Andrea Zanconato

 
 

Andrea était un de nos meilleurs clients au Douchka, dans les années 90. Non seulement il était généreux avec les musiciens, ce qu´appréciaient surtout mes collègues, mais il savait parfaitement bien faire la fête, prendre du plaisir a la vie, et lorsqu´il venait dans notre petit restaurant – cabaret, toujours entouré de femmes magnifiques, c´était une vraie fête pour tout l´établissement.

Et puis, le restaurant a fermé, un chapitre s´est clos, et naturellement, nous nous sommes perdus de vue. Jusqu´a ce qu´un jour, déjà rentré en Slovaquie, je reçois un coup de fil, et, c´est Andrea ! Nous avons repris contact, je lui ai raconté ce que je faisais maintenant, le groupe, et nous avons convenu de nous retrouver dès que ce serait possible.

Ce moment est arrivé lorsque nous étions en tournée à Valenitgney. Andréa qui travaillait en ce temps-là à une centaine de km de là, nous a rejoint, dans une superbe Jaguar sport, a assisté à notre spectacle, et généreux, comme à son habitude, a décidé d´inviter toute notre troupe au restaurant, vu que nous avions un petit creux après le spectacle. Le petit bled ne nous donne pas beaucoup de choix, juste une pizzéria s´offre à nous. Que cela ne tienne, nous allons voir le patron, Andréa lui explique en italien de qui il est question, et on va s´installer. Et c´est là que ça se gâte. Le patron, en voyant les jeunes, n´hésite pas une seconde, il nous dit de sortir. Pas de tsiganes ici ! On tombe des nues. Andréa interpelle son compatriote, lui parle dans sa langue maternelle, mais il n´y rien à faire. Dehors, et basta ! Nous, on a l´habitude, on sort, comme on est entré, calmes, tranquillement nous remontons les escaliers, comme si rien n´était. C´est Andréa qui a du mal à accuser le coup. Visiblement, il n´a pas l´habitude de ce genre de comportement. Mais, très digne, sans faire d´histoires, il sort avec nous, et nous nous rabattons sur un bar Tabac, qui nous propose des assiettes de charcuteries, du coca et une bouteille de vin.

Pour nous, l´affaire s´arrête là, mais, plus tard, au cours de conversations diverses, Andrea a plus d´une fois évoqué cette histoire… En tout cas, depuis, il a eu plus d´une fois l´occasion de rattraper la goujaterie de ce malheureux imbécile de Valentigney. Andréa nous a reçu dans son petit château à Vicenza, nous a fait découvrir Venise, Don Carlos, il suit nos périples, que ce soit à l´Olympia, ou à Montreuil dés qu´il le peut, il est là.