CCFD

 
                                                        
 
Le Ccfd nous accompagne sur les terrains, les campements.
 
Il nous permet de prendre les enfants en résidences, en tournées, en spectacles.
 
Il fait partager notre espoir
 
 

                                                                   
 
Le partenariat avec le Ccfd démultiplie nos actions, 
au lieu de prendre une dizaine de gamins avec nous, 
nous pouvons en prendre une trentaine... 
 
 
Le partenariat s´inscrit dans une logique d´échange et d´équité, 
nous essayons de trouver ensemble le chemin optimal pour aller vers l´autre, 
pour aider à construire sans détruire...
 
 
                                                             
 
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Camp rom de Bondoufle, juillet 2017

Nos interventions sur les terrains sont très intenses, jamais les mêmes, pourtant toujours avec les mêmes ingrédients, immuables au fil des années. Nous avons beau avoir l´habitude, avoir à notre palmarès un nombre considérable de ces actions, il y a toujours quelque chose pour nous surprendre, quelque chose d´inattendu, que nous n´n’avons encore jamais expérimenté auparavant. Après la fin de notre spectacle, les moniteurs et les stagiaires des Intermèdes rangent les affaires, nos garçons ramassent les instruments de musique et les costumes, je bavarde avec les gens sur place. Juste à la sortie du hangar qui sert d´abri à tout le camp, il y a un cabanon, avec une dame âgée assise devant, les larmes aux yeux, en me voyant passer, elle me prend par le bras, me dit en roumain tous ses remerciements, et me demande d´attendre un instant, le temps qu´elle revienne de son cabanon avec une bible à la main. Elle me l´offre avec des bénédictions pour toute ma famille, pour toute la troupe... Je vais vite à la voiture, pour lui ramener au moins une belle photo du groupe en souvenir et nous repartons comme nous sommes venus. Le lendemain, lorsque Nicolae, l´éducateur rom roumain des Intermèdes, nous accompagne à la gare, il nous explique que cette dame, qui est sa voisine, puisqu´ils habitent le même bidonville, il la connait bien. Elle, et son mari, roumain, pas tsigane, sont une bonne famille, tous leurs enfants ont fait des études, certains à l´université. Mais ils ne vivent pas avec leurs parents, ni près d´eux, ils sont au loin, à Bucarest. Les enfants, adultes, viennent qu’une, deux fois par an, pour les grandes fêtes. La famille n´est unie qu´en apparence. Lorsque leur mère est tombée gravement malade d´un cancer, il n’y avait personne pour prendre soin d’elle. L´accès aux soins adéquats en Roumanie était impossible pour elle. Alors elle a fait le choix de venir en France, de passer par la vie des bidonvilles, avec l´espoir d´accéder aux soins médicaux et pouvoir subir l´opération qui était indispensable. Cela relève du miracle, et pourtant elle a réussi. Elle a été opérée deux fois, pour l´instant son état est stable, il y a espoir que cela évolue dans le bon sens. La bible que cette femme m´a donnée est toute remplie d´annotations à la main, faites par la vielle dame. A chaque page, à chaque strophe, des fois à chaque ligne, il y a un commentaire, écrit de main tremblante, toute la bible est bleue de ces lignes minuscules écrites au stylo bille ou au crayon. Quel cadeau ! Et quelle histoire ! Combien de courage, d´abnégation, de foi il a fallu pour tenir jusqu´au bout. Je ne connais même pas le nom de cette dame. Mais je me souviens très bien de son visage et de ses yeux vifs, on dirait une enseignante à la retraite, remplis d´une immense tristesse, pleins de gratitude, me remerciant de faire ce qu´on fait et me donnant sa bénédiction. Je me suis rendu compte, que je n´aurais pas été capable de vivre une seule journée de ces hommes et femmes, qui affrontent le destin tel qu´il vient, et font avec. Avec un projet de vie très concret, clair et net - assumer matériellement leur famille, construire une maison en Roumanie, une belle maison, toute pimpante, kitch, avec des tourelles et des balcons, dans laquelle ils vont habiter juste dans une pièce au rez-de-chaussée, le reste sera juste pour la façade, immaculé, au spectacle des voisins et de la famille. Peu importe, si cela nous semble superficiel, si nous ne comprenons pas. Ce superficiel à nos yeux, c´est toute leur vie, leur vie de misère des bidonvilles, de la manche et de la ferraille, au service de ce « rêve occidental », que nous leurs donnons en pâture avec nos vies, nos pubs, nos réussites parvenues, ce rêve, ce mirage, ils le réalisent au prix de renoncements infinis, de persévérance, de ténacité à tout épreuve. Aucun bulldozer n´arrivera jamais à raser leur détermination, leur foi inébranlable en une vie meilleure, toute pleine de cette consommation à laquelle nous ne croyons plus. Et ils ne vivent pas tous des combines, du vol ou du trafic. Ils font ce qu´ils peuvent, et je dois bien admettre que je n´en serais pas capable, loin de là... Je dois avouer, que ce jour-là, j´avais en moi pour ce camp une admiration que je n’avais encore jamais ressentie jusqu´à cet instant. D´habitude, avec mon épouse, nous sommes critiques, très critiques... Mais là, peut-être est-ce la bible criblée de petits mots, ces mots de remerciements en roumain pour ce qu´on fait pour ces gosses... m´ont fait voir les choses d´une autre manière. 

 

Messe a Amélie

Messe a Lomnica

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