Tchiriklif

 

« Tchiriclif » premier centre artistique tsigane en France accueille les « Kesaj Tchave » en mars à Paris

12 mars 2013 By la rédaction

Culture. La tournée du groupe musical slovaque Kesaj Tchavé passera par Paris, lors de l’inauguration de Tchiriclif, le centre artistique tzigane créé par Délia et Alexandre Romanès. Découvrez ces deux événements, dans la capitale, du 23 au 25 mars prochain, et dans différentes villes pour la tournée des Kesaj Tchavé.

                            

 Kesaj Tchavé, de la rue à la scène, de la scène à l’école

Après de plus de dix ans de pratiques artistiques avec des gosses de la rue, ayant réussi le grand écart entre les bidonvilles et le Zénith (de Paris…), les Kesaj Tchavé ajoutent un cartable à l´étui de leur guitare. Helena et Ivan Akimov, fondateurs et animateurs du groupe, ont ouvert un collège rom à Kežmarok, destiné à la population des « colonies » tsiganes des environs.

Le collège offre la possibilité à ses élèves de poursuivre leurs études jusqu´au baccalauréat, avec le romani comme langue étrangère. « Nous espérons faire passer le romani du statut de langue étrangère à celui de langue d´enseignement », déclare Ivan Akimov. « Pour que les enfants Roms ne soient plus étrangers dans leur propre pays, pour qu’ils apprennent et maîtrisent notre monde avec leurs mots, afin que ce monde devienne aussi le leur. Dans ce combat singulier qui est celui de l´éducation, dont tout le monde se réclame mais auquel bien peu de “décideurs” participent, l´objectif premier de la tournée est d’abord de pallier les carences alimentaires des enfants. Ensuite, il s’agit de réunir des fonds nécessaires pour payer le loyer de l´école. En jouant et en dansant. Eh oui, à la tsigane… faute de mieux ! »

Voir le programme de la tournée des Kesaj Tchavé https://kesaj.blogspot.fr

Tchiriclif, le meilleur de la culture tsigane, sous toutes ses facettes

Il était une fois un cirque improbable fait de bric et de broc, de musiciens Roms exilés, d’une terrible Délia et d’un Alexandre – nom de naissance Bouglione, devenu Romanès –, moitié poète moitié dresseur de chat… Il y a déjà plus de quinze ans que les spectacles du cirque Romanès ébouriffent et embrasent un public émerveillé et surpris qui ne comprend pas pourquoi. « C’est compliqué de faire simple », dixit Alexandre. Et puis, il y a la rencontre avec les Kesaj Tchavé, 35 mômes qui chantent et qui dansent, il faut les accueillir, les nourrir et ils enflamment le chapiteau…

Et pourquoi le cirque Romanès ne deviendrait-t-il pas le premier centre artistique tsigane de France, en accueillant des artistes du monde entier ? « Bon, une idée c’est bien, témoigne Elizabeth Croze, membre du collectif Tchiriclif, mais comme le verbe fait naître le concept, à force d’en parler, comme Délia est particulièrement déterminée même quand cela semble impossible… on se lance pour le meilleur et… pour le meilleur de la culture tsigane, sous toutes ses facettes. Et on se lance dans l’aventure, envers et pour tous, les 23, 24 et 25 mars 2013, à Paris, puis en septembre à Marseille, capitale européenne de la Culture. »

Présentation et programme Tchiriclif : https://www.tchiriclif-centreartistiquetzigane.com

 

 

Tchiriclif

 

Nous nous attardons pas trop, le temps presse, une sacrée journée nous attend. En effet, ce soir nous devons encore nous produire au Cirque Romanès, et  les 800 km de route que nous avons devant nous me donnent froid dans le dos… 

A vrai dire, nous nous serons bien passés de cette virée. Mais Délia et Alexandre avaient apparemment bien besoin de notre participation au lancement de leur Centre culturel itinérant  tsiganeTchiriclif, qu'ils ont programmé juste ce weekend. Tout cela s'est fait un peu à la dernière minute, nous avons déjà nos engagements à Sérent et à Rennes, donc il ne nous restait qu'à faire cet aller-retour Rennes Paris, pour satisfaire la demande des Romanès et honorer de notre présence le nouveau-né, Tchiriclif.

On peut dire que maintenant nous avons l'habitude du Romanès, on sait où on va, mais malgré cela Délia a réussi à me surprendre. En effet, la seule chose sur la quelle j'insistais, était la restauration. Vu notre programme ultra chargé, il était essentiel que la troupe puisse se ravitailler tout de suite en arrivant de Rennes, pour être rassasiés avant le spectacle. On en a parlé bien avant notre venue, en précisant les détails, pas de sarmelé ni salades, mais des grillades et des frites que tout le monde puisse manger à sa faim, et durant la journée, j'ai appelé plusieurs fois le Cirque pour mettre les choses bien au point. Bien sûr, il n'en a rien été. Lorsque nous arrivons, les grillades somnolaient encore tranquillement au fond des frigos, aucune frite en vue, et nous devions attaquer le spectacle dans une demi-heure. Les caméras des télés, sont comme d'habitude à pied d'oeuvre. Nous, pros, le sourire au lèvres, nous paradons devant les objectifs pour un scoop qui passera toute la journée en boucle le lendemain sur Bfm. Mais on aurait aimé béqueter un peu…

Et, miracle du Cirque, un bon coup d'essence sur les barbecue, en 15 minutes tout était ok, tout le monde a pu s'empiffrer des fameuses grillades de la mère Délia, coca et frites à volonté, et  on a pu rejoindre la piste le ventre bien rempli et affronter de nouveau les caméras avec un vrai sourire. Le chapiteau était lui aussi, bien rempli, ce qui était tout à fait honorable pour un lundi de début de semaine. Il y avait aussi pas mal de nos amis, certains venant de loin pour nous voir.  Duško et Joana sont réintégrés illico dans la troupe et tout repart comme en 14… Malgré la fatigue et le risque de défaillance dus à l'effet de la fatigue du troisième jour, c'est un spectacle bien dynamique et enlevé que nous envoyons, et satisfaits, nous retournons à Rennes, accompagnés de Meklesh et d'Issaï, pour lequel ce sera sa première tournée avec nous.

 

Issaï  était notre premier contact sur le terrain de Montreuil à nos débuts en 2008. Il n'avait que 10 ans à l'époque, et nous sommes heureux de le voir enfin, à 15 ans, rejoindre notre troupe en tournée. Sa mère a enfin confiance en nous, ou plutôt, ne peut plus s'opposer à la volonté de son gamin qui est maintenant chef de la tribu familiale. Il faut dire aussi que son père est en vadrouille, tout pasteur qu'il est, et ne s'occupe plus trop de ses marmots, préférent prêcher la bonne parole auprès d'autres,  mais ramasser les allocs auprès des siens… Pour ses 5 ou 6  filles, c'est différent, elles sont interdites de danse et de chant et doivent croupir au fond de leur caravane (cette facon de gérer l'espace familial à la taliban me révolte…), mais au moins le fiston peut prendre le large avec nous.

 

 

Il était convenu qu’après Genève nous monterons à Paris pour donner deux spectacles au Cirque Romanès, dans le cadre du « Tchiriklif », leur manifestation culturelle tsigane plus ou moins annuelle, à laquelle nous avons déjà pris part par le passé. C’est Délia qui nous a contactés, le Tchiriklif, c’est son affaire de cœur, manifestement elle y tient beaucoup, alors nous acceptons de faire ce détour considérable, qui prolongera notre tournée d’une semaine, mais nous en profiterons pour organiser aussi quelques ateliers avec les Intermèdes. Le tout était convenu assez longtemps à l’avance, les Romanès se sont engagés à participer à la couverture de nos frais de transport et Délia a mise en branle une bonne campagne de communication pour l’événement, comme elle en a le secret. Les choses se sont gâtées déjà, lorsque nous avons appris que le Château de Buno ne pouvait pas nous recevoir, un contre temps fâcheux avait fait qu’il y avait déjà un autre groupe de prévu dans ces dates. Les jeunes cadres du Nouveau Parti Anticapitaliste de Poutou ont réservé tout le château pour y bûcher sur les textes de Marx et Engels afin d’être prêts pour la lutte finale. Manifestement, un cadre idéal pour disserter sur la lutte des classes… Bien que d’obédience prolétaire, nous aurions du mal à faire bon ménage avec ces fins intellos de la révolution ouvrière, il n’était pas question de partager le même espace, la révolution tsigane ayant des particularités au niveau des décibels, que le bras armé de la révolution prolétaire aurait sans doute du mal à digérer. Bref, nous nous sommes mal organisés, et nous nous retrouvons dans une vraie galère pour trouver vite fait un hébergement de remplacement. Avec Laurent on essaie toutes les pistes possibles, partout c’est une question de sous, il faut payer, et en plus les endroits ne sont pas très alléchants. Après avoir fait le tour des associations humanitaires, c’est sur un Formule 1 que nous jetons notre dévolu, on en réserve un pas loin des Intermèdes, pour qu’on n’ait pas de longs trajets à faire pour aller aux ateliers. Le plus simple pour nous, aurait été d’annuler le passage à Paris, mais Délia a déjà fait toute la pub pour sa soirée et on ne voulait pas lui faire de sale coup en se désistant à la dernière minute. Il nous fallait encore trouver un complément de financement pour les frais de transport, l’apport des Romanès ne couvrait pas tout. Alors nous avons accepté la proposition de l’association la Voix des Rroms, qui organisait le même jour une manifestation de rue à Saint Denis, dans le cadre de la Commémoration de la Journée de l’Insurrection Gitane. Cela fait déjà plusieurs années qu’ils nous sollicitent pour, mais jamais nous n’étions disponibles, alors là c’était l’occasion parfaite d’y passer. Ils n’ont pas beaucoup de moyens, mais peuvent quand même dégager un petit cachet, juste ce qu’il faut pour nous permettre de rentrer dans nos frais et dans notre pays… Leur manifestation était prévue dans le courant de l’après-midi, de Sait Denis à la Porte Maillot, ce n’est qu’un saut, nous pourrons tranquillement rejoindre le chapiteau des Romanès pour le spectacle du soir, en s’arrêtant même au MacDo sur la route. Tout le monde mériterait bien cette récompense…

Je savais bien qu’un léger différend opposait Délia à Saïmir, le responsable de la Voix des Rroms, une association militante rrom du 93, qui nous invitait militer à Saint Denis. Elle voudrait juste l’assassiner, mais ce n’était pas méchant, d’autres bénéficient des mêmes preuves d’affection de sa part, et ne s’en portent pas plus mal. A l’origine de ce trop-plein de l’amour de son prochain, et rrom de surcroît, était soi-disant, un projet de Centre culturel tsigane, que Délia aurait enfanté par écrit, et que les vils Voix des Rroms lui auraient volé pour le proposer moyennant grosses finances au Conseil de l’Europe, qui n’a pas hésité une seconde, a ouvert larges les portes de ses coffres et a submergé Saïmir d’espèces trébuchantes… Bref, je passe les détails, une histoire qui ne tient pas debout, mais en l’occurrence a le mérite de nous construire le décor d’un véritable guet-apens dans lequel nous tombons les pieds joins, sans avoir rien demandé…

Alors que notre séjour genevois touchait à sa fin, je passais un petit coup de fil à Paris, pour se mettre d’accord sur les détails de notre passage au Cirque. Et, je découvre au bout du fil, une Délia furieuse, donc en excellente santé, m’enjoignant de supprimer immédiatement notre passage à Saint Denis. Alexandre n’est pas en reste, il veut que je lui passe le numéro de Saïmir, pour qu’il puisse lui tirer dessus avec son pistolet. Par téléphone. Je ne pensais pas que la situation se dégraderait de la sorte. Je les avais bien prévenus que nous passions aussi à Saint Denis, ce n’était qu’une participation à une manifestation de rue, qui ne pouvait en aucune manière mettre en péril, ni concurrencer la production qui était prévue au Cirque, ce n’était pas la peine de faire tout ce cirque pour cela. J’étais sûr que cela s’allait s’arranger, et, doux délire, que cela pourrait être même l’occasion d’enterrer la hache de guerre entre les deux chapelles de la tsiganitude et rromitudes réunies. Que neni. J’essaie de raisonner Délia, mais, après une semaine de tournée, sympathique mais physiquement quand même assez éprouvante pour moi, je suis complètement aphone, et je ne tiens pas le coup devant Délia qui faillit me faire exploser mon portable de sa voix suave de dompteuse de fauves sourds muets. Oui, je suis pratiquement muet, et je n’arrive qu’à extraire quelques soupirs du fond de mes bronches, qui n’ont aucun effet sur la tornade au bout du fil. Effet comique garanti. Moi, chuchotant, l’autre vociférant. Mais il n’y avait aucune caméra ni témoin pour filmer ces tendres échanges de bons procédés, il est dimanche matin, tout le monde dort, et lundi nous devons monter à Paris. Vers midi je découvre sur le facebook des Romanès que notre spectacle est annulé. Sans commentaire, ni préavis et encore moins de consultation d’aucune sorte. Impossible de joindre Délia, et Alexandre est aussi aux abonnés absents. J’annonce la saugrenue nouvelle à Saïmir, ça lui complique aussi la vie, lui aussi il a fait un peu de pub pour sa Commémoration de l’Insurrection gitane, alors je lui propose les Intermèdes avec Aven savore en remplacement, car je ne vois pas comment je pourrais aller me fourvoyer dans cette galère. Et surtout, avec 30 jeunes. Déjà qu’on n’avait pas où dormir, maintenant on n’a plus où jouer. Saïmir arrive à contacter les Romanès, mais ils ne veulent rien entendre, aucun compromis, aucun dialogue n’est envisageable. Ils sont victimes d’un complot planétaire, c’est une aubaine qu’ils ne peuvent pas laisser passer.  La Voix des Rroms a beau proposer de participer aux frais de notre séjour parisien, afin que les Romanès ne se sentent pas floués, il n’y a rien à faire. Arrive le lundi, on fait les adieux à nos amis genevois, et on prend la route. A la première bretelle de l’autoroute il faut bien finir par faire un choix. Soit aller au nord, sur Paris, ou prendre sur l’Est, direction Vienne et Bratislava. Avec Helena, nous opterions volontiers tout de suite pour la seconde option. Malgré tout le succès de ce séjour sans problèmes, nous sommes tous les deux complètement éreintés, épuisés. Helena sort d’un long congé maladie, normalement elle n’aurait même pas du partir, et moi, je ne valais guère mieux. Mais le reste des troupes était en parfaite santé, une ambiance de tonnerre, tout le monde s’accorde à dire que c’est la meilleure tournée de l’histoire des Kesaj… Alors on tente encore l’impossible. On se gare sur une aire d’autoroute, et on passe en revue tout ce qui nous passe par la tête. On appelle Isabella, notre ancienne danseuse de St Denis, qui est maintenant chez les Romanès, pour qu’elle passe le mobil à Délia. Elle refuse de le prendre. On joint Misa, juge de la Kriss, le tribunal tsigane, expert en ce genre plaisanteries à se taper la tête contre le mur. Il refuse d’y aller, Délia est impraticable d’après lui. Impossible de dompter une dresseuse de fauves. Il est trois heures de l’après-midi. Si on veut respecter les temps de conduite des chauffeurs, il ne faut plus traîner. Alors on part. Pour la Slovaquie.

Bien sûr, j’en ai lourd sur la patate, pour parler simple. Helena est furieuse. Normalement, on n’aurait même pas dû avoir de quoi rentrer, l’apport financier des spectacles au Cirque devait compléter le budget au transport. Et là, on nous laisse avec trente mômes, sur une aire d’autoroute, sans le moindre souci de comment que l’on va s’en sortir. Heureusement, nos amis suisses, sans être même au courant de tout ce cirque, nous ont donné une petite rallonge sur notre cachet. Ils avaient fait un peu de bénef, alors ils nous l’ont versé. Comme ça. Sans histoires. Sans que l’on n’ait rien à leur demander. Ça change et dénote par rapport à tout ce qui est en train de nous arriver. Et cela nous évite de faire du stop ou la manche pour rentrer… Mais, somme toute, il y a pire dans la vie… Ce genre de réactions à fleur de peau, complètement dingues, illogiques dans leur démesure, pouvant porter une atteinte grave aux gens proches, qui ne le méritent pas le moins du monde, est plutôt courant dans notre environnement, dans notre monde, entre deux mondes, entre la terre et le ciel, des fois si près de l’enfer.  Heureusement que la musique élève les esprits… Alors, yek, duj, trin, directement au ciel.

Je n’arrive même pas à être complètement furax contre les Romanès. On a vécu plein de trucs très sympas ensemble, la vie qu’ils mènent n’est pas de la tarte. Ils sont enfermés dans leur gypsy tour d’ivoire, et tout enfermement fait mal. Alors, bonne route aux roulotes qui font du surplace depuis belle lurette. J’envoie juste ce petit pamphlet à quelques copains qui sont au courant et qui ont compati. Et la vie continue…

Je reste sans Voix devant tout ce Cirque... Et je ne suis pas Rom, et encore moins Rrom.

Pour des causes indépendantes de notre volonté... est la formule consacrée. Elle n´est pas vraiment applicable dans ce cas, puisque c´est bien moi qui ai pris la décision de me produire chez les uns et chez les autres (en toute transparence). Je ne pensais pas provoquer un tel cataclysme. Je savais qu´un différend opposait nos partenaires, et j´osais espérer adoucir les angles, peut-être même trouver un terrain d´entente... Oui, je tiens du Don Quichotte. Bon, c´est raté, et c´est peu dire...

J´en suis désolé pour les Romanès, avec lesquels nous avons un passé commun fait d´amitié et de respect. Voir partir en fumée plusieurs mois de travail sur la programmation de notre ensemble est navrant.

J´en suis désolé pour notre public, qui, me semble-t-il, était au rdv, et tout présageait un chapiteau bien rempli pour les deux soirées programmées.

C´est vrai qu´on aurait aimé passer par Paris, voir la Tour, comme disent nos gamins... Ça sera pour une autre fois.

Pourtant, à mon sens, il n´y avait pas de contre-indication pour les deux événements. On aurait pu très bien participer à la Commémoration de l´Insurrection Gitane dans l´après-midi à Saint Denis et nous produire ensuite le soir au Cirque à la Porte Maillot, ce n´est pas si loin, en 3h on aurait pu faire le trajet, même avec des bouchons...

Contre mauvaise fortune, bon cœur.  Allez, ouste, au boulot, à l´école ! On rentre de notre tournée plus tôt, et ce contre-temps nous permet de moins grignoter sur le temps scolaire des mômes, donc bosser plus à l´école ! La Tour, on la verra une autre fois, et j´espère aussi, les uns et les autres, en de meilleurs dispositions et circonstances.

Puisque je vous le dis, Don Quichotte est mon cousin.

Ivan Akimov

Responsable du groupe Kesaj Tchave

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