Gannat

 

Le Festival Folklorique International des Cultures du Monde de Gannat est pour nous un "bébé" du Ccfd. Oui, aussi curieux que cela puisse paraître, il en est ainsi, puisque c´est suite à une rencontre avec Anne Roziers que les premiers contacts ont été pris, et ceux-ci ont été ensuite concrétisés par la visite de Luc Roche, président du Festival, à Clermont-Ferrand, en 2018, lors de notre tournée Ccfd. C´est là qu´on a conclu pour notre participation au Festival en 2019. Il en été ainsi, et ça s´est très bien passé, avec en prime une canicule de tonnerre, agrémentée par de véritables tonnerres qui ont accompagnés les derniers jours avec des orages passagers. Donc un séjour sous le signe des changements climatiques, que nous avons affrontés sous le toit d´un gymnase qui nous servait de dortoir et qui participait encore à sa manière au sentiment de la fin du monde par le dérèglement climatique, l´appogée en étant dans la salle de douches, toute en carrelage, qui nous servait de chambre à coucher, à Helena et à moi. Un vrai sauna équatorial. Quand j´essayai de m´endormir, tard dans le nuit, sur mon lit de camp, j´avais l´impression d´être dans un de ces films d´aventures dont les héros sont dans l´enfer des tropiques et ne savent pas s´ils vont retrouver un jour les douceurs de la civilisation (Papillon, Le salaire de la peur, etc.). Mais bon, on a survécu, et même avec le sourire, et ce grâce avant tout à nos accompagnatrices dévouées, expérimentées et efficaces, Camille et Laurie, et aussi, grâce à un accueil sans faille à tous les niveaux et à toutes les étapes du Festival. 

 
 
 
 
 
Naša participácia na Festivale v Gannat bola možná len vďaka finančnej podpore Fondu na podporu kultúry národnostných menšín
 
 

Nous retournons à Gannat sous les tropiques, la météo excelle toujours dans le rouge, c´est la canicule dans toute sa splendeur. Jusqu´à 42°! Par contre je prends les choses en main au niveau des productions, pas question de danser sous le soleil, on recule l´heure des prestations, et bien sûr, il faut des boissons à volonté partout où nous passons. Nous avons avec nous Honzo, un ami tchèque de longue date qui est venu nous donner un coup de main, puisque nos partenaires de Yepce n´ont pas pu se libérer pour cette tournée. En effet, avec l´âge, nous constatons qu´un renfort extérieur est souhaitable, alors des copains nous accompagnent. Honzo est ingénieur architecte, il a un cabinet de projection, c´est une sommité mondiale, il n´arrête pas de donner des conférences à travers le monde, il a roulé sa bosse un peu partout, approche des soixante dix ans, mais tient très bien la route, et a un très bon contact avec les jeunes. Il peut nous seconder lors des déplacements, lors du couchage, il partage le dortoir de la salle de gym avec le groupe, et surtout, il a une vue philosophique sur le monde et sur les choses de la vie qu´il partage avec nous pour notre plus grand bien. Voilà ce qu´écrit Honzo vers la fin de la tournée :

le séjour avec les tsiganes touche à sa fin. cela aurait été une excellente école pour des managers. une approche totalement différente de la vie. le passé n´a aucun intêret, pas plus que l´avenir. tout simplement, le moment idéal pour vivre c´est le présent, mais certainement pas pour se surmener. tout projet d´avenir est utopique, et l´avenir commence à la minute qui suit. ce qui n´est pas sous clé, peut s´évaporer. cela veut pas dire que ce serait volé, ce n´est qu´emprunté et déposé à une autre place. moi, je suis considéré sur le coup comme le meilleur des papys du monde, et à l´instant suivant ils seraient capables de m´égorger, sans même savoir exactement pourquoi, ils menacent de ne plus m´adresser la parole jusqu´ à la fin de la tournée, et dans cinq minutes ils vont me demander de leur acheter des cheving gum ou de leur prêter mon portable. cela m´a pris un peu de temps pour comprendre qu´ici on ne donne pas d´explications, tu dis simplement non, et c´est réglé, et dans quelques heures ils vont te demander la même chose. et ainsi de suite. du moment qu´ils ne sont pas sous l´emprise de l´alcool, ce que nous réussissons à éviter jusqu´ à lors, ils sont gérables, etc… excellente expérience. je commence à les aimer…“

honzo

 


Veronika

 

J´aurais oublié Veronika, la compagne de Roman. Ils forment le parfait couple infernal, mais par rapport aux débuts de leur relation il y a quand-même beaucoup de progrès. Veronika n´a pas encore tentée de s´enfuir en plein milieu de la nuit dans n´importe quelle direction, elle n´a pas balancée de couteau sur Roman, n´a pas tenté de lui arracher les yeux, bref, la parfaite lune de miel… Mais rien ne dure étérnellement. On me réveille vers les deux heures du matin, Veronika est mal. L´avant-veille c´était Jakub, la veille Diana prenait la relève, maintenant c´est au tour de Veronika. Je cours vers elle, elle est allongée par terre, en plein milieu de la partie filles du gymnase, recroquevillée sur elle-même, se plaint des maux du ventre. Roman est planté devant elle, hagard, je l´envoie à l´écart, visiblement, sa place n´est pas ici. Les pompiers arrivent, ils sont de service permanent auprès du gymnase, alors ils sont là illico. C´est des jeunes gars, secouristes, qui ne semblent pas trop savoir que faire. J´ai à peine le temps de m´occuper de Veronika, qu´on m´appelle dehors, cette fois-ci c´est Viktoria qui vient de s´écrouler devant la porte, évanuie. J´étais infirmier lors de mon service militaire, chez nous ça a duré deux ans, alors j´ai de la pratique, je trie les blessés par degré de gravité comme en temps de guerre, sous les regards médusés des jeunes pompiers je laisse Veronika dans une position stabilisée et je viens calmement vers Viktoria, qui s´est juste un peu éraflé le front en tombant, on lui passe de l´eau froide sur les tempes, ça va, ce n´est qu´un effet de mimétisme, voyant Veronika s´évanouir, elle a fait automatiquement la même chose. Il faut faire attention à Diana, pour qu´elle ne fasse pas pareil. Cela en ferait trois, les pompiers seraient dépassés. Je reviens vite vers Veronika, entre temps est arrivé le Premier secours, il y a une femme médecin, Veronika se plaint des maux au bas ventre, elle est enceinte, il n´y a pas à hesiter, il faut l´amener à l´hôpital. Le plus proche est à 50 km, à Vichy. Nous voilà partis, pas pour une cure thermale. Sur place, auscultation, radio, etc, nous en avons jusqu´ à 7 heures du matin. Entre temps Veronika a repris ses esprits, tout va bien, si je n´étais pas là, elle serait partie en pantoufles et peignoir, telle quelle. Mais je suis là et je veille au grain. Vers 8 heures Camille, notre accompagnatrice vient nous chercher en voiture, et à 9 heures nous sommes de retour au gymnase, prêts à affronter une nouvelle journée après une nuit qui était tout sauf de repos. Veronika est en plein forme, moi un peu moins, mais ce n´est pas grave… Plus tard j´apprends les dessous de l´affaire. C´est simple et pas compliqué. Vers les deux heures du matin Veronika a demandé à Roman d´aller demander une cigarette à Helena. Roman, pas fou, sait ce qu´il risquerait s´il révéillait Helena à 2 heures du matin, alors il n´hésite pas et allonge illico une gifle à Veronika pour lui faire passer ses envies de nicotine. Ca ne marche pas, Veronika n´hésite pas non plus, elle se met à faire tout ce cirque pour montrer à Roman comment qu´elle l´aime, et on fini aux urgences à 6 heures du matinSi j´avait su tout ça plus tôt, je n´aurais bougé d´un pouce, mais on ne peut pas tout savoir… si on veut dormir au moins un peu. Pour cette nuit, c´est rapé.

Dans les histoires invraissemblables il y a encore celle de Honzo et du couteau volant. Nous sommes vers la fin de séjour, il doit être dans les 17 heures, ont attend pour aller diner, Honzo est tranquillement assis sur son lit, plongé dans ses pensées, et voilà qu´un couteau surgissant de nulle part vient lui érafler le front et s´échoue par terre, au pied du lit de Honzo. Je ne suis pas là, Honzo est tout seul avec le groupe. Il me dira plus tard qu´il compte doucement en silence jusqu´ à neuf pour ne pas exploser tout de suite et ne pas réagir d´une manière non appropriée. Heureusement, ca marche et il n´attrappe pas le couteau pour le planter dans celui qui l´a lancé. Le lanceur de couteau c´est Matej. Il ne l´a pas lancé sur Honzo, il visait Milan, mais il visait mal, et c´est Honzo qui s´est ramassé le projectile. Donc, il n´y a pas de mauvaise intention au départ envers Honzo, l´affaire est réglée avec un sparadrap et tout va bien. On ne saura jamais pourquoi Milan était visé, mais ce n´est pas grave, l´essentiel est que Honzo n´ai pas fini borgne son séjour avec nous et qu´il n´a pas crucifié Matej par la même occasion. Matej était le seul des gars qui s´est levé lorsqu´une dame agée est montée dans le tramway lorsque nous étions à Besançon, et l´a aidé à s´assoir. Alors un coup de couteau non intentionné… Heureusement, Honzo dispose d´une bonne dose de philosophie et de self-contrôle, et l´affaire ne tourne pas mal. Matej a droit à des explications adéquates dont Helena a le secret, et Honzo écrit son petit texte même après ce menu incident pitoresque passager…

A part ça et les fantaisies de Maria, tout va bien, il n´y a pas d´incident majeur à déplorer durant notre séjour à Gannat. Notre groupe, qui dénotte par rapport aux autres formations, apporte une saine joie de vivre au festival, de l´authenticité, de la simplicité mais aussi du professionalisme. Oui, autant cela peut parraître incongru, par rapport aux autres groupes nous excellons dans tout ce qui touche à la dispipline, à la ponctualité. Nous sommes toujours pile à l´heure convenue à tous les rdv, ce qui est appréciable surtout pour les spectacles et pour les heures de repas. Les autres ensembles sont loin d´être aussi consciencieux, et cela peut poser des problèmes lors d´organisations de manifestations de telle envergure que ce festival, avec des centaines de participants. Nous, toujours à l´heure, à la minute près.

Nous participons encore avec tous les groupes au grand défilé nocturne dans Gannat, l´orage qui pointe à l´horizon juste ce soir fini par se dissiper, encore une frayeur inutile pour moi, et nous approchons de la fin du festival, la clôture, les adieux et nous voilà dans le bus pour la route du retour.