Ternipen

 
Nous venons d´avoir un spectacle super! au dernier festival de Snina, Helena n´a pas pu venir à cause du film, donc j´ai pu embarquer plein de monde, on était une quarantaine et on a eu un succès "phénoménal", un de nos meilleurs spectacles. En plus il y avait le Théâtre Romathan, des Hongrois, des stars locales, etc., ils n´ont pas touchés une bille... c´est bien, parce que dans la salle il y avait aussi du "beau monde", notamment le secrétaire d´état à la minorité rom, difficile de ne pas remarquer notre passage...

La "théorie de la participation" des tous nouveaux a encore une fois fait ses preuves, il en faut absolument pour éviter la routine, pour donner du peps, et là ça a super bien marché... mais c´est vrai que pour Helena cela aurait été très stressant, j´ai même embarqué des mômes en haillons que j´ai vu traîner 5mn avant le spectacle dans la rue, les organisateurs les ont viré à 5 reprises de la salle, mais j´ai réussi à les faire monter sur la scène au final, et ça a valu le coup...
 
On ne va pas trop s´étendre sur les organisateurs... Renomés... Pas forcément dans le bon sens. Le montant des subventions qu´ils arrivent a se faire allouer est inversement proportionnel a la réalisation des objectifs pour les quels elles sont destinés... Il va sans dire que les participants ne touchent pas un radis... Mais bon, ainsi va la vie.
 
Snina est pour nous, hélas, aussi synonyme de violence... Il se trouve que, je ne ne sais plus par quel jeu du hasard et de drôles de circonstances non atténuantes, se trouvait a particper au festival de Snina aussi Miro avec sa troupe. Oui, Miro Gulyash, le génie de la couture, pardon, de la haute couture tsigane, et ce n´est pas de la dérision que je suis en train de faire en ce moment, est bien Miro était en ces temps lointains aussi un chef redoutable d´un ensemble tsigane qu´il a crée a Paris, les Terne Tchave, je crois, et il a réussi a se faire programmer a Snina, qui de ce fait obtenait une dimension internationalle avec des stars venus de Paris. Il y avait sa femme, Marcella, leurs enfants et parmi les danseuses francaises, aussi Joana. Joana voulait danser aussi avec nous, ce qui était tout a fait innoncent et bien fondé, puisqu´elle faisait partie de notre ensemble, mais ce eut été un crime de lése majesté par rapport aux Terne Tchave, ce que le directeur artistique farouche et téméraire, Mr. Miro, n´a pas manquée de faire remarquer a Johana, fortes paroles, et je crois, meme qques gestes déplacés a l´appui.. Le sang de Douchko, le servant chevalier de Joana en ces temps héroiques, n´a fait qu´un tour, et l´incident pas diplomatique pour le moins du monde se jouait dans les coulisses du festival international non loin de la frontiere ukrainienne, et qui présageait, helas, la sinistre tournure qu´allait prendre qques années plus tard notre voisin de l´Est. 
En meme temps que ce déroulait cet imbroglio artistique de la plus grande importance, a eu lieu dans le bus un autre incident, hélas tout aussi révélateur de lendemains tragiques que l´on ne pouvait pas soupconner a l´époque... Je ne sais plus quelle broutille a opposée Alex, notre fils qui nous accompagnait, au Gendarme, qui était la aussi, un peu par hasard, car il ne faisait pas vraiment partie du groupe. Je n´était pas la, mais parait il que cela aurait pu dégénerer grave, en tout cas, Helena est tout de suite intervenue, et a énérgiquement calmé le jeu. Depuis elle a vouée une animosité viscérale bien marqué envers le Gendarme, qu´elle ne voulait plus voir avec nous. Cette réaction me parraissait un peu exagérée, mais, hélas, les événements tragiques, dont le Gendarme était l´acteur quelques années plus tard, ont donné entierement raison a Helena...