Roman (et Veronika)

 

Roman est l'aîné de sept frères et sœurs. Le père ne s´est jamais occupé d'eux, le tout reposait sur leur mère, et aussi en grande partie sur nous, puisque Roman a fait partie de la troupe dès ses 4 ans. Alors, naturellement nous avons assuré ses nombreuses visites chez le médecin, aux urgences, les fournitures scolaires, les vêtements, etc. Depuis tout petit, Roman a eu des prédispositions musicales hors norme. Au début, comme tout le monde, il chantait et dansait, mais peu à peu, à partir de ses 12 - 13 ans il s ́est affirmé comme musicien, jouant de tous les instruments que nous avions et il est devenu notre joueur de clavier, accompagnant les danses et les chants lors des répétitions et des spectacles. Il va de soi, que cette intense pratique journalière, sous une direction musicale très rigoureuse de ma part, lui ont constitué un bagage musical exceptionnel. Il joue très, très bien. Bien sûr, il essaie de tirer profit de son talent et de son savoir-faire. Hélas, souvent au détriment du groupe, ce qui ne serait pas si grave que ca, juste un petit problème moral de voir un gamin qui a grandi avec nous ne pas être solidaire avec les siens, mais ce problème devient grand lorsque Roman se tourne de nouveau vers nous lorsqu'il a besoin de l´aide, et ca arrive très souvent. Car cela s'apparenterait rapidement à du chantage de sa part, ce que l´on ne peut en aucun cas accepter.

Alors, on a appris à se passer de lui, j'assume la musique tout seul, mais vu sa situation, même si on n'a pas besoin de lui, on essaie de lui donner un coup de main de temps en temps, tout en sachant que sa situation est sans issue. Il a trois enfants, sa femme est immature, s´enfuit à la première occasion, le laissant seul avec les petits. Il ne cesse d'être chassé de sa famille et de la famille de ses beaux-parents, alors, ultime solution, il a réussi à acheter un préfabriqué d´occasion. Sans même nous demander de l'aider, il s´est débrouillé tout seul, et tout fier, il m'a appelé pour que je vienne admirer sa nouvelle maison. C ́est ce que j ́ai fait, et c'est là que j ́ai découvert ce nouveau quartier du bidonville, construit sur la décharge, avec tous nos gamins jouant en plein milieu des immondices, insouciants, riants à pleines dents et pleins poumons, et qui de plus est, parfaitement heureux et épanouis tout en sautillant entre ces déchets et défécations. Roman de même, plus que satisfait de son bungalow d´un autre âge, éventré, inapte à être habité même en été, alors qu´est-ce que ce sera en hiver?! Je suis resté cloué sur place, ne sachant comment réagir non seulement face à cette misère noire, mais aussi comment se positionner face à tout ce bonheur et cette joie de vivre, alors que ce que je voyais était un véritable Radeau de la Méduse, flottant sur un océan d ́excréments et ordures. Ils ont assez de problèmes comme ça, je ne vais pas leur gâcher la journée avec mes états d'âme… On a essayé de rafistoler la cabane, les Tsiganes sont experts en la matière. Mais il n´y a rien à faire, la baraque est éventrée, des rats gros comme des lapins de garenne viennent la nuit à l'attaque, il y a danger réel pour les enfants. Le Service social menace de placer les enfants à l'orphelinat. Helena dit que ce serait mieux pour les petits. Les orphelinats sont pleins d'enfants roms.

 

Extrait du journal de bord (tournée 2018)

Roman vient d´avoir 18 ans, mais la maman de sa fille n´en a que 15, et au niveau mental bien moins. C´est une gamine avec un visage de vielle femme, marquée par la vie, elle a du subir des choses atroces, cela se voit sur son expression, cela se ressent dans son comportement totalement imprévisible, avec des réactions d´un animal traqué, toujours prête à s´enfuir, peu importe où, ni quand, sans aucun souci des conséquences. Elle vire instantanément d´un état de soumission totale à des colères démentes, lorsqu´elle est capable de balancer son bébé par terre et s´enfuir dans n´importe quelle direction. Inutile de dire que cela occupe… A Roman, ça lui donne des sueures froides à la longueur de la journée, et moi, ca me fait une occupation à part entière, puisqu´en cas dur, Roman m´appelle à la rescousse. Et bien sûr, les cas durs, ce n´est pas ca qui manque. J´ai beau me défendre, résister, ne pas me laisser entraîner dans cette spirale sans issue, régulièrement je suis appelé à venir au secours d´une histoire insoluble. Mais puisque j´ai décidé d´amener Roman avec nous à la prochaine tournée, et j´en ai aussi besoin aux répétitions, je fonce, tête baissée en direction de tous les murs qui se présentent à moi. Tout cela se passe en plusieures étapes. La première, essentielle, est celle d´avant la prime à la naissance. Le gouvernement, généreux, se voulant social-démocrate de gauche, et voulant soutenir la démographie, offre une prime à la naissance du premier enfant. Une prime conséquente, de mille deux cent euros, si l´enfant arrive jusqu´à sa première année. Autant dire une manne inésperée dans ce milieu où un euro ou deux constituent déjà une obole consistante, permettant de manger ou non dans la journée à toute une famille. Et c´est là que les familles des jeunes entrent en jeu. Laquelle va toucher la prime? Eh bien celle, chez la quelle va se trouver la jeune maman avec son bébé au moment de l´arrivée du chèque. Donc un combat, constitué de conflits à répétition, commence entre les deux familles, et le bébé se repasse, tel un ballon de rugby entre les deux clans. C´est un cas de figure très courant, et Roman n´échappe pas à la régle. Bien entendu, nous, nous n´intervenons en aucune façon dans ces matchs, qui sont loin d´être sportifs, tous les coups sont permis, et on ne s´en prive pas.

Roman m´appelle en me demandant de l´amener à Spišský Štiavnik, dans le bidonville de Veronika, la maman de la petite Romanka, leur fille, pour récupérer la petite. Je refuse, je sais très bien que cela ne ménera à rien et je suis parfaitement conscient des risques que comporterait une telle expédition. Roman rapelle encore plusieurs fois, et lorsque sa mère et sa grande-mère prennent le combiné, je céde, et j´embarque tout ce petit monde, direction Spišský Štiavnik, qui se trouve à une trentaine de km de là. Je sais que la grande-mère serait capable d´y aller par ses propres moyens avec les transports en commun, et ce serait pire en terme de sécurité. C´est une brave femme, pas loin des 80 ans, elle soutient toute son innombrable progéniture avec sa maigre retraite et son branchement à l´électricité, qui, telle une toile d´araignée géante, procure de la lumière à toute la tribu. Arrivés sur place, je leur donne dix minutes, pas une de plus, pour récupérer le bébé, je n´ai pas envie de passer ma journée ici, s´ils ne sont pas là, je les laisse sur place. La colonie est installée à la sortie du village, juste en façe du cimetière. Il doit y avoir près de deux mille personnes à s´entasser dans ce bidonville que je ne connais pas bien, et qui n´est pas sympa du tout, il y a du vice qui traîne en l´air… La colonie est en pente, je me gare en bas, prêt à partir en vitesse en cas de besoin. Ce cas se présente très rapidement. Le commando de Roman ne traîne pas, et je les vois apparaître en haut de la pente, avec le bébé. Manifestement, cela ne fait pas l´unanimité dans la belle famille, car au moins deux cent personnes les suivent en courant, tels une nuée de sautrelles. Vu d´en bas, où je suis, c´est très impressionant, on dirait un tsunami qui s´abat sur moi. Je place ma voiture de façon à ce qu´elle ne soit pas perpendiculaire à la masse qui dévale sur moi, il est évident que s´ils voulaient renverser mon véhicule, ça serait fait en moins de deux. Tout ce troupeau accourt, Roman au devant, tant bien que mal, car il a une malformation à la hanche droite, et ne peut que sautiller tel un canard, Veronika tient la petite dans ses bras, la mère et la grande-mère au trot complètent le tableau. En d´autres circonstances cela évoquerait les films de Kusturitsa, avec son humour si particulier, mais en l´occurence rien ne porte à la rigolade, cela peut tourner au tragique à tout moment. Je me demande qu´est ce qui va bien se passer lorsque tout ce beau monde va atteindre ma voiture. Vont-ils la renverser, avec moi dedans, ou laisseront-ils me sortir? Je n´ai pas du tout envie de jouer aux héros, le rapport des forces ne laisse aucune chance au dialogue, il faut déguerpir au plus vite. J´allume le moteur, Roman arrive en premier, Veronika se fait arracher le bébé, Roman la répudie sur le champ, il ne veut plus d´elle, elle n´a qu´à rester ici avec ces sauvages. Veronika refuse de rester, elle s´accroche à Roman avec une force inouïe, l´empêche de monter dans la voiture, le bébé disparaît dans la foule, on fait vite monter tout le monde, la grande-mère s´engouffre à l´arrière et je démarre en trombe. Pour le bébé et la prime on verra plus tard, l´essentiel est qu´on est tous là, entiers. Silence, tous, nous sommes sous le coup des émotions que nous venons de vivre. Roman parle le premier. Les parents de Veronika n´étaient pas là, c´est la soeur de Veronika qui gardait le bébé et elle a refusée de le leur donner. Veronika a réussie à arracher sa fille à sa soeur, sa soeur lui dit alors que de toute manière ils vont la dénoncer au Service social et elle finira avec la petite à l´ophelinat… Ils s´enfuient avec le bébé, se font rattraper par la foule devant ma voiture, et on réussit à s´enfuire tous. Finalement, c´est assez simple comme histoire. Roman joue les durs, jure qu´il va appeler la police, qu´il va récupérer sa fille par la force. Mais ce n´est pas aussi simple qu´il croit. La maman ne l´a pas inscrit comme père, pour lui éviter la prison, puisqu´elle était encore sous le coup de la loi au moment des faits, le bébé est au nom de la mère de Véronika et de père inconnu, pour la même raison, Veronika n´est pas encore majeure. Donc aucune chance de récupérer la petite Romanka. Je les dépose chez eux, dans leur bidonville et je rentre. Il fait nuit, ma journée a été bien remplie, de toute façon il n´y a rien à faire en l´état actuel des choses. J´apprends le lendemain que les beaux-parents de Roman sont venus deux heures plus tard, et que tout va bien, ils ont rapporté la petite, comme si rien n´était. Toutes ces émotions pour rien, et cela aurait pu virer au drame...

 

Extrait du journal de bord (tournée 2018)

...on peut enfin souffler un peu en profitant d´une soirée de dimanche au calme au château. Mais ce serait sans compter les petits divertissements dont Roman et Véronika ont le secret. Alors que nous en sommes tous au mieux de la farniente, à prendre des douches, jouer au baby foot, quelques uns dansent et chantent encore, mais sans excès, d´autres se ravitaillent pour ne pas dire qu´ils se goinfrent, dans l´ensemble nous prenons tous doucement et surement la direction des lits et des matelas, qu´une banale dispute éclate, les petits font comme les grands, à savoir se distribuent des baignes à grands renforts de cris stridents et yeux en larmes. Qui c´est? Mais bien sûr, nos chers et inépuisables Roman et Veronika. Ca se passe à l´étage, dans la salle de bains des filles, je dévale les escaliers comme un jeune homme, sépare les deux tourteraux, je pique une bonne crise, il n´est pas question de sévices corporels chez nous, dussent-ils être commis même entre époux consentants. Bref, je dis mes quatre vérités à Roman, Helena prend en charge Veronika, qui fidèle à ses convictions veut s´enfuir tout de suite dans la nuit de la campagne profonde et non éclairée entourant le château. Ce n´est rien d´extraordianaire, nous avons eu droit à la même scène une semaine avant de partir en tournée, c´était pendant une répétition à la quelle sont venus assister des gamins de l´orphelinat voisin, accompagnés de leur psychologue, ce qui tombait bien, car elle a pu prendre tout de suite en charge Véronika, là c´est Helena qui fait la psy. Il ne faudrait pas que la gamine parte dans la nature, on aurait du mal à la retrouver, déjà que nous, on est complètement paumés ici, alors Véronika… on pourrait très bien ne plus jamais la revoir. Je suis quand-même en pétard, j´imaginais autrement ma petite soirée tranquille de dimanche à la campagne. Là, il est minuit passé, et décidément, on est pas couchés… Finalement avec Palo, on était à côté du rythme, mais à part ca, on était tranquilles, là, avec Roman et Véronika, c´est clair que c´est intenable et il n´y a aucune perspective que cela s´arrange à l´avenir, ca ne fera qu´empirer. Que faire? On met Veronika sous surveillance rapprochée. Elle ne doit pas rester une seule seconde toute seule, même pas aux toilettes, un coup de cisailles dans les veines c´est vite fait. Et Roman, lui, je le prends comme lorsque je sors avec Laky, mon toutou, on part faire un gros tour dehors, il n´y a rien de mieux que l´air frais pour calmer les têtes chaudes. On sort de l´enceinte du château, on se balade dans ce bled qui est déjà archi paumé dans la journée, alors à une heure du matin, c´est le Sahara et l´Antarctique réunis au niveau de la densité de la population dans les rues. Déjà moi, je me calme, ce qui n´est pas plus mal. Roman est dans une mauvaise passe et il n´est pas près d´en sortir, c´est pas la peine de lui gueuler dessus, cela ne changera rien. De toute manière il ne fait aucune opposition, il reconnaît qu´il ne faut pas se comporter de la sorte et promet de ne pas recommencer. Du moins en tournée… Il se met à vider son sac. Me dit des choses que la plupart je savais déjà. Au bidonville de Véronika, c´est un espèce de curé qui l´a amené là bas. Un gars pas bien, il s´est fait condamner pour des attouchements sur mineurs peu de temps après… Mais les choses étaient engrangées. Roman s´est retrouvé dans une famille encore plus pauvre que la sienne. Mais surtout, plus perverse. Ils croyaient qu´il était riche, puisqu´il venait avec le curé qui avait de l´argent. Ils l´ont fait boire. Le lendemain, au réveil, il s´est retrouvé couché à côté de Véronika. Pas dans son lit, car il n´y a pas de lit chez eux, tout le monde dort par terre, à dix – douze à même le sol, dans une cabane branlebalante. Et ses futurs beaux-parents lui ont dit, soit tu la prends comme femme, soit tu vas en prison, car on ira te dénoncer à la police, elle n´a pas encore quinze ans, tu iras au trou pour trois ou quatre ans. Roman a eu peur, et le reste s´en est suivi. C´est un cas tout ce qu´il y a de banal. Nous avons eu quelque chose de similaire il y a une dizaine d´années, Maroš, notre guitariste de l´époque, a failli y passer aussi. Mais Helena a embarqué sur le champ la fille et sa mère chez le gynéco, qui a dit qu´il ne s´est rien passé entre les jeunes, et la fille a dû bien reconnaitre qu´elle a menti dans le but d´avoir Maroš ou de l´envoyer en prison. Avec Roman, ce n´est que plus tard que nous apprenons tout ca, et il n´y a plus rien à faire. Mais aussi, pas grand chose à espérer quand à l´avenir. A côté de ces problèmes fondamentaux, que Roman n´a d´autre choix que de subir, nos problèmes de manque de musiciens sont bien futiles, mais nous ne pouvons pas grand chose pour Roman, à part de le calmer ce soir et surveiller Véronika pour qu´elle ne fasse pas de bêtises… Bon, il est pas loin de 4 heures du matin, il serait temps de se coucher.

 

 

Extrait du journal de bord (tournée 2019, Festival de Gannat)

J'aurais oublié Veronika, la compagne de Roman. Ils forment le parfait couple infernal, mais par rapport aux débuts de leur relation il y a quand-même beaucoup de progrès. Veronika n'a pas encore tentée de s'enfuir en plein milieu de la nuit dans n'importe quelle direction, elle n'a pas balancée de couteau sur Roman, n'a pas tenté de lui arracher les yeux, bref, la parfaite lune de miel… Mais rien ne dure éternellement. On me réveille vers les deux heures du matin, Veronika est mal. L'avant-veille c'était Jakub, la veille Diana prenait la relève, maintenant c'est au tour de Veronika. Je cours vers elle, elle est allongée par terre, en plein milieu de la partie filles du gymnase, recroquevillée sur elle-même, se plaint des maux du ventre. Roman est planté devant elle, hagard, je l'envoie à l'écart, visiblement, sa place n'est pas ici. Les pompiers arrivent, ils sont de service permanent auprès du gymnase qui nous sert du dortoir, alors ils sont là illico. C'est des jeunes gars, secouristes, qui ne semblent pas trop savoir que faire. J'ai à peine le temps de m'occuper de Veronika, qu'on m'appelle dehors, cette fois-ci c'est Viktoria qui vient de s'écrouler devant la porte, évanouie. J'étais infirmier lors de mon service militaire, chez nous ça a duré deux ans, alors j'ai de la pratique, je trie les blessés par degré de gravité comme en temps de guerre, sous les regards médusés des jeunes pompiers je laisse Veronika dans une position stabilisée et je viens calmement vers Viktoria, qui s'est juste un peu éraflé le front en tombant, on lui passe de l'eau froide sur les tempes, ça va, ce n'est qu'un effet de mimétisme, voyant Veronika s'évanouir, elle a fait automatiquement la même chose. Il faut faire attention à Diana, pour qu'elle ne fasse pas pareil. Cela en ferait trois, les pompiers seraient dépassés. Je reviens vite vers Veronika, entre temps est arrivé le Premier Secours, il y a une femme médecin, Veronika se plaint des maux au bas ventre, elle est enceinte, il n'y a pas à hésiter, il faut l'amener à l'hôpital. Le plus proche est à 50 km, à Vichy. Nous voilà partis, pas pour une cure thermale. Sur place, auscultation, radio, etc, nous en avons jusqu' à 7 heures du matin. Entre temps Veronika a repris ses esprits, tout va bien, si je n'étais pas là, elle serait repartie en pantoufles et peignoir, telle quelle. Mais je suis là et je veille au grain. Vers 8 heures Camille, notre accompagnatrice, vient nous chercher en voiture, et à 9 heures nous sommes de retour au gymnase, prêts à affronter une nouvelle journée après une nuit qui était tout sauf de repos. Veronika est en pleine forme, moi un peu moins, mais ce n'est pas grave… Plus tard j'apprends les dessous de l'affaire. C'est simple et pas compliqué. Vers les deux heures du matin Veronika a demandé à Roman d'aller demander une cigarette à Helena. Roman, pas fou, sait ce qu'il risquerait s'il réveillait Helena à 2 heures du matin, alors il n'hésite pas et allonge illico une gifle à Veronika pour lui faire passer ses envies de nicotine. Ça ne marche pas, Veronika n'hésite pas non plus, elle se met à faire tout ce cirque pour montrer à Roman comment qu'elle l'aime, et on fini aux urgences à 6 heures du matin… Si j'avais su tout ça plus tôt, je n'aurais bougé d'un pouce, mais on ne peut pas tout savoir… si on veut dormir au moins un peu. Pour cette nuit, c'est râpé.

 

 

 

Úprava interiéru unimobunky (november 2021)

Odvoz na pohotovosť (november 2021)