Colette Lepage

Lorsque j´avais besoin de parler, de me confier, de confesser mes péchés et excés humanitaires, il n´y avait pas de meilleures oreilles que celles de Colette. Car quoi que je fasse au fin fond de mes Carpathes slovaques, ce n'était rien à côté de ce que, elle, elle faisait à Montreuil. Sans arrêt, du non-stop, nuit et jour. Les papiers, les mairies, les municipalités, les avocats, en passant par les écoles, les crèches, les OQTF, les coupures du gaz, de l'électricité... et j'en passe. Toujours à aider quelqu'un à résoudre des situations impossibles, à émerger du trou abyssal du désespoir. Avec un sourire comme celui du soleil du printemps, elle y arrivait en toute simplicité... jusqu'à ce qu'un jour ce soleil s'éteigne brusquement. On n'arrive toujours pas à s'y faire...
Colette nous a ouvert les portes du camps des caravanes de Montreuil, de l´Ecodrom, du squat de la Place de la Fraternité... Et son coeur, grand ouvert au monde entier. 
 
Extrait du Catalogue d´Emmanuel Guibert pour le Festival de la BD d´Angouleme