Besancon

 
16.7.2019
 

Lorsqu´il s´avérait évident qu´il nous faudrait faire une halte sur le chemin de Gannat, le trajet étant trop long pour pour le faire d´un seul coup, j´ai envoyé un message à Rémy, s´il ne pouvait pas nous manigancer quelque chose à Besançon, qui se trouvait sur notre trajet. Rémy est un militant passionné de la cause tsigane. Il est animateur à la Radio Sud de Besançon, et s´occupe plus particulièrement des Gens de Voyage de la région. Nous nous connaissons par l´internet, nous nous sommes rencontrés que très brièvement à Cracovie lors de la Commémoration de l´Holocauste tsigane à Auschwits. Je l´appelle sans grand espoir, organiser un spectacle en une semaine relève de l´impossible, de la pure fantaisie pour dire les choses telles quelles. Mais c´était sans connaître Rémy. En moins de deux ce fut fait. La salle était réservée le jour même, la pub était partie le lendemain, et une semaine après, lorsque nous étions sur place, la salle était pleine à craquer. Incroyable, mais vrai. Et tout ca avec un accueil plus que sympa, Rémy était là, aux petits soins, veillant personnellement à ce que tout soit nickel. Et ce le fut… Le spectacle était chargé d´émotions, Rémy nous a même donné un grand drapeau rom, enfin nous en avons un. Nous avons réussi à faire une petite visite touristique de la ville et de l´église Sainte Madeleine. Elle était sur notre trajet, alors nous sommes entrés. Personne à l´intérieur, juste un homme assis au premier banc. Nous la visitons d´abord, tout doucement, pour marquer ensuite un temps d´arrêt pour se reccueillir. Les jeunes vont s´assoir à côté du seul visiteur autre que nous en ces lieux. Normalement, suivant les modes et coutumes de notre temps, on ne va pas vers un inconnu. On reste à l´écart. L´église est immense, ce n´est pas la place qui manque. Mais nos jeunes, spontanément sont allés vers le seul être humain qui se trouve là. Ils s´assoient à côté de lui, sans faire de bruit, ils prient. Ensemble. Ce sentiment vivant, réel, de communion, de l´appartenance à l´humain m´émeut. Les tsiganes, enfants de la nature et de la Vierge Marie… C´est alors que survient le gardien de musée, car il y a aussi un musée en cette église, ce que nous ignorions, bien sûr. En effet, l'église héberge un musée de trois salles, où sont exposés l´histoire du quartier Battant, de sa vie viticole, et de ses personnalités historiques, ainsi que la vie religieuse de la cité, avec une collection de paramentique catholique, objets de culte et documents... le musée est ouvert uniquement sur réservation pour les groupes et associations mais le gardien nous propose spontanément une visite et nous le suivons volontiers.