles, sans tournées. La sortie à Brest, prévue et prête dans tous les détails pour le début avril a dû être annulée. Durant tout ce temps nous n´avons pas pu nous rencontrer, pas plus que répéter, les contact s´est réduit aux coups de fil, messages sur les facebook, et des rencontres furtives avec quelques uns pour résoudre d´éternels problèmes existentiels de tous les jours…

 

La répétition du samedi 13 juin était avec la participation des jeunes de Rakúsy et Výborná, dont plus de la moitié des nouveaux. Les anciens, plus expérimentés, de Lomnica n´étaient pas là. Et malgré cela, tout a été en place. Uniquement avec l´accompagnement de la balalaïka et du cachon, tout déménageait comme d´habitude, les tempos, les arrêts, les reprises, les sauts, les claquettes, les virevoltements, les gueulements… rien ne manquait à l'appel pour une prestation digne de ce nom, même si ce n´était qu´une répétition. C´est là, eh oui, au moins de temps en temps, en temps réel, et en vrai, nous voyons les fruits de notre travail. Un travail qui s´étend sur des années, sur deux décennies. Ces fruits, c´était le rythme, la précision, la discipline, et comme toujours, un investissement hors norme. Sans oublier le plaisir et la joie... Les maillots sont archi trempés, la salle des répètes balayée, on peut rentrer.

 

 

EĽRO 11 juillet 2020

La dernière édition en date du Festival, celle du 11 juillet 2020 était particulière. Du fait de la situation exceptionnelle due à la pandémie, la manifestation n´a pas pu avoir lieu dans sa forme habituelle, il était impensable de réunir des dizaines de milliers de visiteurs sur un périmètre aussi petit, alors les organisateurs ont opté pour une mini représentation du festival, juste avec des groupes locaux et pour un public très restreint. Nous fûmes invités, et volontiers nous avons participé à l'événement. Puisque c´était un festival "maison", autant venir en nombre, nous étions pas loin de la cinquantaine... Les foudres de Helena étaient assurées... Et pas que celles de Helena. Le ciel s´y est mis tout aussi, et nous avons dû attaquer notre prestation sous une pluie battante. Heureusement, la scène était couverte, et l´absence du public ne nous a pas dérangé le moins du monde. Comme à l'accoutumée, nous avons envoyé une "sauce" d'enfer, et il a fallu que la foudre vienne obliger les organisateurs d´interrompre la production. Il y avait quand même quelques vaillants et téméraires spectateurs qui ont tenu avec nous jusqu'au bout, ils étaient ravis, tout comme nous, on a passé une excellente après-midi... Singing in the rain.

28. aout 2020

 Un petit village, au fin fond de la Slovaquie orientale, avec un penchant très prononcé pour le folklore, des habitants charmants, un décor champêtre comme il se doit, et un festival très réussi, malgré la réalité virale hélas prononcé par les jours qui courent... Nous étions 43, petits et grands, avec beaucoup de nouveaux qui sont montés pour la première fois sur scène. Une très bonne impression.

En ce qui concerne le folklore interne, Roman (joueur de claviers, indispensable a la production) est allé jouer a un enterrement, et bien entendu, il ne s´est pas présenté au départ comme il l´avait promis. Dusko, qui a été la par le plus grand des hasards l´a remplacé au pied levé, malgré sa main droite qui était encore dans une attelle suite au grave accident de voiture qu´il a eu il y a deux semaines. Banal en apparence, mais colossal en ressenti interne, un incident, qui traduit une réalité de rapports sociaux  déféctueux, délétéres, inexistants en somme... que nous n´arrivons pas a infléchir. Nous soutenons Roman dans tous les coups durs, et Dieu sait, que ce n´est pas ca qui manque, en plus nous l´accompagnons dans ses déboires depuis une bonne quinzaine d´années (donc depuis ses cinq ans), malgré ca, il faillit pour une raison complétement futile, malgré que dans le groupe il y a actuellement ses deux petites soeurs, ses deux freres, et une flopée de cousins et cousines, sans parler de tous les copins et copines...