Début de l´année
Cette année commence un peu comme a fini la précédente. La fin de l´année n´a pas été brillante, nous étions constamment sous le coup des coups de sort pas très heureux de Roman, fin décembre on s´est souhaité les Meilleurs vœux pour la Nouvelle année, manifestement, il va falloir attendre encore un peu pour en voir les effets...
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Toutes ces questions sans réponses pèsent lourd sur notre mental, et nous n´avons même plus les répétitions comme remède miracle pour remonter le moral. Nous avons travaillé intensément l´année dernière, il y avait le vernissage des Carret à Bratislava, comme point de mire, une sortie dans la capitale était une motivation de premier plan pour tout le monde et il fallait se préparer comme il se doit à cet événement majeur de la saison. Donc nos maigres réserves financières sont passées dans ce projet, de plus le sponsoring du voyage en bus est tombé à l´eau, nous avons couvert ce déplacement par nos propres fonds, et nous nous retrouvons en ce début d´année sans couverture financière aucune, sans un sou. Nous avons dû emprunter pour payer le loyer et les quelques répétitions en début d´année, mais ensuite, il ne nous restait qu´à marquer une grosse pause, en attendant les jours meilleurs. En attendant le versement de la subvention du CCFD encore promise cette année.
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Les retrouvailles avec le groupe après les Fêtes étaient chaleureuses et enthousiastes. Tout le monde a mis le paquet, l´investissement et la dynamique étaient au maximum. Après, ne restaient que les coups de fil et les messages sur le Messenger, quand est-ce qu´il y aura la prochaine répétition ? A chaque fois je répondais que dans quelques jours, la semaine prochaine, patience, on va reprendre bientôt. Tout le mois de février s´est écoulé ainsi, en attendant la reprise qui était sans cesse reportée au lendemain…
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Mais Roman ne se laisse pas abattre, il cherche intensément sur le net, et il trouve une annonce proposant deux armoires gratuitement, il suffit de venir les chercher. Roman n´a pas de crédit pour appeler lui-même, alors c´est moi qui contacte la dame qui a mise l´annonce. Hélas, trop tard, les armoires ont déjà été retenues pour quelqu´un qui s´est manifesté plus tôt. Pas de chance. La situation est désespérée. Mais, revirement de situation ! Dans l´après-midi la dame aux armoires rappelle, les gens qui devaient venir se sont désistés, alors si ça nous intéresse toujours, on peut venir. Roman n´a même pas de quoi venir en train ou en bus, alors je le prends en revenant de Kežmarok et on va voir sur place, la question est si les armoires vont entrer dans ma voiture. Bien sûr que non. On rentre tant bien que mal juste un meuble, j´ai peur de casser les vitres, et on rentre, démoralisés, à Lomnica. Pour ramener le reste des meubles il faudrait louer une voiture avec remorque, et ça coute cher. On a pas les sous pour. Tant pis, il n´y a rien à faire. On décharge le meuble dans la colonie, c´est le gros bazar, tous les mômes accourent, c´est quand la répétition, un sacré cirque ! On pourrait trouver une voiture pour demain à midi, mais ce sera trop tard, les dames du Service vont passer le matin. Je téléphone aux donateurs des meubles pour leur dire que nous ne pourrons pas revenir ce soir. Je rentre chez moi, mais en garant ma voiture, je reçois un coup de fil de Roman, il vient de trouver une voiture, on peut venir chercher les armoires. A condition de trouver des sous pour payer la course. Nos derniers deniers y passent, mais allons-y. Je rappelle la dame, et c´est reparti. Il fait déjà nuit, ça fait trois heures qu´on s´affaire la sorte. Cette fois-ci tout est chargé, la petite camionnette est bien remplie, deux armoires, plein de planches en contreplaqué qui serviront comme bois de chauffage, et même trois paires de ski dont les propriétaires voulaient se débarrasser. Heureusement que Roman a ramené avec lui quatre gars, car il y avait de quoi faire pour charger tout ça. Le temps qu´ils montent le tout de la cave à la camionnette, je discute un peu avec le chauffeur. C´est un gars du bidonville, avec sa camionnette il fait des courses pour toute la colonie et gagne sa vie comme ça. Il habite dans le bidonville, mais pas dans une cabane, il fait partie de quelques privilégiés qui ont des grosses maisons, certaines de luxe, avec l´eau et les toilettes, à l´entrée de l´osada. Il est le père d´un jeune qui a perdu son épouse l´année dernière. C´était une belle femme, la plus riche de toute la colonie, mère de quatre enfants. Elle s´est pendue. C´était un gros choc pour toute l´osada. A midi elle a fait encore des crêpes pour ses petits, et elle est monté au premier étage et a mis fin à ses jours. Je lui demande comment va son fils, comment il se débrouille maintenant. Il me répond tout de go qu´il va bien, il en a trouvé une autre…


Le matin, comme promis, le Service social est repassé. Cette fois-ci les dames n´avaient rien à redire, tout était ok. Pas aux normes, on ne peut pas demander l´impossible, mais ce n´était plus une cabane pour chiens comme hier, mais un petit taudis presque coquet, comme il y en a tout plein dans toute la colonie. Donc les enfants restent chez leurs parents, Roman doit leur assumer une scolarité sans faille, et Véronika, sa campagne doit éviter les salles de jeux et les accès de colères dévastatrices qui s´en suivent. Petite cerise sur le gâteau, la veille un aumônier, une ancienne connaissance, a apporté à Roman une télé plasma presque neuve… Tout va bien. Du moins irait bien si ce n´était pas un remake, une reprise d´une pièce qui s´est déjà déroulée de nombreuses fois, avec toujours les mêmes acteurs, le même scénario, et jusque-là, par miracle, le même happy end miraculeux. Pourvu que ça dure…


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Oui, l´avenir est plutôt flou, c´est le moins que l´on puisse dire. On s´accroche à ce qu´il y a de concret en ce qui concerne le proche avenir. En premier lieu nous attendons à la mi-mars une visite de l´ambassadeur de France, Mr. Nicolas Suran. Ce projet pendait dans l´air depuis presque un an déjà, lors de notre dernière rencontre au vernissage des Carrets à Bratislava en novembre nous en avons de nouveau parlé ensemble, et voilà que la chose est conclue, nous attendons son Excellence le 16 mars prochain. Et ensuite, à la fin mars nous devons nous produire en petite formation lors d´en événement à Liptovský Mikuláš. Deux actions qu´il nous faut préparer, donc remettre en marche les répétitions, a fond, le temps passe vite, il n´y a pas une minute à perdre, mais comment faire sans un sou… ?!