Ballainvilliers

 
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Ballainvilliers – terrain sauvage, Akana me, assoc. Intermédes, 10.5.2015

Ballainvilliers – Akana me, 18.2.2016

Ballainvilliers – Akana me, 9.3.2016

Ballainvilliers – Intervention au camp, 24.6.2016

 

Ballainvilliers

L´intervention Akana me, notre Festival Interbidonvilles improvisé dans le camp rom de Ballainvilliers était une vraie apothéose de notre séjour, et matérialisait parfaitement les vertueux desseins proclamés par le Label Paris, mais que nous avons réalisés grâce aux „Intermèdes“ et „Lire, c´est partir“, dans de toutes autres circonstances. L´Europe des friches, des squats, bidonvilles et campements. Après un goûter improvisé dans les potagers des Intermèdes sur des friches des environs de Longjumeau, nous avons investi l´énorme hangar désafecté qui servait de squat aux 150 – 200 Roms qui y ont élu domicile depuis près d´un an. Nous étions attendus, certains nous ont déjà vu au camp de Champlan l´année dernière. Il faisait très chaud, la canicule d´été avait de l´avance sur le calendrier. Les activités d´un dimanche ordinaire occupaient la plupart des habitants, réunis autour d´énormes haldes de vêtements qu´ils triaient, apparemment pas gênés du tout par notre arrivée, laissant libre cours à de courtes altercations, pas plus méchantes que ça, entre deux tries. Nous nous sommes installés au fond du hangar, loin du soleil tapant, en aménageant un petit espace scénique improvisé en fonction de la longueur de la rallonge électrique que nous avons réussi à brancher sur un générateur diesel. Les enfants étaient instantanément sur place, et petit à petit les adultes aussi, rejoignaient leurs progéniture, curieux de voir ce qui allait se passer. Les décibels et l´énérgie que nous avons lancés dès le début de notre prestation ne laissaient aucune chance aux retardataires, en espace de quelques minutes tout le campement était là, à observer, médusé, le déferlement de danses et chants tsiganes, de culture tsigane, de la joie de vivre tsigane, de la rage de vivre tsigane, qui les mettait en valeur, les sublimait, eux, les Tsiganes! Rapidement, un des leurs, personnage haut en couleurs, n´a pas pu résister et s´est mis à danser avec nos filles, on en a fait le soliste de la troupe sur le champ, et le tour était joué, à la fin tout le monde dansait ensemble. En cours de spectacle il fallait gérer le malaise d´une de nos danseuses, Krisitina, le fond du hangar était tout, sauf frais. Heureusement nous étions accompagnés par des amis bénévoles, qui ont pu lui prodiguer les premiers secours sans que notre production en pâtisse.

La fin du spectacle, en apothéose, avec le chant „Nadara,“ un des évangéliques du moment – „N´ai pas peur“, que je reprends à ma facon avec mon speach de la fin : „N´ayons pas peur les uns des autres, comme nous n´avons pas eu peur aujourd´hui d´aller vers vous, et vous n´aviez pas peur de nous recevoir... Et surtout, n´ayez pas peur d´envoyer vos enfants à l´école!“ Bon, espérons que le message soit passé, en tout cas, sur le moment tous étaient d´accord et n´hésitaient pas à le manifester. Et à ceux, qui me demandaient si nous étions des évangéliste, je répondais avec un air entendu: „Dieu reconnaîtra les siens...“.

Un verre d´eau, une poignée de main, et nous repartons, après que tous nous aient assurés que jamais ils n´ont vu ça de leur vie, et qu´enfin, ils se sentent fiers d´ être roms.